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Dernière histoire publiée : « NikephorosCatégorie : Histoires originales
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Quand les loups garous débarquent sur L'Encrier...

Par Nini avant-hier à 15h19. — Communauté

... la nuit prochaine promet d'être longue, très longue. Le soleil risque de tourner au rouge, à cause de tout le sang qui a coulé la nuit. Mais qui donc est-ce loup garou qui hante le site ?

Pour pallier la vague de tristesse qui s'est emparée de L'Encrier suite à la perte du très cher Portap', nous avons décidé d'adapter le célèbre jeu de carte, Les Loups Garous de Thiercelieux, au forum du site.


Déroulement de la partie
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Avant de me lancer dans des explications qui risquent d'être tordues, je vous propose, surtout à ceux qui ne connaissent pas ce jeu, de vous renseigner sur les règles (elles ne sont ni compliquées, ni longues).

Une petite explication vite fait pour ceux qui aurait encore un peu de mal à comprendre. Il y a deux grands groupes de personnages : les loups garous et les villageois. Le but des loups garous est de tuer les villageois et de ne pas se faire repérer quant aux villageois, ils doivent tuer les loups garous et rester en vie. Si le nombre de joueurs est suffisant, on peut ajouter des cartes spéciales telles que la sorcière qui peut empoisonner ou ressusciter des villageois, la voyante qui peut espionner les joueurs afin de connaître leur véritable nature, etc.

Nous allons, maintenant, pouvoir passer aux choses un peu plus intéressante. Ceux qui y ont déjà joué en vrai se demandent peut-être comment nous allons organiser un tel truc, mais en fait ce n'est pas si compliqué, il suffit d'être systématique et organisé.

La place du village qui accueillera les différents débats sera tout simplement un forum où tout le monde aura accès. Chaque joueur se verra attribué une carte par le maître du jeu via un MP. L'antre des loups garous sera une discussion privée (MP) regroupant toutes les bêtes et le maître du jeu. Les personnages spéciaux communiqueront leur action au maître du jeu via un MP. Ensuite lorsque le soleil pointera son nez à l'horizon, le maître du jeu viendra raconter la nuit sur la place du village, il annoncera les éventuels décès et les différentes actions actions réalisées par la sorcière. Ensuite, les joueurs discuteront sur la place du village afin de démasquer les loups garous qui se cachent parmi eux et voteront pour éliminer un joueur. Pour finir le tour, la nuit tombe, les loups garous choisissent une victime, et ainsi de suite...


Informations utiles
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C'est bien beau tout ça, mais vous ne savez toujours pas comment participer à ce jeu. Rien de plus simple, il vous suffit de m'envoyer un MP avec comme titre : [Loups garous] Votre pseudo, pas besoin de rédiger un roman, dites simplement que vous voulez participer au jeu. Vous avez jusqu'à dimanche minuit pour m'envoyer votre message de participation sans quoi vous ne serez pas dans la liste des participants. Je vous demande cela pour savoir combien de joueurs on aura ainsi on pourra s'arranger au niveau des personnages spéciaux, etc.

La partie en elle-même devrait débuter mercredi prochain aux alentours de 20h. N'oubliez pas que le jeu se déroule sur le forum et s'étalera donc sur plusieurs jours. Ce serait dommage de ne pas être là pour le début du jeu (histoire que la partie soit lancée), mais si vous ne savez pas être là ce n'est pas grave !

Je ne vais pas détailler les règles du jeu dans cette news, sinon elle risque d'être un peu trop longue. Je posterai plutôt un message sur le forum pour que tout soit bien clair afin que la partie se déroule au mieux !

Je n'ai plus qu'une chose à dire : n'hésitez pas à participer, plus on est de fous plus on rit ! :)

Modifié avant-hier à 15h03 par Csame

22 commentaires

Les statistiques de l'année écoulée

Par Csame le 06/01/2009 à 18h09. — L'Encrier

Bonjour à tous,

Nous sommes encore au début de l'année 2009, il me paraît donc encore pertinent de se pencher sur l'année écoulée, et de voir le chemin parcouru, de faire le point. Surtout que nous venons d'atteindre sans complexe le nombre canonique de 700 inscriptions validées ! À l'heure où je vous parle, nous avons d'ailleurs dépassé même ce nombre honorable. Mes félicitations vont donc à lair1951, fier sept-centième membre de l'Encrier. Il est à noter que si nous devions compter les inscriptions non validées, nous aurions d'ores et déjà largement dépassé les 800 inscriptions.

Statistiques générales

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Le graphique à gauche ne se lit pas sans quelques explications. Il s'agit d'un graphique comparatif. En bleu, vous pouvez voir la progression des visites pour l'année écoulée, c'est à dire du premier janvier 2008 au 31 décembre 2008, et en vert cette même progression, mais pour l'année 2007. La première observation — qui est flagrante —, c'est que par rapport à l'année précédente, les chiffres sont largement plus avantageux. On parle même d'une augmentation de de 214.52 %. Ce chiffre très précis est bien entendu à tempérer puisque le site a seulement ouvert ses portes à partir de mai 2007, et n'a donc pas profité des premiers mois de cette année.

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Si nous observons le même graphique, mais depuis mai 2007 jusqu'à maintenant soit sur toute la vie de l'Encrier, la progression est encore plus flagrante, même si elle est surtout prononcée à partir de novembre décembre 2007, pour être plus discrète ensuite.

On voit encore très clairement sur les deux graphiques les apparitions de l'Encrier sur la page d'accueil du Site du Zér0, manifestées par les deux pics que vous pouvez observer, le premier en juillet 2007, et le second en janvier 2008.

Considérations géographiques

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Comme vous le voyez, tout au long de l'année écoulée, la France est arrivée largement en tête en terme de visites. Totalisant un peu moins de trois-quarts des visites, elle est suivie — mais de très loin — par la Belgique, puis le Canada et la Suisse. À eux seuls, ces quatre pays totalisent près de 95 % des visites.

Un grand nombre de pays forment les cinq pour-cent restants, le Maroc, le Koweït, les États-Unis, l'Allemagne, l'Algérie, la Réunion, etc. En tout, notre système de statistique a comptabilisé 121,279 visites venues de 126 pays ou territoires pour l'année écoulée.

Malgré la grande diversité de provenance des membres de la communauté, il est difficile de ne pas constater que l'écrasante majorité de ces derniers provient d'un pays ou le français est une langue au moins officielle.

Qui sont-ils ?

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Navigateur

Traditionnellement, les visiteurs de l'Encrier ont toujours favorisé l'utilisation de Firefox comme navigateur. Il remporte la majorité absolue. Néanmoins, en 2007, les utilisateurs de Firefox étaient caractérisés par une grande diversité dans les versions de leurs navigateurs. Ceci est expliqué en grande partie par la fréquence rapide des mises à jour du navigateur de la fondation Mozilla.

En ce qui concerne Internet Explorer, sa version 7.0 commence enfin à prendre le pas sur la précédente. On dénombre toutefois encore plus de 35 % des utilisateurs du navigateur de la société Microsoft qui en sont restés à la version 6.0.

Suivent Safari, Opera et... Chrome, le nouveau venu, navigateur développé par Google. Il est à noter que si Chrome n'a remporté que 0.54 % des parts en 2008, c'est aussi parce qu'il est sorti très récemment. Il sera intéressant de comparer ces parts fin 2009.

