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Vous êtes ici => Accueil > forum > Littérature > À propos… > « L'odyssée d'un auteur amateur », créé par Anahkiasen

À propos… - « L'odyssée d'un auteur amateur » - lecture du sujet — L'Encrier

L'odyssée d'un auteur amateur

De l'écriture d'un recueil
Page :
AuteurMessage
Anahkiasen# Posté le 04/11/2007 à 01h05 - Citer
Statut : membre Non bêta-lecteur


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Bonjour à tous amis auteurs.

Avant toute chose, voilà mon histoire en quelques lignes maladroites pour que vous saisissiez mieux le contexte.
Comme vous tous, je suis un auteur amateur. J'ai pour la première fois usé de ma plume en juin 2004, suite à un cauchemar si terrible que je n'avais d'autre choix que de l'écrire pour le faire partir de mes pensées. Ce fut le point de départ de mon entreprise littéraire, et dès lors j'ai passé chaque jour à lire et surtout à écrire. Des choses plutôt médiocres dans un premier temps, puis au fil du temps j'ai peu à peu appris à manier les mots de manière un tant soit peu correcte. Je ne clame pas être un auteur fabuleux, mais je suis à un point où j'apprécie mon style, et je pense que c'est là le plus important.

J'ai écrit beaucoup de nouvelles depuis mes premiers mots. Certaines très courtes, d'autres très longues... certaines dont je suis fier, d'autres qui sont trop vieilles pour que je les assume pleinement. Toujours est-il, qu'après de longs moments à réfléchir à cette idée, j'ai décidé de me lancer dans l'écriture d'un recueil de nouvelles, rassemblant mes écrits dont une part sont publiés sur ce site (de très vieux comme de très récents), mais aussi d'autres textes qui ne sont pour l'instant qu'à l'état d'ébauche.
Or, comme je fréquente régulièrement un site d'écriture, dont le nom m'échappe (ça commence par un E je crois   ) je me suis dit que ça pourrait être amusant de partager avec vous cette aventure en partant du point zéro. On pourra médire que je fais ça pour attirer l'attention, et je suis sûr que beaucoup ont déjà entrepris l'écriture d'un roman sans en faire tout un plat, mais pour ma part je ne me vois pas me lancer dans un tel projet sans me faire un tant soit peu épauler.
Je ne compte pas le publier en l'état actuel des choses, mais réunir mes travaux en un livre serait pour moi une manière de parachever mon travail littéraire, de me construire et de réellement exister en tant qu'auteur.

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On commence donc du tout début, les racines mêmes du livre.
Premier détail qui survient lorsque l'on veut écrire quelque chose : le titre. J'ai longuement réfléchi à ce dernier, après tout le titre ce sont les premiers mots de l'auteur à son lecteur, ça ne doit pas être pris à la légère. Au final j'ai opté pour « Les Fleurs d'Avril » — ce titre, emprunté à une récente nouvelle sur le coma, traduit l'idée de renaissance. L'une des étymologies lointaines de « avril » serait en effet le verbe latin « aperire » (ouvrir) en référence à la période où les fleurs s'ouvrent lorsque parait le printemps, après s'être tues tout un hiver. C'est là l'idée même du coma, mourir un temps pour ensuite renaître... ce qui est non seulement quelque chose de sublime à y bien penser, mais aussi quelque chose qui m'a toujours fasciné. J'ai beaucoup écrit sur le recommencement et la renaissance, et je pense qu'en choisissant « Les Fleurs d'Avril » pour titre, je suis au moins honnête avec moi-même sur le contenu du recueil.

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Second détail qui survient, la couverture. Pour cela, je n'ai pas eu de grande hésitation : il y a deux ans, après l'écriture de ma première vraie nouvelle (non pas un texte ou un paragraphe, mais une vraie nouvelle construite et menée) intitulée « Le Chant des Sirènes », je m'étais promis que si un jour j'entamais un recueil, la couverture en serait un loup perdu dans une plaine enneigée.
Pour mieux comprendre, il est à savoir quand dans Le Chant des Sirènes (tout comme dans Nuits Blanches) le loup se pose comme l'allégorie de l'hiver et de la mort. Le loup, à l'instar du froid glacial, fond sur les faibles et les malades et donne la mort sans remords. L'hiver est craint parce qu'il est meurtrier, de même que le loup ; on a fait beaucoup couler d'encre sur cette saison, et de nos jours plus que jamais elle est au devant de la scène. N'entend-on pas chaque jour que des sans-abri meurent de froid dans les rues ? N'entend-on pas que chaque année les hivers s'endurcissent — comme si la bête prenait force dans la mort de ses victimes ?
De là j'ai été chercher la photographie qui conviendrait, dans un de mes livres sur les loups. En théorie, je suppose que je n'ai pas le droit d'utiliser une photographie comme ça, sans l'autorisation, cependant comme je n'ai pas encore le désir de publier tout cela de manière officielle, je pense que je peux utiliser cette image en créditant le photographe (Stephen Krasemann). La photographie est la suivante, excusez la qualité, mon scanner ne fait pas de merveilles et l'appareil photo utilisé ne devait pas être des plus précis. Mais j'aime cette image.

Image utilisateur


Après pas mal de temps sous Photoshop, et malgré mes talents discutables, j'en suis ressorti avec la couverture qui suit. L'idée était de faire sortir le loup des ténèbres, pour le faire entrer dans cette plaine blanche et immaculée. Créer un contraste « noir et blanc » (ici représenté par le ciel et la plaine) sans pour autant que l'image elle-même soit en noir et blanc. J'ai donc utilisé des teintes bleues désaturées et des dégradés.
J'ai aussi beaucoup vieilli l'image, avec divers effets dont l'esthétique peut être remise en cause mais qui me plaisent assez pour que je garde l'idée, quitte à revoir certains détails. Ça donne un ton tout particulier à l'image, que pour ma part j'apprécie beaucoup. Après, libre à vous d'aimer ou de détester. Pardon pour la taille.

