Confessions d'un tueur à gages
Chapitre 6 : Chapitre 6 : Mauvais joueur !
- Je me sens pas à l'aise dedans. J'ai l'impression d'être un pingouin. En plus, je suis trop serré au niveau de l'entrejambe. râle le gamin.
- C'est ce qu'il y avait de plus correct comme costume. C'était aussi l'un des plus coûteux alors cesse de râler.
- C'est juste que c'est désagréable. Et puis que je sois en caleçon ou en costume, au final il sera mort quand même.
- Ce serait pas déontologique.
- C'est sûr, en plus si vous recevez une inspection du travail, on risque de vous sucrer votre permis de tuer.
- Ne sois pas trop familier gamin.
J'ouvre la porte de l'entrepôt et le ferme à moitié, de manière à ce qu'il n'y ait que le Docteur Anderson qui soit éclairé. Celui-ci commence à s'agiter aussitôt.
- Au secours ! Deux hommes m'ont enlevés ! Aidez moi s'il vous plaît !
- Docteur Anderson ?
- Oh non, pas vous. Laissez-moi s'il vous plaît, je n'ai rien fait. Je vous donnerais de l'argent.
- Docteur Anderson, je suis venu pour vous tuer, on m'a engagé pour cela.
- Je vous offre le double ! Laissez moi en vie. Je suis sur le point d'aboutir dans mes recherches ! Je vais peut-être sauver des milliers de vie !
- Je disais donc que je vais vous tuer. J'aimerais que vous restiez calme afin que je vous explique tout en détail.
- S'il vous plaît, je vous en supplie...
- Mon client ne souhaite pas que vous connaissiez son nom, je vais donc respecter sa décision. Mais il vous offre un cadeau. Oui, c'est le cas de le dire.
- Ils veulent me tuer ! Je ne vois pas de cadeau dedans !
- Calme ! Je vais tout vous expliquer. Mon client à souscrit un contrat spécial. Un contrat « dernière chance ».
- C'est à dire ?
- Il vous offre une chance de survie. Voyez vous ce revolver contient cinq balles au lieu de six. Vous connaissez le principe de la roulette russe ?
- Non, je vous en supplie pas ça !
Je regarde le Docteur Anderson. Celui-ci est à présent livide. Il tire en vain sur ses liens.
- Non, je vais sauver des vies ! J'ai peut-être trouvé le vaccin miracle.
- Votre équipe prendra le relais.
- Non, ce n'est pas possible, j'ai caché mes travaux. Personne n'est au courant de leur avancée.
- Tant pis pour vous Docteur Anderson.
Je sors le revolver, ouvre le barillet devant le docteur. J'insère les cinq balles, fait tourner le barillet et le referme brusquement.
- Allez au Diable assassin !
- Vous savez Docteur, je crois qu'il y est déjà.
- Ne sois pas cynique gamin. T'as le temps avant de le devenir. Tu ne fais que commencer.
- Je pointe le revolver et le pose le canon sur le front du docteur. Celui-ci tremble. Je fait un rapide sourire et presse la gâchette. On entend un léger clac.
- Et bien, vous êtes un homme chanceux Docteur Anderson.
- Merci Mon Dieu. Merci. Oh merci.
Le docteur respire fortement et les larmes coulent sur ses joues.
- Il y a une chose que vous devez savoir aussi Docteur Anderson.
- Quoi donc ?
- Je suis mauvais perdant.
Le tir retentit. Le crane du docteur part en arrière. Un trait rouge sur le front front, la peau brûlé autour de celui-ci. Le sang commence à couler. Derrière, j'entends le gamin vomir.
- Attention à ton costume gamin !
- Vous avez triché !
- C'est moi qui fait les règles.
- Mais cet homme, il disait que son vaccin...
Un homme trouvera n'importe quoi à dire pour sauver sa peau si tu lui colle le canon froid d'une arme entre ses deux yeux.
- Il est mort... C'était un médecin.
- On appelle ça la fuite des cerveaux.
- Vous êtes cynique Khasar.
- Oui, je le suis.
- Je pense que je ne jouerais jamais avec vous.
- Il ne vaut mieux pas en effet.
- Cet homme, il avait gagné pourtant...
- Tu es sûr gamin que tu veux faire ce métier avec autant d'états d'âmes ? Si je te dis que le Docteur Anderson est un ancien docteur nazi. Qu'il y a environ soixante ans, quand c'était encore un jeune docteur, ses patients étaient des juifs dans les camps de concentration ! Tu le regardes comment à présent ? Je n'ai aucune honte à tuer ce genre de personne.
- Et s'il voulait changer.
- Gamin, quand tu as du sang sur les mains, il ne s'efface jamais ! Avant de tuer, tu y penseras...
- Vous me faîtes peur Khasar parfois.
- Moi aussi je me fais peur parfois...
Qu'est ce que ce gamin fait ici ? Jeune, presque innocent... Et il veut devenir tueur. Pourquoi ? Je commence à douter qu'il y parvienne. Et même qu'il survive en ayant autant de scrupules.
- Vous savez Docteur, Je regrette d'avoir entraîné ce gamin avec moi. C'est peut-être l'erreur de ma vie. Mais à cette époque, comment aurais-je pu imaginer ce qui allait se produire. Il y a des fois, vous avez envie d'oublier certains jours de votre passé. Moi, c'est ma vie entière que je voudrais oublier !
- Nous continuerons la séance demain voulez-vous. Il est déjà tard.
- Bien Docteur. Demain à 8 heures ?
- Comme d'habitude. Ça fera cinquante euros pour aujourd'hui.
- Vous en voulez pas que je vous tue quelqu'un Docteur ? Je suis plutôt à sec en ce moment.
- ...
- Je plaisantais Docteur. A demain.