Systèmes d'exploitations

Si les encreurs semblent convaincus par le navigateur libre Firefox, ils semblent l'être moins par les systèmes d'exploitations libres. C'est en effet encore et toujours Windows qui domine largement les systèmes d'exploitation sur l'Encrier, avec un peu moins de 93 % de la communauté. Pour l'année 2008, XP est resté très majoritaire par rapport à Vista, puisque les premiers forment encore 73 % des utilisateurs de l'OS de Microsoft.

Suivent Macintosh et Linux, mais aucun ne parvient à dépasser la barre des 5 %. Par ailleurs, il amusant de constater que certains membres s'amusent désormais à afficher l'Encrier sur les nouveaux venus que sont les Nintendo Wii et autres Ipod et Iphone.

D'où viennent-ils ?

Autre grande question existentielle de Gauguin. Même si je ne pourrais pas vous donner un chiffre exact, il me semble clair que la plupart des visiteurs de l'Encrier y parvient en tapant directement www.encrier.org (ou variante) dans son navigateur. Néanmoins, il existe aussi pas mal de sites qui font — volontairement ou non — de la publicité à l'Encrier en y ajoutant des liens référents.

Sur le podium viennent le Site du Zér0, Wikipedia et Fanfiction.net. Ce dernier site dont nous ne disons pourtant pas toujours nécessairement le plus grand bien nous a pourtant apporté plus de 1400 visites durant l'année écoulée, provenant majoritairement des pages personnelles d'Alixe et de Miss Teigne, merci à elles !

Les moteurs de recherche nous ont également apporté pas mal de visiteurs, avec en premier lieu, et de tellement loin que j'hésite à citer les autres : Google. Les mots-clés les plus saisis pour parvenir à l'Encrier furent « encrier », « l'encrier », « encrier.org », « eragon tome 3 », « eragon 3 » et « les secrets d'hermione ». À la lecture des premiers mots-clés — qui représentent déjà la majorité des arrivées via un moteur de recherche —, on se rend compte que la plupart des utilisateurs savaient précisément ce qu'ils cherchaient pour parvenir sur l'Encrier, mais peut-être en avaient-ils oublié l'adresse. Des mots-clés plus amusants tels que « drago trompe hermione avec ginny » nous ont valu plus d'une soixantaine de visites l'année dernière

Comme quoi, les statistiques, c'est parfois amusant, aussi :)

Modifié hier à 12h13 par Csame

10 commentaires

Un vieil ami s'est éteint.

Par Csame le 05/01/2009 à 11h40. — L'Encrier

Ce matin blanchi par la neige sera noirci par le deuil.

J'ai en effet le grand regret de vous annoncer que Portap', mon ordinateur Dell Inspiron 6400, s'est éteint ce matin après deux ans et quelques mois de bons et loyaux services.

Je tiens particulièrement à remercier mes collègues de Macq Électronique dont la compétence et la ténacité ont permis que son héritage de données ne soit pas perdu à jamais.

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Ô, toi, portap', roi parmi les Dell,
Qui vit en tes entrailles naître et croître Encrier,
Qui fut seul compagnon de nombre de mes soirées,
Qui subit sans se plaindre un proprio peu soigneux,
Qui tant bien que mal sut me servir, mais au mieux,
Qui vit naître ou mourir tant et tant d'idées folles,
Témoin de mes ébats, de mes folies gasconnes,
Comme de subtils débats et d'idées pas trop connes,
Tu péris ce lundi enneigé de janvier,
Carte graphique désormais inutile et cramée,
Tu m'inspires à présent ce très bancal poème,
Qui revient sans nul doute à te dire que je t'aime.



IN MEMORIAM

Modifié le 05/01/2009 à 14h33 par Csame

19 commentaires

Prix du Jeune Écrivain Français : À vos plumes !

Par Shyguy le 04/01/2009 à 02h38. — Littérature

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Bonjour à tous ! Où plutôt, bonjour aux "jeunes écrivains français de 15 à 26 ans, nés entre le 3 février 1982 et le 29 Janvier 1994", car cet article vous concerne tout particulièrement.

Peut-être savez-vous déjà grâce aux affiches placardés un peu partout — et nulle part — dans les lycées français que s'organise, comme chaque année, le Prix du Jeune Écrivain.

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Pour résumer, le Ministère de la Culture et de la Communication récompense chaque année des jeunes écrivains de 15 à 26 ans, auteurs d'œuvres inédites en prose (nouvelles, contes, récits) de 5 à 20 pages, qui n'auront pas été présentées auparavant.

Hormis les anciens premiers prix, toutes les personnes remplissant ces conditions peuvent participer ! Une occasion rêvée de ressortir les pensées vagabondes de l'été dernier que vous auriez posées sur le papier.
De plus, et cela est assez rare pour être remarqué, vous pouvez envoyer 2 textes différents. Certains d'entre vous étant particulièrement hésitants dans ce genre de situation, croulants sous les petites œuvres, c'est une occasion... d'être édité aux Editions Buchet-Chastel d'ici Mars 2010 ! Les Prix consisteront également en lots de livres, stages...

Il vous reste moins d'un mois, puisque la date finale est fixée au trois février, cachet de la poste faisant foi. Peut-être un peu tard pour écrire deux œuvres inédites, mais après tout, pourquoi pas ? Et sinon, ressortez vos créations moins récentes ! Et surtout, écrivez à la rédaction pour témoigner, dans un futur article.

Plus d'informations ici... et la brochure là: toute l'info sur pjef.net !

Toujours dans le domaine des concours, je profite de cette occasion pour vous rappeler que se déroule actuellement le concours "Catégorie Roman" sur votre site préféré... allez jeter un œil !
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Modifié le 05/01/2009 à 15h59 par Csame

5 commentaires

Les 20 meilleurs livres de l'année 2008

Par Nini le 03/01/2009 à 16h43. — Littérature

Pour commencer, je voudrais vous présenter au nom de toute l'équipe mes meilleurs vœux pour cette année nouvelle !
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Avant de laisser définitivement l'an 2008 derrière nous, je vous propose de faire un peu plus connaissance avec les 20 meilleurs livres de l'année. Cette liste de livre est élaborée, comme chaque année, par le magazine Lire. Les "anciens" parmi vous se souviennent peut-être de la news du même genre réalisée l'année dernière.

Une petite explication pour les plus nouveaux d'entre vous : la sélection est effectué par la rédaction du magazine Lire, elle ne sélectionne pas vraiment les 20 meilleurs livres de l'année, mais plutôt le livre de l'année par catégorie (roman français, roman étranger, enquête, etc.). Assez parlé, passons au fameux classement :
  • Roman français : Les années de Annie Ernaux
  • Roman étranger : La montagne volante de Christoph Ransmayr
  • Polar : Brandebourg de Henry Porter
  • Coup de cœur de la rédaction : Les déferlantes de Claudie Gallay
  • Révélation française : Zone de Mathias Enard
  • BD : Le Petit Prince de Joann Sfar
  • Jeunesse : Les chroniques de Pont-aux-Rats, t. 1 Au bonheur des monstres texte et illustrations Alan Snow

Les deux grands gagnants sont : Yasmina Khadra avec Ce que le jour doit à la nuit (meilleur livre français de l'année) et Cormac McCarthy avec The road (La route) (meilleur livre étranger de l'année).