Image utilisateur


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Enfin, troisième étape majeure avant l'écriture même du recueil : l'introduction — ou préface pour certains. De nos jours je suppose que peu de gens prennent encore le temps de lire ces courts prémices, mais je suis parti du constat que tout le monde les lit. Mieux, je me suis mis à la place de celui qui se saisit du livre au détour d'un rayon, et s'aventure dans ces quelques paragraphes pour savoir de quoi parle le livre et de quelle manière.
Mille mots pour un, je me suis demandé « Qu'est-ce qu'il faut écrire dans la préface ? ». J'ai d'abord esquissé sur un post-it deux choses dont je voudrais parler, et sur un autre papier, j'ai noté quelques unes des images et formulations que je trouve belles et qui pourraient faire bonne impression au lecteur et lui donner envie de continuer. J'en suis ainsi arrivé à ces grands axes : premièrement, assumer que je suis un auteur amateur et que même si j'ai travaillé, mes textes peuvent plaire comme ils peuvent déplaire. Bref, faire preuve d'un peu d'humilité, faire sentir au lecteur qu'écrire c'est juste prendre une plume et poser des mots et que en beaucoup de moments, moi aussi je suis lecteur. Pourquoi ? Parce que pour ma part j'aime me sentir proche de l'auteur, voir que c'est un être humain et connaître ses petits tracas.
Ensuite, j'ai décidé de parler un peu des choses dont j'aime parler, des grands thèmes et du contenu du recueil. À savoir des nouvelles, toutes traitant de diverses choses. Ça se rapproche énormément de mon texte de présentation pour ceux qui ont pris un jour la peine de le lire. En général, c'est là que je place quelques images qui me plaisent.
Troisième axe, citer quelques noms et parler des auteurs/genres que j'aime. L'intérêt est assez relatif, mais je suis sûr qu'il existe des gens qui comme moi, en lisant un livre, ne peuvent s'empêcher de relever les inspirations. Le style d'un auteur tiendra toujours quelque chose des autres auteurs qu'il a lu, et inconsciemment à chaque texte qu'il écrit une part de ses idoles sera retranscrite au détour d'une phrase ou sur une formulation. Citer mes auteurs favoris, c'est assumer que mon livre n'est qu'un grand hommage caché à ces personnes.

Après cela, l'essentiel est dit, et libre à moi d'aborder divers thèmes de manière brève. Au final la Préface ressemble à cela : PRÉFACE AU RECUEIL.

Notez qu'à l'heure où j'écris cette préface, il est une heure du matin passée, et comme je disais à un ami, « la fatigue me guette comme un charognard au-dessus d'un cadavre ». De fait, si j'ai laissé traîner une faute ou une répétition par fatigue, ça m'aiderait que vous me la fassiez remarquer.

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Sur ce, j'en ai fini pour le premier jour. J'espère qu'au final tout ça sera une bonne expérience et que mon projet aboutira. C'est peut-être trop ambitieux, en quel cas je me casserai les dents. Mais c'est en essayant diverses choses qu'on évolue, et qui sait, peut-être au contraire que tout finira très bien.
Maintenant vous m'excusez, je vais me coucher. Demain je vais tenter de trier un peu mes nouvelles, et de réfléchir à l'ordre dans lequel elles devraient apparaître. Alors si quelqu'un lit cela en cette heure tardive, vous pouvez toujours donner vos idées pendant mon sommeil. 

P.S : Encore mille excuses pour les éventuelles fautes, il est _vraiment_ tard.
Modifié le 30/12/2007 à 22h04 par Anahkiasen

Les pas des soldats
Avançant en chœur —
Sans peur ni émoi,
Juste, la fureur.
Csame# Posté le 06/11/2007 à 16h29 - Citer
Statut : administrateur


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Eh bien :) Que dire... C'est... Intéressant, oui, c'est le mot :)

Décidément, The M.A.N6 ou Anahkiasen (c'est de toute façon la même personne, n'est-ce pas ?), je te découvre de plus en plus via ta production artistique, et ce n'est décidément pas pour me déplaire, vraiment pas. Que ce soit, dans un registre (beaucoup) plus léger (quoique ?) ou dans tes diverses nouvelles (je n'ai pas encore tout lu, honte à moi), je trouve ton style et ta plume très agréable, quoique, le mot n'est pas très bien choisi. Hum, je ne sais pas vraiment comment l'exprimer... Tu as un style à la fois incisif et dérangeant, c'est pour ça que le mot agréable ne me paraissait pas très bien choisi.

Edit : Par contre il y a quelques problèmes dans ton PDF. Des passages à la lignes ne sont pas cohérents. C'est tout, je crois.

Tu es une sorte d'artiste assez... baroque, dans la mesure où tes textes, c'est une sorte de fusion des arts, que ce soit l'écriture (qui reste au centre), le graphisme, et une sorte de tendance à la promiscuité qui rend le tout authentique et véridique. Mais dans le registre des mots mal choisis, le mot "artiste" ne convient peut-être pas non plus... Disons créateur, dans la mesure ou, avant, il n'y avait rien, et maintenant, il y a.

Même si je ne partage pas nécessairement tous les parallèles que tu développes dans ton message (du moins moyennement en ce qui concerne celui de l'hiver comme allégorie de la mort), je trouve quand même que c'est très parlant, et certainement très réfléchi. L'image me parle clairement, même si ce n'est pas nécessairement de la manière que tu voulais qu'elle me parle...

Et puis... j'aime les gens qui préviennent avant de donner un lien vers un fichier pdf  Parfois on l'ouvre sans s'en rendre compte, et pas moyen de faire marche arrière, et ça prend trois plombes.

Bref :)

Merci pour ce message !
Modifié le 06/11/2007 à 16h31 par Csame

Co-administrateur et développeur de l'Encrier
Anahkiasen# Posté le 09/11/2007 à 12h58 - Citer
Statut : membre Non bêta-lecteur


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Avant toute chose, un bref merci pour avoir pris la peine de te pencher sur mon cas; un plaisir mêlé à l'honneur d'avoir attiré l'oeil d'au moins une personne. 

