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Vous êtes ici => Accueil > forum > Littérature > Le café littéraire > « One Piece et GTO », créé par Kventino

Le café littéraire - « One Piece et GTO » - lecture du sujet — L'Encrier

One Piece et GTO

Les mangas, c'est pas sérieux ... (il paraît)
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Kventino# Posté le 16/09/2009 à 16h34 - Citer
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messages : 1923

Je prends enfin le temps d'écrire un article qui me tenait à cœur sur les ressemblances qu'il y a entre One Piece et Great Teacher Onizuka - au-delà du fait que ce sont deux mangas bien entendu.
Je dois tout de suite préciser que j'interprète beaucoup, ce qui laisse donc une place au débat. Je me permets toutefois ces interprétations, et je me permets de considérer que c'est bien là que les mangakas voulaient en venir en raison du nombre élevé d'incohérences et d'irréalismes. En effet, quand il y a des incohérences dans une œuvre, soit cela veut dire que l'auteur est mauvais et qu'il ne l'a pas vu, soit c'est un signe qu'il y a matière à interprétation. Je pense que c'est cette deuxième possibilité qu'il faut retenir.
J'ai aussi insisté sur les similitudes entre les deux œuvres, quitte à légèrement gommer les différences.

Un héros impossible
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Il aurait dû mourir depuis longtemps
Ce qui saute aux yeux, quand on lit ces deux mangas, c'est le nombre de fois que l'on peut lire « C'est impossible », « Ce type n'est pas humain » à propos de Luffy ou Onizuka. Cela n'est pas encore d'une grande originalité, mais on a vraiment l'impression que les auteurs insistent sur ce point, surtout pour Onizuka, qui n'a pas de pouvoir particulier, du moins pas officiellement, et qui pourtant ressort toujours indemne ou presque de chutes d'immeubles, qui se fait traîner par une moto, qui obtient la note maximum à un examen fait avec plusieurs balles dans le corps, et qui surtout va sauver deux/trois personnes des flammes juste après avoir fait plusieurs ruptures d'anévrisme (liste non exhaustive). Toutefois, Luffy aussi survit ou se remet de situations qui semblaient désespérées, et ce malgré son pouvoir. À noter que dans One Piece, c'est aussi vrai de Zoro, qui mène un combat (enfin plusieurs) juste après avoir été transpercé par le meilleur épéiste du monde (là encore, ce n'est qu'un exemple).

C'est donc à chaque fois ce qu'il y a de plus irréaliste, et ce qui fait que les deux héros à part.

Un héros enfantin
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Mais « l'inhumanité » des héros vient aussi de leur comportement souvent enfantin (à la rigueur pré-adolescent pour Onizuka). Souvent, ils ne semblent pas se rendre compte du sérieux d'une situation, comme l'illustre le goût d'Onizuka pour les déguisements (au point de poursuivre en direct et en costume de Tyrannosaure une journaliste de télévision, mais il y a beaucoup d'autres exemples). Ce côté je-m'en-foutiste, qui peut passer pour de la témérité dans le cas de Luffy, énervent souvent leurs compagnons, qui essayent de calmer les impulsions des héros. Cet infantilisme se retrouve aussi dans l'innocence totale de Luffy (c'est d'ailleurs une grosse différence avec Onizuka, qui est plutôt un pré-ado obsédé). Pourtant, Luffy a 18 ans (le même âge que Sanji par exemple), et Eikichi en a 22.
Il faut noter enfin que ce côté enfantin disparaît régulièrement, ce qui est répercuté dans les deux cas par un changement de dessin, mais que ça n'a pas toujours lieu pour des raisons normales. Le « passage aux chose sérieuse » arrive rarement au moment où on l'attend, de même que les enfants se fâchent pour des riens (mais ne prennent pas au sérieux des situations sérieuses). Par exemple, Luffy sourit au moment où il va se prendre un boulet de canon, mais se fâche dès qu'on évoque son chapeau. Onizuka commence toujours par traiter un problème en dilettante, jusqu'à ce qu'une goutte d'eau fasse déborder le vase

... Et c'est pour ça qu'on l'aime
Pourtant, malgré ce côté presque attardé, chaque héros dispose d'un cercle d'amis à toute épreuve.

Changer les ennemis en amis
Pour arriver à leur but (en résumé, devenir les meilleurs dans leur catégories, rien que de très normal), les deux héros utilisent la même méthode : à partir d'une situation hostile, ils retournent la situation en transformant des ennemis en amis, à des niveaux différents. Ainsi, Onizuka a un premier cercle « d'amis », de fidèles plutôt, qui sont une partie de ses élèves. Le reste de sa classe est un deuxième cercle. Le troisième cercle est tout ceux du lycée, élèves ou administration, voire extérieurs, qui lui étaient au début hostiles et qui ont finalement changé d'avis. Luffy agit un peu pareil, sauf qu'il est plus impulsif dans le sens où il agit en fonction des rencontres. Son équipage, ses nakamas, constituent le premier cercle. À chaque fois, il a dû dans un premier neutraliser leur animosité et dans un deuxième temps les convaincre de rejoindre son équipage. Zoro était au départ un chasseur de pirates, Nami une voleuse de pirates (pirates qui représentaient pour elle la mort de sa mère), etc. Le deuxième cercle est constitué de presque toutes les autres rencontres qu'il fait, même dans la marine. On a l'impression dans les deux cas que, partout où les héros passent (ou presque), ils gagnent en se faisant des amis.