Avant de vous laisser, je vous propose un petit résume du grand gagnant, Ce que le jour doit à la nuit :
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Alors que Younes n'a que neuf ans, son père, paysan ruiné par un spéculateur autochtone, perd ses terres ancestrales. Accablé, l'homme doit se résoudre à confier son enfant à son frère, un pharmacien parfaitement intégré à la communauté pied-noir d'une petite ville de l'Oranais. Le sacrifice est immense. En abandonnant son fils, l'homme perd du même coup le respect de lui-même.
Mais les yeux bleus de Younes et son physique d'ange l'aident à se faire accepter par cette communauté aisée de province. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi de jeunes colons dont il devient l'inséparable camarade. Il découvre avec eux les joies de l'existence et partage leurs rêves d'adolescents privilégiés que ni la Seconde Guerre Mondiale ni les convulsions d'un nationalisme arabe en pleine expansion ne perturbent. Jusqu'au jour où revient au village Emilie, une jeune fille splendide qui va devenir la vestale de nos jeunes gens. Naîtra ainsi une grande histoire d'amour qui mettra à rude épreuve la complicité fraternelle des quatre garçons, écartelés entre la loyauté, l'égoïsme et la rancune que la guerre d'Indépendance va aggraver.
La révolte algérienne sera, pour Younes-Jonas, sanglante et fratricide. Il refusera de laisser détruire l'amitié exceptionnelle qui l'unit à ces jeunes pieds-noirs ; il ne pourra tourner le dos à cet oncle et à cette tante qui lui ont offert une vie meilleure ; mais jamais il n'acceptera non plus de renoncer aux valeurs inculquées par son père : la fierté, la déférence envers ses ancêtres et les coutumes de son peuple, le respect absolu de la parole donnée, et, ce, quitte à mettre en péril l'amour déchirant qu'il a pour Emilie.


Pour voir l'intégralité du classement, rendez-vous ici. Malheureusement, je ne pourrais donner mon avis sur ce classement étant donné que je n'ai lu aucun des livres...

Comme vous le voyez, nous ne serons pas en manque de lecture pour cette nouvelle année ! :)

Modifié le 04/01/2009 à 02h26 par Csame

6 commentaires

[Inspiration] L'Atlantide dans la littérature à travers les siècles

Par Bryaxis le 02/01/2009 à 17h33. — Général

En tant que journaliste de l'Encrier je souhaites vous présenter une série de grands thèmes récurrents dans la production littéraire, afin de vous montrer comment une même thématique a été exploitée par de nombreux auteurs à différentes époques. Contrairement aux présentations des différents genres littéraires c'est donc à une découverte d'idées que je vous entraîne avec, pour première thématique, un sujet qui a traversé les siècles mais en prenant pour chaque époque un sens différent.

Lire la suite !
Introduction
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Qu'est-ce qui unit Solon, Socrate, Critias, Platon, Francis Bacon, Jules Vernes, Tolstoï, H.P. Lovecraft, J.R.R. Tolkien, Clive Cussler, Edgar P. Jacobs, Arthur Conan Doyle, Hugo Pratt, Henry Vernes et Indiana Jones, pour ne citer que quelques noms ? Qu'est-ce qui agite les esprits depuis 25 siècles, donnant naissance à des centaines d'œuvres littéraires, picturales ou cinématographiques ? Qu'est-ce qui hante la conscience de l'Occident depuis qu'un philosophe en a parlé dans un traité de morale et de philosophie politique ?

La réponse à ces questions est simple, il s'agit de l'Atlantide, cette terre mythique engloutie il y a des millénaires en raison de l'hybris ( terme grec que l'on traduira par "démesure" ou "orgueil" ) de ses habitants ainsi châtiée par les dieux de l'Olympe. Car l'hybris c'est la volonté de l'homme d'obtenir sur terre plus que la part qui lui a été allouée par les Dieux, c'est donc d'une certaine manière les défier, ce qui doit être châtié. Tantale, Minos, Atrée, et nombre d'autres sont maudits pour cette raison et souffriront tant de leur vivant que dans la mort, leur sort en Enfer étant souvent terrible. Dans la Théogonie d'Hésiode, les différentes races d'hommes (de bronze, de fer, etc.) qui se succèdent sont de même condamnées pour leur hybris, dans un cycle qui voit chaque race inférieure à celle qui la précède.

Cette Atlantide qui a engendré une impressionnante littérature doit sa prospérité à une ambiguïté présente depuis la première mention du mythe par Platon dans le Timée et le Critias, deux dialogues rédigés sans doute autour de la 108ème olympiade, l'an 352 avant notre ère. En effet depuis le début s'est posée la question de la réalité des faits décrits par Platon, et le fait que le texte s'interrompt brutalement au moment où Zeus s'apprête à détruire la cité a encore accrut la fascination que ce récit à eu sur les générations successives.

La présente série d'articles, issue des recherches menées pour un cours à l'université, cherchera à suivre la trace du mythe dans la culture occidentale des époques ultérieures, principalement dans la littérature : des utopies du 17ème siècle, en commençant par celle de Francis Bacon, aux dernières annonces de ( pseudo-) scientifiques concernant la localisation de l'île en passant par les romans et les jeux vidéo, nous verrons combien le mythe a été ré-utilisé, ré-interprété, re-créé même par certains au fil des siècles, nous penchant un peu plus en détail sur la période 1800-1939, extrêmement riche.

Mais l'Atlantide n'est pas la seule terre mythique engloutie par les flots : d'autres mythes comme celui d'Ys y ressemblent très fort, raison pour laquelle nous nous intéresserons également aux continents perdus de Mu et de Lémurie ainsi qu'à Avalon et Aise.

Il aurait pu être intéressant d'approfondir notre étude plus encore et de nous intéresser à des cités comme Sodome et Gomorrhe mais c'eût sans doute été aller trop loin pour le cadre limité du présent document d'autant que ces villes n'ont pas été englouties par les eaux comme le furent les exemples précédents.


Chapitre I : Au commencement était Platon
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L'Atlantide est « née au monde » vers 350 avant notre ère sous la plume de Platon, philosophe athénien dont les écris de cette période concernent avant tout la politique, l'activité de la Cité, lui qui connu dans sa jeunesse la guerre du Péloponnèse et dans sa vieillesse la guerre contre Philippe II de Macédoine. L'objectif de Platon dans ses dialogues intitulé Timée et Critias était de fournir le modèle de la cité idéale, afin de permettre son apparition dans le monde réel et surtout d'éviter la décadence d'Athènes. Pour ce faire il entreprit de décrire comment les Grecs ont pu, au fil des siècles, résister à de puissants ennemis dirigés par des souverains mythiques. C'est dans ce contexte qu'il mentionne le combat des Athéniens vivant près de 9000 ans avant Solon ( qui vécu vers 640 av. J.C.-558 av. J.C. ) contre une puissante nation composée des descendants d'Atlas, un fils de Poseïdon, guerre qui s'acheva lorsque la terre et les flots engloutirent l'armée athénienne et la ville de leurs ennemis. Ce récit, sur la véracité duquel insiste Platon, est raconté par Critias, l'un des 30 tyrans de la révolution oligarchique de 404 av. J.C., qui l'aurait lui même apprise par la tradition familiale, son arrière-arrière grand-père l'ayant reçue de Solon lors du retour d'Égypte de ce dernier qui venait de l'apprendre auprès d'un grand prêtre de Saïs, un des lieux les plus sacré de l'ancienne Égypte.