Csame a dit :Décidément, The M.A.N6 ou Anahkiasen (c'est de toute façon la même personne, n'est-ce pas ?), je te découvre de plus en plus via ta production artistique, et ce n'est décidément pas pour me déplaire, vraiment pas. Que ce soit, dans un registre (beaucoup) plus léger (quoique ?) ou dans tes diverses nouvelles (je n'ai pas encore tout lu, honte à moi), je trouve ton style et ta plume très agréable, quoique, le mot n'est pas très bien choisi. Hum, je ne sais pas vraiment comment l'exprimer... Tu as un style à la fois incisif et dérangeant, c'est pour ça que le mot agréable ne me paraissait pas très bien choisi.

Tu es une sorte d'artiste assez... baroque, dans la mesure où tes textes, c'est une sorte de fusion des arts, que ce soit l'écriture (qui reste au centre), le graphisme, et une sorte de tendance à la promiscuité qui rend le tout authentique et véridique. Mais dans le registre des mots mal choisis, le mot "artiste" ne convient peut-être pas non plus... Disons créateur, dans la mesure ou, avant, il n'y avait rien, et maintenant, il y a.


Sur ce point je tiens à signaler quelque chose qui me parait essentiel : quoi que j'en dise, mon style est une part de moi qui est encore en construction. À l'échelle de la vie d'un auteur, je n'en suis qu'aux prémices, et il faudra sans doute encore quelques années avant que ma manière d'écrire n'atteigne sa quintessence. Toutefois, et comme je l'ai déjà expliqué dans ma préface, mon style actuel me plait. Et même plus que ce ressentiment, il y a une réelle impression d'être très proche de ce que sera celui-ci dans sa forme ultime - pour peu que l'on admette qu'un style cesse un jour d'évoluer.
Vois-tu, quand je regarde derrière moi et compare mes anciens textes à mes nouveaux, j'ai toujours l'impression qu'un fossé immense les sépare... ce qui m'a souvent mené à être un peu honteux de mes anciens travaux. Cependant, ces derniers temps, j'ai vraiment l'impression que le fossé se retrécit de lui-même, et c'est bon signe. Lorsqu'il disparaitra complètement, alors je pourrai dire que mon style aura plus ou moins atteint sa forme finale.
Une manière d'écrire très ampoulée, qui s'attarde sur chaque détail, emplie de nombreuses images et métaphores; ça peut plaire tout comme ça peut susciter l'ennui. Pour ma part j'ai toujours été assez attiré par ce genre de textes, en poésie, en théâtre, et autres domaines. Et ce que je sais, c'est que je ne rétrecirai pas mes écrits juste parce que les gens trouvent ça trop long; je n'amputerai pas mon vocabulaire sur le simple désir d'un feignant. La langue française m'a donné assez de mots et de méthodes pour décrire le monde de la manière la plus précise, avec toutes les nuances qu'il faut. Me mettre à raccourcir mes textes juste pour plaire au plus grand nombre, ce serait comme peindre en noir et blanc.
Je ne dis pas ça pour toi, mais parce que je tenais à le dire pour quiconque viendrait sur ce sujet, et parce qu'on m'a déjà fait ce genre de remarques. Je devrais peut-être ajouter ça à ma préface, même.

Csame a dit :Même si je ne partage pas nécessairement tous les parallèles que tu développes dans ton message (du moins moyennement en ce qui concerne celui de l'hiver comme allégorie de la mort), je trouve quand même que c'est très parlant, et certainement très réfléchi. L'image me parle clairement, même si ce n'est pas nécessairement de la manière que tu voulais qu'elle me parle...


Si ça peut rassurer, contrairement à ce que l'on peut croire, j'aime l'hiver plus que tout. C'en est même ma saison préferée; l'été m'empêche de dormir et me fait baigner dans des marres de sueurs qui ne suscitent en moi que malaise et frustration. Alors que l'hiver est tout autre; j'ai écrit mes textes préferés en hiver, et bien plus que la mort, il a toute une portée appaisante.
Je ne parle pas de cet hiver qui d'un coup de vent vient fissurer mon corps glacé, mais celui qui recouvre le monde de peinture blanche et le métamorphose en un infini désert blanc; rend admirable le moindre instant grâce à ces flocons qui chutent au-dehors comme un spectacle unique et céleste.
J'ai fait référence à la mort car c'est un fait, l'hiver aussi beau soit-il, est une une saison à double tranchant. D'où la figure de l'animal; le loup à mes yeux est un animal magnifique, mais dangereux. Et en ce sens, je pense qu'il représente bien l'hiver.
Après, il en impute à chacun de partager ou pas la vision de l'auteur, ça c'est une autre histoire, mais je sais que _pour moi_ l'hiver restera toujours ce loup qui arpente les collines enneigées.

Csame a dit :Edit : Par contre il y a quelques problèmes dans ton PDF. Des passages à la lignes ne sont pas cohérents. C'est tout, je crois.


Là par contre j'aurais besoin de précisions, parce que pour être honnête, chez moi, avec Adobe Reader, tout fonctionne à merveille.
Les pas des soldats
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Juste, la fureur.
Nataniel# Posté le 09/11/2007 à 22h24 - Citer
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Moi j'ai pas de problème avec ton pdf si ça peut te rassurer...