L'importance de la confiance
Mais cette amitié que les deux héros semblent respirer n'est en fait pas contradictoire avec leur comportement infantile, elle en est au contraire une conséquence. En effet, un autre aspect de l'infantilisme des deux héros est la confiance souvent aveugles qu'ils ont dans les autres, même s'ils sont ennemis ou inconnus. Cette naïveté est à mon avis le point le plus important des deux mangas : pour réussir, pour atteindre ses rêves, il faut être ambitieux, mais aussi s'entourer d'amis fidèles que l'on conquiert par la confiance inébranlable que l'on place en eux. Dans ce cadre, la ressemblance entre Robin et Urumi Kanzaki est frappante : toutes les deux bien plus intelligentes que la moyenne, cette intelligence leur a fait subir un traumatisme qui les a violemment et prématurément expulsé de l'enfance et les a empêché de se lier à qui que ce soit, jusqu'à leur rencontre avec Luffy/Onizuka. Cette confiance des héros pour n'importe qui est d'autant plus importante que le monde extérieur est très sombre, avec justement un manque de confiance qui empoisonne les relations entre les personnages secondaires.


Si je voulais m'avancer, je comparerais Onizuka et Luffy au Christ et au prince Mychkine. C'est sûrement exagéré, mais cela permet d'insister sur ce qui est pour moi le message principal des deux mangas : placer sa confiance en son prochain, aimer son prochain, n'a rien de facile et d'évident, c'est même impossible à un homme normal. C'est pourtant nécessaire pour réussir sa vie.
Modifié le 16/09/2009 à 16h35 par Kventino

"Si la philosophie est l’air pur de l’esprit, ça ne peut t’empêcher de vivre parfois en paix…"
Theirn# Posté le 24/09/2009 à 22h02 - Citer
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messages : 631

En fait, tu viens de faire une définition du héros de base des shônen, ni plus, ni moins.

La comparaison des deux mangas reste osée.
Ennola# Posté le 03/10/2009 à 12h43 - Citer
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messages : 2085

Je n'aurais pas pu mieux dire que Theirn.
J'ai lu ton article en me demandant tout du long si on ne pouvait pas appliquer ton raisonnement à tous les shônen déjà publié et en fait ... si.
Je ne vais pas démonter tout ton propos, ce serait trop facile et méchant, mais à force de gommer les différences entre les mangas c'est sûr qu'on trouve pleins de points de concordances.
"Holmes comme moi avait une faiblesse pour le bain turc. C'était dans la vapeur d'une chambre chaude que je le trouvais le moins réticent et le plus humain." ILLU
Kventino# Posté le 16/10/2009 à 13h15 - Citer
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messages : 1923

Euh ... Je me demande si vous m'avez vraiment lu ... Oui, toute la première partie est la description d'un héros de manga normal. Mais elle ne me sert que pour expliquer en quoi je peux dire qu'il y a un deuxième niveau de lecture. Prenons trois petits mangas pas très connus : Dragon ball, Naruto et Death Note.
Dragon Ball est un roman d'apprentissage. Jusque là, on peut dire que ce que je dis s'y applique. Sauf que Son Goku bat ses adversaires, parfois il les extermine. Ce n'est jamais le cas de Luffy, et pour Onizuka, on ne sait pas trop ce que certains deviennent, mais ce ne sont de toute façon jamais ses adversaires principaux (d'ailleurs, tout son problème est là : il ne peut toucher à aucun élève de sa classe, ni au sous-directeur).
Pareil pour Naruto : oui, le héros est pour nous un anti-héros, et c'est un gosse. Mais déjà, c'en est vraiment un, lui. Et la confiance n'a pas d'intérêt dans ce manga. C'est un livre sur le dépassement de soi, par la compétition justement. Alors oui, ils doivent s'aider, oui, à force d'être toujours ensemble ils commencent à former un groupe (de trois). Mais c'est quand même la compétition de tous contre tous qui est au centre, et la confiance qui joue un rôle marginal.
Quant à Death Note ... Comme dirait l'autre, « c'est trop facile et méchant ». Là, c'est justement l'absence de confiance qui est primordiale, qui permet à chacun de marquer des points sur l'autre. Et je ne reviens pas sur Light.

Je ne dis à aucun moment (au contraire) que One piece et GTO c'est exactement la même chose, et encore moins parce que les deux héros sont des anti-héros. De même que personne ne dit que Madame Bovary[livre] et [livre]Don Quichotte, c'est la même chose, mais qu'il est admis que les deux livres parlent justement de la nécessité de distinguer monde des livres et monde réel. De même, je suis convaincu que le message est le même : l'importance mais en même temps la difficulté à faire confiance, à aimer son prochain. L'un le fait dans la société japonaise en crise des années 1990, l'autre dans un monde imaginaire, l'un avec un héros obsédé, l'autre avec au contraire la pureté incarnée, etc, etc. Mais ça ne change rien à l'essence, au message central
"Si la philosophie est l’air pur de l’esprit, ça ne peut t’empêcher de vivre parfois en paix…"
Alixe# Posté le 03/12/2009 à 14h26 - Citer
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Bon, je ne connais pas One Piece (mais j'ai lu GTO), mais j'ai trouvé la coparaison intéressante, et je suis d'accord avec Kventino, on ne pourrait pas en faire autant avec tous les héros de shonnen.
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