Platon reprend son récit de manière plus détaillée mais avec un certain nombre de contradictions dans un second ouvrage, le Critias, dans lequel il donne une série de détails sur la cité, son organisation politique, son architecture, le mode de vie de ses citoyens, et divers autres détails.

Dés l'Antiquité des doutes se sont élevés au sujet de la véracité du récit : Aristote, que certains décrivent comme jaloux de son maître, considère qu'il s'agit d'une affabulation de celui-ci. Mais Diodore de Sicile ( qui vit au premier siècle de notre ère ) reprends pour sa part une partie du récit.

D'autres auteurs antiques s'impliquent dans le débat : Pline l'ancien, Tertullien, Marcellinus et Proclus en font partie.

Au Moyen-Age on ne trouve pas de mentions de la ville engloutie. En revanche d'autres mythes se répandent qui y ressemblent de manière troublante. Le plus connu de ceux-ci est le mythe de la ville d'Ys : durant la période trouble qui suit le retrait de l'Empire Romain de Bretagne, un souverain local du nom de Gradlon vit dans une capitale protégée par de hautes digues et des écluses dont la il porte en permanence la seule clé. Il est le père d'une jeune fille jolie mais débauchée du nom de Dahut qui, séduite par le démon, vola la clé de son père et ouvrit les écluses en pleine tempête, provoquant la destruction de la ville tandis que son père était sauvé par St Guénolé ( dans d'autres version il est question de St Corentin ), lequel était son conseiller le plus proche : c'est aussi ici le triomphe de la foi qui est mit en exergue.

Ce mythe présente évidement de grandes différences avec celui de l'Atlantide, notamment l'apparition du christianisme, mais l'on ne peut s'empêcher d'être frappé par la ressemblance du prédicat de départ, à savoir le fait que le comportement impie d'une population entraîne la destruction de la ville par la noyade. Bien sur le mythe d'Ys reprend nombre d'éléments issus de la mythologie celtique et est recouvert d'un verni chrétien que ne porte pas le récit platonicien mais le message des deux textes est le même, une invitation à bien se conduire.

Le mythe d'Ys n'est pas le seul mythe breton à évoquer ainsi une cité disparue sous les flots : Aise, qui selon certains est une déformation du nom d'Ys, aurait subit un sort similaire même si le mythe est ici moins complet.

La caractéristique de ces textes est avant tout de rester dans le domaine du mythe éducatif et de l'élévation morale ( et même spirituelle avec l'apparition du christianisme ), la grande leçon étant qu'une vie de débauche et d'impiété entraîne un châtiment divin.

Ce n'est pas un thème rare et l'inondation est souvent utilisée par les dieux pour punir les hommes : de l'épopée de Guilgamesh à la version coranique du déluge biblique en passant par les mythes de Deucalion, fils de Prométée, ou encore celui de Philémon et Baucis que nous rapporte entre autre Ovide, nous voyons de nombreuses inondations purificatrice de l'espèce humaine. D'autres cultures ont également fait mention dans leurs mythes de déluges comme les Mayas dans le Popol Vuh, un ouvrage souvent appelé "la Bible des Mayas".

Chapitre II : La lumineuse renaissance du mythe
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La Renaissance voit apparaitre une nouvelle interprétation du mythe de l'Atlantide sous la plume de Francis Bacon qui rédige en 1627 sa célèbre utopie New Atlantis. Cette publication marque un véritable tournant dans la production littéraire sur l'Atlantide car pour la première fois un auteur se sert directement et clairement de l'Atlantide pour créer quelque chose de nouveau. Cet ouvrage est aussi l'une des premières utopies rédigées depuis la Cité de Dieu de Saint Augustin. En tant qu'utopie elle propose un projet de vie fondé sur la recherche scientifique. La communauté fictive de Bensalem est entièrement tournée vers le progrès scientifique qui garantit le salut de l'âme.

C'est évidement une toute nouvelle symbolique pour la ville qui cesse ainsi d'être la cité du pêché pour devenir celle du salut, d'abord celle du salut de ses habitants puis celui du monde entier lorsque les grands prêtres de cette technocratie théocratique autorisent les Européens qui y ont échoué à repartir vers leur monde afin d'y partager le savoir qu'ils ont acquis durant leur séjour.

A partir de ce moment le mythe de l'Atlantide va être relu de plusieurs manières selon deux orientations : la première consiste en une lecture (pseudo-)scientifique du mythe, dans le cadre de laquelle on essaye de rattacher la ville disparue au monde historique et géographique tandis que la seconde, surtout surtout un phénomène du XIXème siècle, est faite de récits littéraires, le plus souvent en prose et n'étant pas forcément de nature romanesque.

Les auteurs de la Renaissance et de l'époque moderne se divisaient principalement en deux groupes selon qu'ils considéraient l'existence de l'Atlantide possible ou non. Ceux qui en réfutaient l'existence le faisaient généralement sur une base théorique, pour ne pas dire théologique, relayant en cela la position de l'Eglise, toujours réticente pour ne pas dire hostile face à la mythologie païenne. Pour certains il s'agissait au mieux d'une mauvaise interprétation du texte biblique, Platon étant souvent considéré comme l'interprète grec du dogme chrétien comme on le constate dans les œuvres de Marsile Ficin, Jean de Serres, Eurenius et bien d'autres encore. A force de rechercher dans les textes de Platon des liens avec l'Ancien Testament certains iront jusqu'à déclarer que les Atlantes ne sont autres que les Hébreux et l'Atlantide, terre perdue, était la Palestine.

Tous ces débats sur un peuple disparu n'apparaissant pas dans la Bible doivent être remis dans le contexte plus général des débats sur l'existence de peuplades inconnues sur les terres nouvelles des Amérique. L'Atlantide devient alors le pont par lequel les populations européennes ( donc liées au monde catalogué par la Bible ) avaient pu coloniser l'Amérique et le message de Dieu se propager sur ces terres lointaines avant que ne disparaisse ce pont. Évidemment cette explication rationnelle pour les auteurs de l'époque était avant tout un moyen de se rassurer et de conforter les concepts ethnocentristes européens comme l'explique C. Foucrier dans son ouvrage Le mythe littéraire de l'Atlantide (1800-1939) (sans doute la meilleure analyse de la destinée littéraire de l'Atlantide publiée en français).

Cette idée d'un continent pont entre les Amérique et l'Europe et moyen de diffusion de l'espèce humaine et des idées sera reprise plus tard par les naturalistes du XIXème pour inventer le continent de Lémurie, seul moyen pour eux d'expliquer la diffusion de nombreuses espèces des deux côtés du Pacifique à une époque où l'idée de dérive des continents n'existait pas encore.

A l'époque des Lumières le mythe continue de passionner les auteurs qui débattent du rôle exact de l'Atlantide dans la naissance de la civilisation. Si Gamboa considérait en 1572 que Atlas, fondateur de l'Atlantide, était le fils du Japhet biblique ( en raison d'une homonymie avec le titan Japet de la mythologie grecque, père d'Atlas dans la Théogonie d'Hésiode ) et que l'Amérique était la partie immergée de l'ancien empire disparu, les auteurs du XVIIIème comme Gian Rinaldo Carli considéreront eux que les lois des Indiens étaient les meilleures et que ce furent les Indiens qui vinrent coloniser l'Europe et la civiliser en des temps anciens, une hypothèse d'ailleurs assez risquée à cette époque où l'Eglise restait très puissante...