J'ai pas énormément de commentaires constructifs à te faire, mais je voulais te signaler que je t'ai lu et que je vais suivre ton odyssée avec le plus grand intérêt.
Modifié le 09/11/2007 à 22h24 par Nataniel

Mes histoires:
A l'Auberge des Plaines du Nord
Pourquoi ?
Anahkiasen# Posté le 21/11/2007 à 23h03 - Citer
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Merci Nataniel, quelques encouragements font toujours du bien à entendre. :)

Bon, j’ai eu un peu le temps de travailler sur Les Fleurs d’Avril, donc je vous donne mon avancement et par la même occasion, j’en appelle à vos avis. Il n’est pas là question de suivre aveuglément la majorité, mais plutôt d’avoir une mince idée des avis autres que le mien, ce qui est quelque chose de nécessaire.
Après avoir écrit la préface, j’en suis arrivé au cœur même du problème ; il m’a fallu rassembler toutes mes nouvelles dans un coin, décider de celles que j’allais garder et de celles que j’allais laisser de côté. De l’ordre dans lequel elles seraient présentées au lecteur, et autres détails du même ordre. J’en suis arrivé au sommaire suivant, cependant il sera sans doute changé à nouveau pour la simple et bonne raison que, n’ayant jamais fait ça, je ne sais pas dans quel ordre je devrais placer mes nouvelles. En l’état actuel des choses, je suis bien conscient que personne ici n’a lu la totalité de mes nouvelles — et je ne parle pas des rares publiées ici. Le principal problème est que je n’arrive pas à me décider quant à si je dois favoriser l’enchaînement de nouvelles aux mêmes ambiances, ou au contraire entrecouper celles-ci. Si je dois alterner nouvelles longues et courtes, ou mélanger au hasard. Si je dois mettre les meilleures en premier et les plus vieilles en dernier, ou juste mélanger pour faire un tout homogène, etc. C’est sans doute la décision la plus importante dans l’écriture d’un recueil, alors permettez que je m’y attarde un brin. En fait, c'est principalement sur cela que j'aurais voulu vos avis.

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Voici les nouvelles que j’ai gardé pour mon recueil. Accessoirement ça m’aide à faire le point avec moi-même sur ce que j’ai vraiment dans mon livre. 
Pour l’instant ce sommaire n’est absolument pas définitif, mais ça donne une idée du résultat final.

SOMMAIRE a dit :I. PRÉFACE
II. INTRODUCTION : THÉÂTRE NOCTURNE
III. LES FLEURS D’AVRIL
IV. SOLEIL PLEURANT
V. NOTES : L’HOMME EN GRIS
VI. LE RUBAN VERT
VII. LA PEINE DES MORTS
VIII. LE HUITIÈME JOUR
IX. TRAIN DE VIE
X. INTERLUDE : ALBATROS
XI. ZONES D’OMBRE
XII. UN ARBRE ET UN JARDIN
XIII. NOTES : J’AI TUÉ
XIV. POUR LA PRUNELLE DE SES YEUX
XV. JACK
XVI. NOTES : LA LOI DU SILENCE
XVII. LES ROSES SONT ROUGES
XVIII. GORGE PROFONDE
XIX. DE LA SURVIE DU BONHEUR
XX. INTERLUDE : LA CORDE
XXI. LA MUSIQUE S’ADOUCIT ET MEURT
XXII. LES TÉNÈBRES QUI LUISENT DANS NOS ESPRITS
XXIII. LES ENFERS
XXIV. NOTES : SURTOUT L’ÉTÉ, SURTOUT L’HIVER
XXV. APRILIS
XXVI. LES NUITS BLANCHES
XXVII. LE JEU DE LA CORDE
XXVIII. LE POIDS SUR LA MESURE
XXIX. ÉPILOGUE : UN JEUDI COMME LES AUTRES
XXX. POSTFACE


La première nouvelle, ou tout du moins le premier texte qui arrive après la préface, est en théorie Les Fleurs d’Avril qui donne son nom au recueil. Cependant comme l’entrée en matière me paraissait quelque peu brutale, j’ai écrit une courte introduction intitulée « Théâtre Nocturne ». J’avais envie de lancer le recueil en partant du lecteur lui-même, ainsi Théâtre Nocturne prend le point de vue d’un adolescent qui lit un livre dans sa chambre, tard le soir. Fatigué, il se lève et va regarder par la fenêtre ; il y aperçoit divers acteurs de ce théâtre nocturne dont il est à la fois spectateur et lui aussi acteur. L’intérêt de ce court texte, est qu’après que le regard de l’adolescent se soit attardé sur ce qu’il voit au-dehors, la caméra se détache de celui-ci et vienne se poser sur son voisin dans l’immeuble en face, qui ne cesse de tourner dans son salon. Et de là, je peux sans problème faire la transition avec le début de Les Fleurs d’Avril qui prend pour protagoniste principal, ce même homme, insomniaque, égaré dans son salon : THÉÂTRE NOCTURNE.

Comme dit dans mon message précédent, j'ai aussi rallongé la préface d'un court passage sur ma manière d'écrire. Ça reprend globalement la même idée, avec l'image du noir et blanc.

J'ai commencé aussi à réécrire « Le Ruban Vert », pour en faire quelque chose d'un peu plus proche de ce qu'était ma vision originelle de ce texte. C'est assez compliqué alors je ne vais pas expliquer tout à nouveau, je vous en toucherai deux mots lorsqu'elle sera écrite en entier. Tout est détaillé dans l'avant-propos à la nouvelle.
D'ailleurs cela soulève une question : est-ce qu'en tant qu'auteur, vous vient parfois l'envie de réécrire vos vieux textes pour qu'ils collent un peu plus à votre style actuel ? Qu'il soit plus fidèle à ce que vous êtes désormais. Au possible, je tente de laisser les textes comme ils sont, tant pour ne pas renier mon passé, que parce qu'ils n'en ont peut-être pas réellement besoin. Toujours est-il que sur certains textes je me sens obligé de les remettre au goût du jour, me disant que ce que j'avais écrit à l'époque n'était peut-être pas réellement ce que je voulais dire — que je n'avais pas encore le vocabulaire ou les idées pour l'exprimer avec précision.

Enfin toujours est-il que cette fameuse réécriture traîne un peu. Comprenez, que Les Fleurs d'Avril, doit compter plusieurs nouvelles majeures. Et il n'est pas là seulement question de longueur, parce que des textes longs j'en ai par poignées; mais je parle plutôt de nouvelles dans lesquelles je me suis beaucoup investi. Avec plus ou moins de succès (Jack) ou juste un échec (Le Huitième Jour).
Or, ces deux premières étant finies, je travaille désormais sur la suivante. Les suivantes, plus précisément, puisqu'il s'agit d'un diptyque que j'ai intitulé « Surtout l'été, surtout l'hiver » (petite référence discrète, au slam de Grand Corps Malade). Un diptyque composé de « Aprilis », une nouvelle sur le libre arbitre et l'idée de prédestination; prenant place au printemps/en été. Et « Les Nuits Blanches », reprenant mes deux textes sur l'hiver que j'avais écrit il y a deux ans et qui sont, avec du recul, écrits d'une plume trop naïve et peu soucieuse pour que je les reprenne comme ils sont. Donc je réécris et recompose le tout, ce qui est long et laborieux puisque je ne peux quasiment rien garder des originaux (et croyez-moi, ce n'est pas une exagération).
Je ne vais pas m'aventurer à la copier ici, mais tant qu'à faire de longues citations, j'en suis là :

LES NUITS BLANCHES a dit :[...]
Les étudiants se fondirent en une file, et longèrent lentement la longue et large allée qui sortait du lycée — l’eldorado liberté. Ann et son amie s’arrêtèrent non loin de la chaussée, là où le monde réel reprenait. Elles baladèrent rapidement leur attention autour d’elles, puis se saluèrent d’un sourire non sans ce léger pincement à chaque fois qu’elles se quittaient. À chaque fois que leurs deux silhouettes se séparaient et repartaient chacune de leur côté, vers leurs maisons respectives que la neige et la nuit tombante de décembre bordaient désormais de leurs sombres voiles et artifices. Comme asservies par l’hiver, les journées devenaient plus courtes et se transfiguraient en de majestueuses nuits éternelles ; un changement du décor telle une invitation poussant la face cachée du monde à enfin se dévoiler.
Le parfait cadre macabre, pour que prenne racine cette triste histoire.

2

Avec empressement en sortant de la fleuristerie, l’homme reboutonna son manteau pour se mettre à couvert du froid qui montrait les dents ; puis tout en écoutant la neige tomber il laissa vagabonder ses yeux sur la ville endormie qu’il arpentait sans trop savoir où diable ses pieds le menaient. Ce soir-là les rues s’étaient tues et c’était presque en méditation qu’il déambulait dans les méandres d’une nuit de glace. À sa gauche la lune laissait glisser ses dorés reflets sur les ondulations du fleuve qui serpentait la ville, et que les éparpillés petits ponts de pierre surplombaient. Non loin, maison après maison, le souffle du vent s’était engouffré sous les portes avec la précipitation d’un sournois animal sauvage et avide de se nourrir, relâché dans les rues sous les ordres sévères de l’hiver.
Oui, tel un habile metteur en scène, Mère la Nuit organisait et plaçait ses acteurs, et la beauté terrifiante de la scène qui en résultait métamorphosait le regard de l’homme errant. Soudainement, la splendeur de ces blanches fleurs dans sa main paraissait fade et tournait à une laideur qui écoeure. En une dernière pensée, il s’imagea la tombe qu’il s’en allait enjoliver de quelques pétales — sobre sépulture de celle qu’il avait un jour osé appeler sa mère.
En un sens, les fleurs sont une forme d’excuse. On ne s’excuse pas à une mère comme « elle ». Il regarda une dernière fois le bouquet qu’il tenait, poussa un bref soupir, et le jeta dans la première poubelle qui croisa son chemin. Aux flammes les excuses, s’il était sorti en cette soirée ce n’était pas pour aller se peler dans un cimetière, entre les chants muets des sinistres tombes. Le vrai motif, c’était aller dehors dans un bar et boire jusqu’à l’aube ; en devenir si saoul que son esprit serait sans dessus dessous et se laisserait séduire par les songes d’une lascive ivresse. C’est ainsi que sur ces pensées il s’arrêta en face de cette rose enseigne qui sous le souffle de l’obscurité semblait soudainement saisissante.
« Les Nuits Blanches » — vibrant de lumière seule dans la pénombre du soir, dégorgeant d’une attractive puissance malgré un néon « n » cassé qui clignotait, sorte de sollicitation à entrer dans la chaude enceinte de ce bar de coin de rue. L’homme emmitouflé dans son manteau resta devant la porte, immobilisé par le froid qui le changeait en muette statue de neige. Sentant ses entrailles meurtries par les basses températures, il se frotta frénétiquement les mains et poussa la porte d’entrée de laquelle émanait cette douce chaleur qui tranchait net avec le monde extérieur. Comme un îlot de tendresse égaré dans la gorge d’un ouragan.
L’œil du cyclone.