C'est donc du XVIIIème siècle que date l'idée que les Atlantes auraient été des êtres supérieurement cultivés dominant tant dans le domaine de la technique que dans celui de de la morale ou celui des choses intellectuelles en général. Des barbares Atlantes venus envahir l'Europe on était passé à une civilisation brillante et pacifique, de bons sauvages qui auraient régressé au fil du temps et des catastrophes naturelles. Exit donc l'hybris du mythe platonicien, fini le châtiment divin, place à un univers très rousseauiste, très conforme à l'ère du temps. L'Atlantide est ici une ville où l'auteur trouve ce qu'il cherche, un lieu où il est assuré de trouver l'objectif de sa quête morale et l'exemple à donner à ses lecteurs.

Dés 1679 on trouve les prémices de ce mouvement dans Atlantica de Olof Rudbeck, dans laquelle l'auteur suédois se servait des mythes scandinaves pour relire le mythe de Platon et faire d'une Atlantide re-localisée en Suède la mère de toutes les civilisations, procurant aux Goths qui habitaient ces régions dans l'Antiquité de prestigieux ancêtres et ce à un moment où l'empire suédois commençait déjà à décliner et cherchait à se rassurer dans l'exaltation du sentiment national. C'est là la première des utilisations du mythe de l'Atlantide à des fins nationalistes, qui culminera sous le régime nazi.

C'est ici, au seuil du XIXème siècle, grand siècle de la fortune littéraire de l'Atlantide, que s'achève ce premier article qui je l'espère vous aura déjà montré que derrière le vieux mythe antique se cachent différentes récupérations, différents centres d'intérêts qui tous relèvent des préoccupations du temps des différents auteurs.

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En savoir plus :

Platon Timée
Platon Critias
C. Foucrier Le mythe littéraire de l'Atlantide (1800-1939)

Modifié le 04/01/2009 à 02h16 par Csame

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L'Encrier dégelé 2008 : récit d'une rencontre parisienne

Par Bryaxis le 30/12/2008 à 19h32. — général

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C'est fait, l'Encrier a tenu sa troisième rencontre, la deuxième de l'année après celle qui se tint au cimetière du Père Lachaise l'été dernier.

Pour cette réunion baptisée "L'Encrier dégelé" ce fut un autre haut lieu littéraire français qui fut choisi par les membres pour se retrouver. C'est en effet sur l'île de la Cité, au cœur du Paris historique, au pied de l'imposante statue de Charlemagne trônant sur le parvis de cette cathédrale Notre Dame si brillamment chantée par Victor Hugo, que s'étaient donné rendez vous les membres.

L'alarme de mon réveil résonna pour la première fois à 6h15, la mélodie aux tonalités orientales me tirant de mon trop léger sommeil. Cinq minutes plus tard c'était la version remixée par U96 de la bande son originale du film Das Boot qui m'invitait à quitter ma couche, un appel bientôt renouvelé par ma mère. L'objectif était en effet le train de 7h10 devant me conduire à la gare du midi où je devais prendre le Thalys de 8h15.

Évidemment cela ne se déroula pas comme prévu : les problèmes d'eau chaude de ma chaudière et la nécessité de vérifier sur mon ordinateur que tout n'était pas annulé à la dernière minute firent que je ratais mon train, repoussant l'heure de mon départ à 7h43. Descendu de chez moi avec quelques minutes d'avance, je patientait dans la froideur matinale sur les quais pas encore illuminés de la gare de Schaerbeek, le soleil ne s'étant pas encore levé et la SNCB faisant des économies...

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C'est à 9h30 que j'arrivais en gare de Paris Nord, mon livre "Guide de l'Antiquité imaginaire" entamé au début du trajet déjà lu au tiers. Descendant du fier Thalys vermeil qui m'avait amené dans la cité lumière, je m'enfonçais au cœur de la terre pour gagner la ligne de métro numéro 4, destination "Cité". Ayant près d'une demi-heure d'avance, je profitais du soleil radieux pour faire le tour de l'île, prenant au passages quelques photos. Quel dommage que le marché aux fleurs ait été fermé !

Finalement je me retrouvais sur le parvis de Notre Dame, où je prenais encore une série de photographies de la façade et de la statue de Charlemagne. C'est alors que je photographiais cette dernière qu'un drôle d'individu défiant de ses pieds nus dans ses sandales le froid ambiant m'aborda, un grand sourire sur le visage. "Laurent Jerry ?" demandais-je, hésitant. Après tout il ne ressemblait pas à une marmotte notre cher administrateur. "Oui, c'est bien moi" me répondit-il. Je m'inclinais alors avant de lui serrer la main, tout en me présentant : "Bryaxis, enchanté". Nous étions deux, la glace hivernale avait commencé à fondre !

Attendant quelques minutes en discutant de choses diverses, nous regardions autour de nous en quête d'une demoiselle aux lunettes aussi violettes que son écharpe. Laurent m'indiqua qu'il avait déjà essayé de l'apercevoir Gare de l'Est, mais sans succès. Ne voyant pas la belle arriver, il se proposa de se rendre à la station "Cité" afin d'y rechercher la pauvre égarée, qu'il ne parvenait pas à joindre sur son téléphone.
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J'acceptais et patientait quelques minutes en me replongeant dans mon livre : je m'étais bien décrit sur le forum, j'étais donc identifiable par tout membre de l'Encrier, il était donc bien que je reste ainsi au pied de la statue. Une première jeune fille m'approcha. Ce n'était pas celle que j'attendais mais une mendiante roumaine qui m'insulta copieusement quand je refusais de lui donner une pièce. Une seconde apparu dans mon champs de vision, écharpe mauve au cou mais sans lunettes. Etait-ce elle ? Et bien oui, c'était effectivement Ennola qui avait réussi à trouver le lieu de rendez vous sans trop se perdre mais sans voir Laurent !

Heureusement ce dernier revint rapidement, nous laissant à peine le temps de nous présenter. On fit rapidement le tour de nos mémoires et conclurent qu'à priori personne d'autre ne devait nous rejoindre en ce lieu, aussi avons nous discuté de ce que nous allions faire. Que font en effet une marmotte, une jeune fille en fleur et un sombre individu barbu par une belle journée de décembre ? Que font un ingénieur, une linguiste et un historien lorsqu'ils se retrouvent à Paris ?

Et bien ils commencent par visiter Notre Dame, qu'Ennola ne connaissait que par le dessin animé du Bossu de Notre Dame ! Malgré la foule, nos trois téméraires plumes s'engouffrèrent donc dans l'édifice millénaire et firent le tour du propriétaire, admirant notamment les célèbres rosaces.

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De là les trois compères entamèrent une longue marche ( qui n'eut heureusement rien à voir avec celle de Mao ! ) qui les entraîna d'abord sur l'île de la Cité, puis sur l'île St Louis avant que Laurent ne les conduise dans le quartier des Thermes de Cluny et de la Sorbonne, après quoi ils se perdirent dans un dédale de petites rues autour de St Germain les Prés.

Mais déjà sonnait l'heure du repas, prit dans un petit restaurant connu du local de l'étape, repas honnête même si la cuisson de sa viande ne fut pas tout à fait au goût de la Dame. Durant toute cette promenade et ce repas ce ne furent qu'allusions littéraires, plaisanteries, jeux de mots, explications et anecdotes historiques ( l'auteur de ces lignes ne doute pas que ses augustes compagnons se souviennent encore de celle relative aux figues de Carthage ).