À peine eut-il passé le cadre de la porte qu’il se senti enlacé par l’atmosphère chaleureuse mais paisible qui régnait dans ce bar, en ce calme soir. Il n’y avait pas d’agitations, et de toute manière c’aurait été surprenant tant peu de sièges étaient occupés. Seulement quelques personnes, elles aussi perdues, qui s’étaient réfugiées entre ces murs. En bruit de fond, une radio dans un coin diffusait une grisante ballade jouée à la guitare sèche ; une berceuse qui au fil de la nuit avait anesthésié les rares esprits encore sobres et éveillés.
L’homme en manteau alla se poser sur un des tabourets au comptoir, et tête dans les mains il se laissa aborder par le barman que l’ennui consumait lentement. « Je vous sers quoi ? demanda celui-ci sans lever les yeux, concentré à nettoyer les verres de son chiffon blanc sale.
- Pour être honnête, je sais pas. Un alcool, n’importe.
- Ça va pour vous, ça ? », hasarda-t-il en haussant les sourcils, levant dans sa main une bouteille quelconque que de toute manière l’inconnu ne prit pas la peine de regarder.
Ce dernier fit juste mine de réfléchir un bref instant, et hocha la tête sans rajouter quoi que ce soit. Ses pensées s’embrouillaient en un irritant mal de crâne et il n’avait plus l’esprit à quoi que ce soit à part rester là et passer un peu de bon temps. Il avait traversé toute la région pour aller à l’enterrement de sa mère, et pourtant l’origine de ce profond malaise n’était non pas le mal du pays, mais peut-être simplement le fait d’avoir « jeté les fleurs ». Banni un pan complet de sa propre histoire comme on effacerait un détail gênant sur un dessin, d’un rapide et simple coup de gomme. Pour autant, il n’avait aucun remord… sa mère était déjà très âgée quand il vint au monde, et c’est peu après qu’elle commença ses « crises ». Année après année, la démence s’était emparé de la vielle femme, et son comportement ne fut bientôt plus qu’un enchevêtrement de violences et d’élans de folie. À ses yeux, il n’y avait plus de famille ou de proches, mais « des emmerdeurs » qui venaient occuper le sol de sa maison. Un froid édifice de pierres et de bois, dans un petit village de montagne, qui chaque hiver se transformait en congélateur silencieux dans lequel plus personne n’osait rejoindre cette marâtre sénile. Lassés de ses cris, son mari et son fils l’abandonnèrent un peu plus tard, et partirent vivre en ville. La laissant seule dans sa maison sans chauffage, digne repaire du mal être et de la solitude, que le temps avait amoureusement prénommé « Le Seigneur du Suicide ». Elle avait bravé les années, et malgré la ferveur de sa colère contre le monde, avait péri par le froid il y a deux semaines. Presque avec la puissance qui se dégage de la mort d’un animal féroce, « la mère Svanhild » fut mise en terre. Seuls son fils et son mari avaient fait le déplacement jusqu’à son enterrement.
C’était un samedi, et il pleuvait.

Des larmes qui tombaient du ciel par armées, en un constant bruit d’écoulement qui – pareil à une jonction entre souvenirs et réalité – était aussi celui de l’alcool que l’on verse dans un verre. L’homme en manteau se secoua et reposa les pieds sur terre, dans ce bar que les ténèbres encerclaient. Il tendit la main, saisit le verre, et l’avala d’une traite pour couper court à ces terribles souvenirs qui ressurgissaient de manière inopinée. Puis comme pour se dégourdir les pensées, il tourna la tête de chaque côté, non sans d’acérés élancements à la nuque. Étrangement, il ne fut soudainement plus sûr d’avoir réellement remis pied dans la réalité : les rares personnes qui étaient là semblaient distantes et floues, à l’image d’un rêve dont on tente de se souvenir. À y bien penser, est-ce que ces larges murs qui l’entouraient étaient réels ? Est-ce le verre vide qu’il tenait de sa main tremblante était réel ?
Est-ce « qu’elle » était réelle ?
Il ne l’entraperçut que du coin de l’œil dans un premier temps : une silhouette silencieuse, assise à sa droite avec la triste posture d’un ange blessé. Sa tête tombante de fatigue, elle n’avait de cesse de fixer son verre en passant et repassant une main entre ses longs cheveux noisettes qui venaient chuter en pointes sur ses épaules nues. Muette comme cadenassée à un sommeil éveillé, campant sans doute cet endroit depuis autant d’heures que Dieu ne saurait en compter. Alors, porté par la troublante ambiance qui trônait dans l’air, l’homme en manteau lui tendit un sourire et un simple mot qui suffit à la sortir de sa stase.
Trois syllabes, comme une compatissante main tendue.
« Fatiguée ? »

Semblant reprendre forme, elle se redressa lentement et se tourna vers lui. Ses yeux froncés trahissant la fatigue de plomb qui pendait à son cou, la jeune femme ne sembla même pas réellement comprendre ce qu’on lui voulait. Elle restait à dévisager l’homme, plaçant cet instant en suspens, dans une cage aux parois de verre que le temps ne s’aventurait à traverser. Quatre larges vitres, que sa réponse vint briser en une fissure qui mit terme à tout hésitation. Les murs et le verre d’alcool étaient réels, au moins tout autant que ce « Oui, un peu » presque murmuré, auquel l’homme en manteau se contenta de rétorquer un bref rire.
« Sans être indiscret, vous êtes là depuis longtemps ? enchaîna-t-il alors sans délaisser sa mine souriante.
- Quoi, je fais si peine à voir que ça ? s’amusa-t-elle à son tour en baissant les yeux, consciente de son état et préférant voiler l’infâme laideur que la fatigue avait ancré sur son doux visage aux fines formes.
- Non, non… c’est pas ça, vous avez juste pas l’air d’être dans votre assiette, alors, bon, je m’inquiète. »
« C’est gentil », répondit-elle en croisant pour la première fois le regard de l’homme charmant à qui elle s’adressait et qu’elle vit soudainement comme une lueur égarée dans la nuit — un fil d’Ariane qu’elle se devait de suivre. Oui, étreinte par l’épuisement, cette jeune femme en était redevenue cette petite fille qui cherche sa maison dans la nuit, et qui désespérément, ne la trouve pas. Et brusquement, avoir à sa gauche cette présence qui prenait peine de l'enlacer et l’inonder de son aura, c’était comme voir s’éclairer le chemin jusqu’à chez elle.
« Ellen, enchantée », murmura-t-elle posément, entre deux regards complices. L’homme hésita et attendit un bref laps, pris de court par la rapidité avec laquelle la jeune femme avait acquis confiance en lui. À croire qu’un savant jeu de regards vaut plus que les mille milliers de mots du meilleur des discours. Sa main se tendit presque machinalement, et rejoignit la glaciale paume d’Ellen.
« Neill, Svanhild. Maintenant qu’on est plus des inconnus, vous pouvez me livrer tous vos problèmes, je vous écoute. C’est ce qu’on fait dans un bar, non ? plaisanta-t-il en levant son verre comme un toast.
- J’ai eu ma dose d’alcool… problèmes, et tout ça. Je veux juste, juste rentrer chez moi et ça sera parfait.
- Vous habitez si loin que ça ?
- Non – commença-t-elle en prenant l’air surprise – mais j’ai pas envie de rentrer toute seule, ça se comprend. Je vais pas vous mentir, ma voiture est garée dans un sous-sol du parking. Et j’ai peur des parkings, la nuit. Moquez-vous, mais moi ça me fait flipper, j'ai toujours peur qu'un mec caché dans l'ombre surgisse derrière moi. »


Je viens de poser ces mots, alors soyez indulgents, ça sera mieux une fois le tout fini, relu, raturé, recorrigé, etc.
Bon, sur ce, il est tard et j'ai un devoir de cartographie à finir, alors je vous salue et vous souhaite bonne nuit. :)

P.S : Comme à l'accoutumée, passé 22H je me mets à faire des tas de fautes stupides. Alors si dans les choses citées ou dans ce message j'en ai faites, mes excuses d'avance.
Modifié le 29/12/2007 à 22h29 par Anahkiasen

Les pas des soldats
Avançant en chœur —
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Anahkiasen# Posté le 04/12/2007 à 20h44 - Citer
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Avatar de noël activé ! 
Bon, mon hébergement a un petit problème de bande passante depuis un mois, donc j'ai hébergé la couverture du recueil sur Pix.nofrag pour éviter que ce sujet se retrouve vide d'images en cas de problèmes du même genre. Je vais peut-être remonter le titre qui me semble trop proche du bord inférieur de la couverture, mais ce n'est qu'un détail.
Ces derniers temps, à part avoir un peu avancé sur la réécriture du Ruban Vert et sur Les Nuits Blanches, je me suis encore une fois penché sur le sommaire et donc sur l'ordre des nouvelles. La première fois que j'ai voulu trier les nouvelles, je me suis dit que faire ça au hasard serait la meilleure chose à faire. Seulement après y avoir un peu réfléchi, j'ai compris que c'était la solution du lâche et que le seul moyen de réellement contrôler mon recueil serait d'en décider le moindre détail. De là j'ai commencé à séparer et trier mes nouvelles avec minutie. J'en suis arrivé à une découpe symétrique et organisée de mes nouvelles que l'on peut traduire comme suit. Je ne détaille pas les textes présentés, mais cela vous donne une idée de la logique suivie.

Image utilisateur


Je sais que cela peut paraître inutile, mais je tiens à mes « notes ». Et entendez qu'il ne s'agit pas là de simples notes en lien avec les nouvelles, ce sont plus des petits passages que je me suis aménagés pour m'adresser au lecteur, retracer la genèse de ce recueil, dire ce que je tenais à dire depuis longtemps, et surtout me rapprocher des gens qui me liront et me mettre à nu. Cesser de me cacher derrière des murailles de mots et me présenter en tant que homme et non en tant que « dieu » jouant avec ses personnages dans son petit monde personnel. Ce n'est peut-être pas clair, mais je me comprends et l'essentiel est dans ma tête. Croyez-moi, ces notes sont une bonne chose, et j'y suis accroché.

Pour les noms des parties (« Décalage Nocturne » et autres), c'est une référence directe aux premiers pas de mon travail en tant qu'auteur. Sans décrire en détail mon aventure jusqu'à aujourd'hui, je dirai que j'ai toujours eu un certain amour pour l'écriture. J'ai commencé à l'époque des machines à écrire, à l'âge d'environ huit ans. Puis je suis passé aux machines à écrire électroniques, même si ces textes restaient de vagues idées non construites, des "histoires" naïves, mais que j'évoque pour prouver une sorte d'attachement lointain à l'acte d'écrire en lui-même.
Après avoir « joué » sur machine à écrire, entré au collège, je suis repassé sur papier et y ai écrit ma première vraie histoire, la fameuse « La Loi du Silence », qui est devenue le « Jack » que vous pouvez ici lire. Cependant, j'écrivais cette histoire plus par défi que par envie, ce qui explique que souvent je place le début de mon travail quelques années plus tard. C'est en effet suite à un cauchemar en 2003 que j'ai écrit ma première nouvelle, et de là je n'ai jamais cessé.
Ainsi naquirent en 2004, quand j'avais j'avais quatorze ans, trois très courts "recueils", écrits sur cahiers de brouillons 96 pages. Très mal écrits avec du recul, bourrés de fautes, et eux aussi très naïfs. Mais il faut un début à tout et sans ça...
- Premier cahier, « Décalage Nocturne », en référence au titre originel du recueil « Danse Macabre » de Stephen King (The Nightshift). Dix nouvelles dont la seule qui aujourd'hui a été gardée, est la fameuse « Le Ruban Vert ».
- « Le Chant de Mars », quatre mots tirés d'un court texte nommé « Chantons sous la Rage », et dont je ne me souviens plus très bien de l'histoire. De ce second cahier de brouillon furent retenus quelques unes des grandes idées d'un texte appelé « Au Cœur des Ténèbres » (ces idées sont reprises dans « Zones d'Ombres »).
- « L'Aube du Crépuscule », nouvelle qui plus tard inspira « Le Huitième Jour ». De ce dernier cahier ne fut rien gardé concrètement.

Ainsi en honneur à mes débuts, j'ai intitulé mes parties selon les noms de ces petits cahiers de brouillon.
Après tout, « pour construire son avenir, il faut assumer son passé », alors, que voulez-vous, j'assume.
Modifié le 29/12/2007 à 22h30 par Anahkiasen

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Anahkiasen# Posté le 05/01/2008 à 03h12 - Citer
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J'ai fait quelques petites images pour illustrer certaines nouvelles. À terme cela remplacera peut-être les vignettes actuelles qui pour certaines, sont très bâclées.