Cette matinée fut aussi l'occasion de découvrir que Laurent, outre le fait qu'il porte des sandales sans chaussettes alors que la température est inférieure à zéro et qu'il aime Proust, est aussi un lecteur de philosophes ( comme en témoignait l'énorme volume de Lévinas présent dans son sac à dos ) et que Ennola, contrairement aux apparences, est capable de passer devant une librairie sans la dévaliser !

Le repas achevé, nos trois compères reprirent la route, mettant le cap sur le Louvre. En chemin ils passèrent par le pré aux carmes, bien connu des lecteurs de Dumas qui se souviennent que ce lieux est celui que privilégient les Mousquetaires du Roi lorsqu'il est nécessaire de régler quelque question d'honneur. Laurent, qui tient à perpétuer la tradition de joutes des lieux, nous déclama à cet instant la dernière poésie avec laquelle il triompha d'un de ses amis lors d'un duel de vers qu'il y soutint il y a quelques semaines.
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Poursuivant leur route, les trois esthètes parvinrent dans les jardins des Tuileries, au pied de l'arc de triomphe du Carrousel. Là sonna le téléphone de Laurent. C'était Alixe, autre membre bien connue de la communauté de l'Encrier, qui annonçait être enfin libre et nous demandait où nous étions ! Rendez vous fut fixé pour 16h30, le temps pour nos intrépides marcheurs de parcourir les allées des jardins, affrontant au passages les trombes de poussière soulevées par un vent des plus frais et vigoureux.

Revenu au point de rendez vous à l'heure dite, nous n'eûmes presque pas à attendre avant qu'un petit chaperon noir n'apparaisse devant nous et ne nous dévoile son visage pétillant de vitalité : c'était Alixe qui, après avoir confié ses deux petites filles à son époux, venait rejoindre nos larrons ! Une fois les présentations faites, l'équipe reprit sa marche. Au programme de cette nouvelle promenade, la cour de la pyramide du Louvre, la Cour Carrée y attenant, les jardins du Palais Royal, où nos héros écoutèrent un chanteur entamer des extraits du difficile King Arthur de Purcell.
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Après avoir donné son obole à l'artiste méritant, les quatre fantastiques ( quoi la régie ? je m'emballe ? ), les quatre fantastiques disais-je donc, poursuivirent leur marche en direction de l'Opéra puis de la place Vendôme avant de regagner la rue de Rivoli où ils ne purent s'empêcher de rentrer chez W.H. Smith, la librairie anglophone. Sortant de là avec leurs achats respectifs ( seul Laurent s'en sortant sans dommages financiers ), ils décidèrent d'aller prendre un chocolat chaud chez Angelina. Un petit quart d'heure d'attente devant la devanture du célèbre Café leur mit l'eau à la bouche et les poussa à prendre un petit gâteau avec leur chocolat, seule Ennola résistant à ce petit plaisir. Là, les vaillants littérateurs furent rejoins par Marie, une amie d'Ennola, avec laquelle cette dernière devait bientôt partir. Alixe proposa alors à Laurent et à moi même de gagner son appartement pour y partager le repas de sa petite famille. Une proposition que nous acceptâmes immédiatement, embarquant dans le métro avec Marie et Ennola et nous séparant à Chatelet.

Descendant à la hauteur de la gare de Lyon, nous gagnâmes rapidement l'appartement d'Alixe ou son époux et ses deux adorables petites filles nous accueillirent. Il s'ensuivit près de deux heures de discussions diverses, passant de questions d'ingénierie ( que savez vous des poutres métalliques pré-perforées ? ) à des problèmes de logiciels d'aide à la rédaction ou de conservation de l'impressionnante bibliothèque de la maîtresse des lieux, le tout débattu autour d'un repas aussi simple que bon.

Mais déjà 21h sonnait à la pendule de l'appartement, l'heure pour moi de prendre congé de mes hôtes afin d'attraper le Thalys de 21h55. Le voyage se déroula sans soucis, et j'arrivais chez moi vers minuit, les jambes fatiguées mais heureux d'une excellente journée. Vivement la prochaine rencontre ( L'Encrier bourgeonne, au printemps ? )

Modifié le 31/12/2008 à 14h02 par Csame

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Petites étoiles !

Par Csame le 23/12/2008 à 17h14. — général

Évaluations

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Bonsoir à tous,

L'idée d'évaluer les textes de l'Encrier a toujours fait couler beaucoup d'encre sur les forums de l'Encrier (encore heureux, me direz-vous ) : certains arguaient avec sagesse que c'était la porte ouverte à l'arbitraire, aux basses vengeances, aux saccages gratuits — bref, à toutes sorte d'effets pervers, d'autres au contraire estimaient que cela aurait pu être une information pertinente pour sélectionner efficacement les meilleurs textes et pour communiquer sans détour à l'auteur les impressions après une lecture.

Sans doute n'était-il pas possible de donner raison à l'un ou l'autre camp.

En revanche, il était possible de trouver un consensus.

Et c'est JonathanMM qui, dans une laconique phrase eut l'illumination : une solution qui rendrait tout le monde heureux, une sorte de cadeau de Noël en avance, une épiphanie. L'idée était pourtant simple, mais elle n'était venue à l'esprit d'aucun de ses prédécesseurs : laisser à l'auteur le choix d'autoriser ou non les lecteurs à évaluer un texte.

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Bon, je sais, comme ça, ça fait beaucoup d'infinitifs qui se suivent, et ce n'est jamais bon, mais ça revient simplement à dire que l'auteur peut choisir d'activer l'évaluation, ou au contraire, s'il ne veut pas en entendre parler, de la laisser désactivée. Elle peut ainsi être activée ou désactivée à tous moments, donc on a également le droit de changer d'avis si on trouve que les lecteurs sont un peu trop sévères

Si vous voulez activer l'évaluation pour vos textes, il vous suffit de vous rendre dans l'écran de ce dernier et de cocher la petite case en face de « autoriser les lecteurs à évaluer mon texte », comme dans la capture d'écran ci-contre.

Et dans la catégorie RÀV...

  • ... n'oubliez pas le rendez-vous IRL de l'Encrier le 27 (voir news précédente)
  • ... joyeux Noël !


Modifié le 23/12/2008 à 20h13 par Csame

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L'Encrier dégelé : c'est ce week-end

Par Bryaxis le 22/12/2008 à 11h49. — général

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C'est ce samedi 27 décembre que tout l'Encrier, faisant fi des frimas hivernaux, se retrouvera à Paris sous la statue de Charlemagne, parvis Notre-Dame, à 10h30. Une journée de promenade, de visites, de débats littéraires, d'échanges de conseils d'auteurs, de « fun » « méga top délire » et « super de la mort qui tue » et... pardon, je m'emballe, mon petit frère a du hacker mon cerveau. Mais l'expérience de l'Encrier d'été montre que dans tous les cas ce sera une superbe rencontre qui s'annonce.

Au programme ? Une petite promenade sur l'île de la Cité, haut lieu de la création littéraire parisienne, à commencer par sa cathédrale Notre-Dame où nous honorerons bien sur Victor Hugo. Viendra ensuite l'heure du repas, un petit moment de repos pour le corps mais certainement pas pour nos cerveaux qui seront occupés par de riches débats. Baudelaire ou Rimbaud ? Satine ou Ennola ? Harry Potter ou Eragon ? Toutes ces questions, et bien d'autres encore, seront débattues (sans jamais être tranchées, bien sûr !).