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J'ai remanié quelques passages de la préface, de « Théâtre Nocturne » et de « Les Fleurs d'Avril ». Étant donné que des passages de ces textes étaient cités ici, je les ai remplacés par des liens vers lesdites nouvelles. C'est toujours quelque chose d'intéressant de repasser derrière soi-même, de surcroît sur un texte qu'au bout d'une énième relecture on a auto-proclamé « parfait ». Pas au sens esthétique ou stylistique du terme, mais plutôt une frontière au-delà de laquelle aucune grosse erreur ne semble transparaître du texte.
Et pourtant, quelques mois plus tard, en relisant ce texte, je retrouve de nouvelles choses à changer. M'est d'avis que c'est une histoire de recul — à trop s'enfoncer dans son texte, on en arrive à se fixer nous-même des œillères. Un constat qui ne fait qu'amplifier la tâche déjà ample, que constitue ce recueil.

Pour éviter de trop m'éparpiller (et dieu sait que c'est un de mes défauts) je me suis fixé comme barrière de ne pas travailler sur une autre nouvelle que celle en cours. Et pour définir quelle serait la nouvelle en cours, j'ai décidé de suivre mon propre sommaire, qui par ailleurs fut un brin remanié. Juste quelques titres changés, et une nouvelle qui fut remplacée par une autre.
De fait, suivant mon propre chemin tracé, je me suis attaqué à « À l'Ombre ; d'un Chêne ». Cette nouvelle traite, d'une manière peu commune, du thème de la mort. Ou devrais-je dire, de la manière de l'aborder dans la vie de tous les jours. Il n'est pas ici question de tueur ou de meurtre, pas de suspens ou d'angoisse, aucune goutte de sang n'est versée et le seul décès du texte n'est que évoqué. Le thème central est la manière dont la mort survient dans nos vies. Chaque jour nous voyons des gens mourir à la télé, ou même devant nos yeux dans la rue, mais seuls peu de gens se sont déjà questionnés sur l'hypothèse de la mort d'un de leur proche. Les conséquences que cela entraîne, et surtout, l'impact que cela a sur notre propre personne.
N'ayant pas connu la mort d'un proche pour ma part (ou alors il y a très longtemps), je me suis appuyé sur la très célèbre thèse de Kübler-Ross, par ailleurs très médiatisée et pris pour base dans des séries, des films, etc. L'idée intéressante, est que cette thèse censée s'appliquer à la personne qui va mourir, se propage parfois à l'entourage de cette même personne.
Introduction à la nouvelle a dit :Malgré ce que l'on puisse en dire, on tente tous bon gré mal gré de se préparer aux coups durs que le destin tisse à notre égard. Mais quoi qu'il arrive, l'un de nous prendra inéluctablement à la gorge tôt ou tard et s'ensuivra une lente chute vers cet apex ultime de la souffrance. Dans son livre « Les derniers instants de la vie », Elisabeth Kübler-Ross découpait savamment cette descente aux enfers, en ces cinq stades.
Le déni.
La fureur
Le marchandage
La dépression.
L'acceptation.

La mort.

J'ai beaucoup hésité avant de réellement délimiter la nouvelle. Ce n'est que par la suite, en réfléchissant à quelle serait ma réaction si un membre de ma famille venait à mourir, que j'ai compris que la manière la plus authentique de retranscrire la chose serait de prendre pour cadre des lieux et situations connues. J'ai toujours été assez frileux sur les aspects autobiographiques dans un texte, et même si j'ai très souvent introduit des morceaux de moi dans mes nouvelles, ça n'avait jamais été de manière aussi ample. Les décors, les personnages, les situations ; c'est un exercice très complexe que celui de se mettre soi-même en scène. D'autant plus pour moi qui, d'habitude, rattache si peu mes histoires au monde réel. Dans aucun de mes textes n'est défini de cadre spatio-temporel.

Enfin bref, je travaillais sur ça ce soir, et étant donné que ce topic sert aussi à faire part de mon avancement, j'ai trouvé intéressant de partager ça. Bien sûr, le texte qui suit n'est pas fini, et demain il sera peut-être déjà obsolète, mais qui sait. Si quelqu'un trouve quelque chose à y redire, ça sera peut-être intéressant. Un regard extérieur quand on est très pris dans sa nouvelle, c'est très bénéfique.

Le passage cité est très long, et parfois brouillon (c'est plus ou moins un premier jet, je n'ai pas encore trop recorrigé la chose). Les parties présentées sont l'introduction, le déni, et le début de la colère. C'est une nouvelle qui va sans doute paraître très sombre en l'état actuelle des choses, d'autant plus par l'omniprésence du fameux cimetière (d'où mon choix pour l'image ci-dessus). Cependant, il est à comprendre que c'est une nouvelle qui finit bien, et que tout ce chamboulement apporté par l'annonce de la triste nouvelle, servira en quelque sorte à réordonner la vie chaotique du personnage principal. Je ne promets pas que la dernière phrase sera « Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants », mais, enfin, ça finit bien quoi.
Notez que, lors de l'interview, j'avais parlé de « À l'Ombre ; d'un Chêne » comme une nouvelle très joyeuse. Fort mal m'en a pris, puisqu'en réalité je me suis honteusement emmêlé dans le nom de mes nouvelles. Ne vous attendez donc pas à quelque chose de déraisonnablement joyeux et humoristique, la nouvelle dont je parlais lors de l'interview était « Un Arbre et un Jardin ».
Le passage qui suit sera bien sûr supprimé une fois la nouvelle finie et publiée.
Mes excuses pour la mise en page massacrée par le forum, alinéas et autres tabulations n'étant pas présentes, ça sera peut-être parfois peu agréable à lire.

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[X]

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Il y a sans doute des fautes, d'indénombrables choses à raturer et réécrire, mais j'en ai fini pour ce soir. Je verrai ça à tête reposée demain, entre deux révisions du fameux oral d'italien.

Bon début de matinée à tous ; dans de prochaines aventures je viendrai, en théorie, montrer un peu à quoi ressemblent les fameuses « Annotations diverses » qui apparaissent par quatre fois dans le sommaire.
Sur ce. :)
Modifié le 03/02/2008 à 11h07 par Anahkiasen

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