Après le repas nous reprendrons notre promenade dans la Ville Lumière, achevant notre marche vers 18h du côté des Champs Elysée dressés dans leur festif habit de lumière. Là nous verrons pour manger un dernier repas ensemble puis rentreront chez nous, TGV, Thalys, Métro et RER devant nous emmener avec entrain.

Une demi-douzaine de membres sont déjà confirmés, pourquoi pas vous ? Faites nous signe sur le forum : après tout plus nous serons plus folle sera la fête, non ?

Modifié le 22/12/2008 à 11h48 par Csame

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[Genre] Le techno-thriller

Par Bryaxis le 19/12/2008 à 10h01. — général

Cet article est le premier d'une petite série consacrée à différents genres et sous-genres de la littérature contemporaine. Dans ces articles vous découvrirez des types de récits et des auteurs que vous ne connaissiez peut-être pas, remis dans leur contexte : infos chronologiques, principaux représentants du courant, caractéristiques principales du genre, etc.

Premier genre étudié dans cette série, le techno-thriller.

À l’origine le techno-thriller tel que conceptualisé par son fondateur, l’auteur américain Tom Clancy, était un récit de fiction géopolitique placé dans un avenir proche du moment de rédaction mettant en scène la technologie (souvent militaire, mais pas exclusivement) au même rang que les personnages. Parmi les premiers grands auteurs de cette catégorie on peut mentionner à côté du fondateur les auteurs Stephen Coonts, Dale Brown (dont les ouvrages passent progressivement à la science fiction ou à l'univers parallèle), et surtout Larry Bond.

Je vous propose de commencer par une brève présentation de la bibliographie de ces auteurs (ainsi que de celle de quelques autres auteurs plus récents) avant d’expliquer ce qui selon moi permet de définir un bon techno-thriller.

Tout a commencé en 1984 par un premier roman de Clancy intitulé A la poursuite d’Octobre Rouge, histoire dans laquelle un agent de la CIA découvrait que le commandant d’un super-sous-marin soviétique voulait passer à l’ouest. Simulant la réaction des flottes soviétiques et occidentales à l’aide du wargame Harpoonde Larry Bond, Clancy parvint à mettre un grand degré de réalisme dans ce roman publié par l’Académie Navale d’Annapolis. Se déroulant dans le cadre bien connu de la guerre froide, ce roman introduisait pour la première fois le personnage de Jack Ryan, conseiller à la CIA et professeur d’histoire navale à Annapolis.

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Progressivement cet univers qui appartenait alors plus au domaine du simple thriller s’enrichit pour devenir une véritable chronologie parallèle avec un certain nombre d’évènements historiques mais aussi un grand nombre d’autres qui ne l’étaient pas. Ainsi Sans aucun remords (1993) remonte jusque dans les années 70 et la guerre du Vietnam tandis que la chute de l’Union Soviétique se produit bien à sa date historique mais que la première guerre du Golfe Persique n’a pas lieu. En revanche les jeux de Sydney ont bien lieu dans cette ville à leur date historique.

Dans cet univers la situation au Proche Orient est pacifiée au cours des années 90 tandis que l’Orient connait trois guerres (guerre d’Iran, guerre du Japon, guerre de Sibérie) et que les USA subissent deux attaques terroristes traumatisantes (explosion nucléaire de Denver dans La somme de toutes les peurs publié en 1991, crash d’un 747 sur le Capitole le jour de l’investiture d’un nouveau vice-président dans Sur ordre, publié en 1994). Dans un des derniers ouvrages de Clancy appartenant à ce que l’on appelle couramment "la série des Ryan", on voit même le héros du livre impliqué dans l’attentat perpétré en 1981 contre Jean Paul II (Red Rabbit, publié en 2002).

À côté de cet univers construit en une dizaine de romans sur près de deux décennies il faut encore mentionner un roman particulier datant des débuts de la carrière de Clancy, en l’occurrence Tempête rouge publié par Clancy et Larry Bond en 1986. Dans ce roman impressionnant on assiste au déploiement de toute la furie des armées soviétiques lâchées contre l’occident et difficilement contenues par les forces de l’OTAN.

Là encore un point de divergence clairement identifié préside à la création de cet univers parallèle : un attentat d’extrémistes musulmans contre un complexe pétrolier russe provoque des dégâts massifs et menace l’Union Soviétique de pénurie de carburant, forçant l’URSS à attaquer dans le Moyen Orient pour mettre la main sur les installations et les ressources de ce secteur, ce qui implique préalablement d’immobiliser les forces de l’OTAN en Europe.

On aurait aimé voir rédigée une suite à ce récit pour connaitre le futur de cet univers, mais les auteurs en ont décidé autrement, Clancy reprenant le personnage de Jack Ryan et Larry Bond se lançant en solo pour une petite demi-douzaine de romans dont trois mettent en scène des univers radicalement différents puisque le premier, intitulé Red Phoenix (1989) met en scène l’attaque d’une Corée du Nord s’effondrant contre son prospère voisin du sud. Le second, Vortex (1991) se situe pour sa part dans le sud du continent africain dans le courant des années 80 lorsque les actions du gouvernement blanc d’Afrique du Sud provoquent une attaque des pays voisins soutenus par les forces cubaines. Le troisième roman de cet auteur que je souhaite aborder ici est Cauldron, dans lequel une union européenne agrandie à l’est et dominée par une France fasciste et une Allemagne ultra-libérale, se retrouve en situation de guerre ouverte avec la Pologne, intervenue en faveur des rebelles hongrois et tchèques soutenus activement par les USA, lesquels finissent par intervenir eux aussi dans le conflit.

Les principales caractéristiques des débuts de Larry Bond sont des contextes géopolitiques plus riches que la moyenne et qui débouchent toujours sur des conflits de grande envergure, généralement des guerres totales entre puissances régionales qui provoquent l’intervention de la puissance américaine, gendarme du monde capable de faire plier tous ses adversaires. Il est clair qu’un fort élément de patriotisme exacerbé sous-tend l’œuvre de Bond. Mais progressivement l’auteur devient plus pessimiste, notamment dans ses récits de 1997 et 1999 The ennemy within et The day of the wrath qui traitent du terrorisme (ici d’origine iranienne). Une série dérivée, rédigée en collaboration avec Jim Di Felice, est également parue durant les années 2000. Enfin, deux volumes sont parus plus récement qui mettent en scène des enjeux géopolitiques et écologiques, toujours dans un contexte militaire. On y note surtout une plus grande profondeur psychologique des personnages et une meilleure description des interactions entre individus, notamment des tensions qui parcourent l'équipage d'un sous-marins en opération dans les eaux ennemies.

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Troisième auteur majeur du techno thriller, Stephen Coonts. Pour lui tout commence en 1986 avec deux romans, Le vol de l’Intruder et Dernier vol : si le premier est une fiction très technique directement inspirée de l’expérience de l’auteur (pilote du bombardier basé sur porte-avion A-6 Intruder durant la guerre du Vietnam) et appartient plus au genre des récits de guerre classiques, le second est lui un techno-thriller. Mais la particularité de ces deux récits est de mettre en scène le même héros, le pilote de l’US Navy Jake Grafton, appelé à devenir le héros fétiche de Coonts pendant une dizaine de récits avant de devenir le personnage secondaire de trois autres romans (dont un devant sortir courant 2008). Cet univers, usuellement comparé avec celui de Clancy, est moins recherché sur le plan géopolitique, Coonts préférant l’action de ses personnages au contexte dans lequel ils évoluent. Les évènements y sont proches de ceux de notre univers, mais avec quelques différences majeures. Ainsi dans Cuba (1998) il met en scène l’invasion de l’île dans un contexte de menace NBC.

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Quatrième auteur représentant un autre courant du techno-thriller mais ayant tendance à entrer dans le domaine de la science fiction, Dale Brown a lui aussi créé un univers récurant mettant en scène le pilote Patrick Mc Lanahan et le centre de recherche avancée de Groom Lake (alias Zone 51) et ses appareils très avancés dans une série d’une vingtaine de romans commencée en 1986 et qui continue encore aujourd’hui. L’univers de Dale Brown, outre le fait qu’il met en place des technologies ou des systèmes n’existant pas (ainsi son B-52 modifié Megaforteresse, bombardier lourd convertit pour le rendre furtif (!) et équipé de missiles anti-avions, ou encore ses versions modifiées des F-15, F-18, B-1B, B-2, … ) ou n’ayant pas été déployés (avions à canon laser basés sur des projets abandonnés dans notre monde), est aussi un univers plus éloigné du notre que ceux de Clancy ou de Coonts et encore moins précis au niveau de ses points de divergence.


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Brown a par ailleurs rédigé le scénario du jeu Act of War (2005), devenu un livre éponyme et complété par une suite intitulée Edge of battle (2006). Mais dès Strike Force (2007) ce nouvel univers va fusionner avec l'univers Mc Lanahan, donnant d’ailleurs l’impression que les forces US ont créé deux univers technologiques différents, avec les prototypes de l’univers Mc Lanahan en avance sur leur temps et recréés, sous une forme différente, par les unités de recherche « conventionnelles » de l’armée, faisant de Nellis AFB – base de Mc Lanahan et site de la célèbre Zone 51 – une espèce de trou noir. Avec ses robots, ses canons laser et ses avions surarmés d'équipements que notre technologie ne peut créer, l'auteur s'est éloigné du genre du techno-thriller et est devenu un auteur de science-fiction située dans un avenir proche. Son univers manque parfois de cohérence géo-politiques et l'auteur semble parfois recréer des ennemis que l'on croyait disparus, marque peut-être d'un manque de renouvellement de son inspiration.

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On peut dire la même chose en encore plus caricatural des romans de Michael Di Mercurio, dont le premier est paru en 1996. Si les airs sont le domaine de Brown, le monde sous-marin est en revanche celui de Di Mercurio qui met en scène un commandant de sous-marins, le capitaine Pacino, qui commence sa carrière en affrontant des amiraux soviétiques rebelles n’acceptant pas la fin de l’URSS et finit par affronter des sous-marins robots hackés par des terroristes ou des sous-marins nucléaires japonais hyper-avancés. Autant dire que les exagérations tant géopolitiques que technologiques foisonnent dans ces livres malgré le fait que l’auteur ait effectivement été officier sous-marinier. Dans cet univers on assiste notamment une guerre civile en Chine qui conduit à l’indépendance de la Mandchourie, et à des conflits entre cette nouvelle nation et ses voisins. Le terrorisme est aussi très en vogue dans cet univers ou les torpilles nucléaires explosent comme l’audimat de la téléréalité : à force on y croit plus, notamment quand il est question d’ordinateurs partiellement commandés par des ordinateurs constitués de cellules nerveuses ou de capitaines ennemis ayant survécu à plusieurs naufrages de sous-marins.

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Dernier auteur que j’aborderais ici, Patrick Robinson présente une grande différence avec les autres : il est anglais là où les autres sont américains. Lui aussi est l’auteur d’un univers propre dont le point de divergence se trouve à la chute du Shah dans les années 70 mais dont les conséquences ne se font sentir que dans les années 90, après la première guerre du Golfe mais avant la seconde. Un espion iranien infiltré en Iraq parvient à devenir espion de Saddam Hussein en Israël et à entrer dans la marine, où il se révèle très vite être un commandant de sous-marins exceptionnel. Il causera bien des soucis à ses adversaires lors de plusieurs opérations secrètes menées à bord de sous-marins généralement volés. Face à lui se trouve avant tout un homme, l’amiral Morgan, qui occupera différents postes à Washington au fil des romans qui mettent en œuvre une géopolitique bien plus proche de la notre et peu de véritables guerres. La qualité des derniers romans laisse un peu à désirer ( le dernier roman de Robinson, Ghost Force, au sujet d’une seconde guerre des Malouines, est franchement exagéré ) mais les premiers mettaient en œuvre un univers complexe basé sur des faits réels ( livraison de sous-marins de classe Kilo à la Chine par exemple ).

On l’a donc vu le type “techno-thriller” tel qu’usuellement définit et représenté par les auteurs est avant tout un genre lié au conflit, à la guerre, qu’elle soit ouverte ou secrète. Les armes y jouent souvent un grand rôle, de même que l’information et l’espionnage. Autre caractéristique, la proximité temporelle (généralement le futur proche). Mais ce qui apparait souvent au cœur de ces récits c’est la technologie, sous la forme de prototypes ou de systèmes déployés de manière courante. Et c’est là un élément qui permet d’ouvrir le genre à certains ouvrages qui ne sont usuellement pas repris par les listes de techno thrillers alors qu’ils en ont les caractéristique. Un exemple parfait est le roman Jurassic Park de Micheal Crichton : dans ce roman, placé dans un futur proche du moment de rédaction, on assiste à une situation dans laquelle la technologie joue un rôle crucial (ressusciter des dinosaures) et est décrite en détails, tout comme le sont les systèmes d’armes dans les romans de Clancy ou de Di Mercurio.

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Le piège étant pour beaucoup de ces auteurs de tomber dans la science-fiction en souhaitant absolument proposer à leurs lecteurs de la nouveauté que le manque de profondeur de leur univers géopolitique ne leur permet pas de développer au travers de leur scénario. Notons que ce tour de table n'est pas complet et que je n'y ai notamment pas abordé la question du passage au cinéma (4 Clancy ont été portés au grand écran au fil des ans et certains films sont sortis durant la guerre froide avant même l'invention du genre, notamment le célèbre film Firefoxavec Clint Eastwood)
J’espère que ces quelques lignes vous auront donné l’envie d’en savoir plus sur ce genre littéraire, n’hésitez pas à laisser des commentaires ou des questions, je me ferais un plaisir d’y répondre.

QUELQUES AUTRES AUTEURS A DÉCOUVRIR :

J. Cobb : une série qui met en scène des conflits dans des régions oubliées du globe, mettant notamment en scène la menace de la piraterie en haute mer et ce dés 2001. Autre particularité, le héros de ces récits est… une femme !
Eric L. Harry : un autre des pères fondateurs avec son roman « Arc Light », traduit sous le titre 10 juin 1999 publié dés 1994
M. Reilly: c’est surtout l’action qui prime dans ces récits qui se dévorent en quelques heures et laissent sans souffle devant l’audace de l’auteur qui n’hésite pas à faire de ses héros de véritables surhommes…
G. Kent : C’est en 1998 que ce duo père et fils a commencé à rédiger les aventures d’Alan Craik, officier des services de renseignement de la marine US confronté à de nombreuses menaces allant de terroristes indiens aux espions chinois en passant par le crime organisé…

Modifié le 19/12/2008 à 09h58 par Csame

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