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« Learn to crawl II : Le Livre du Voyage » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Learn to crawl II : Le Livre du Voyage », par Elizabeth Moonstone - - - > Chapitre 18 : « 18 : Feudeymon » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 29/09/2007 à 11h57 - Mise à jour : le 21/06/2008 à 10h04 - Commentaire(s) : 17 - Lecture(s) : 2767 - Chapitre(s) : 21 - Mots : 120315 - Complet : oui - AMR : 11 - Favorite de : 2 - Abonnés à l'histoire : 2 Publié : le 12/05/2008 à 18h22 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 40 - Mots : 4529

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Disclaimer : Harry Potter et tous les personnages et éléments en rapport avec Harry Potter sont des marques déposées de JKRowling et de la Warnerbros.

Si vous ne vous souvenez plus des précédentes aventures de Stanislas et Lucy, vous pouvez relire le chapitres 5 "Amitiés bien placées", le chapitre 10 "Une vie de princesse", le chapitre 13 "Les illusions perdues" et le chapitre 16 "Métamorphoses".


18 : Feudeymon

« Il vit tout d’abord son reflet, pâle et terrifié. Mais un instant plus tard, son reflet lui sourit. Il se vit alors mettre la main dans sa poche et en retirer la Pierre rouge-sang. Son reflet lui adressa un clin d’œil et remit la Pierre dans sa poche. Au même moment, Harry sentit quelque chose de lourd tomber dans sa vraie poche. Il ne savait pas comment, il n’arrivait pas à y croire, mais maintenant, c’était lui qui avait la Pierre ! »
Extrait du chapitre 17 de Harry Potter à l’école des sorciers, par JK Rowling

Deux ombres se faufilaient doucement dans les jardins du palais de Little-Paradise, éclairées par la lumière de leurs deux baguettes levées.« Oh. », fit soudain Lucy lorsqu’ils arrivèrent à l’entrée du labyrinthe.

« Quoi ? », lui demanda Stanislas en se tournant aussitôt vers elle.

La lueur de la baguette magique révélait son front moite sur lequel tombaient quelques mèches de ses cheveux noirs négligés.

« Rien, s’empressa t-elle de répondre. Il y a juste un bout de tissu accroché à la haie et je me disais qu’une suivante avait dû trop s’en approcher, comme Elizabeth, et y laisser un morceau de sa robe. »

Lucy avait abordé ce sujet idiot dans l’espoir de détendre un peu Stanislas. C’était la première fois qu’il était sur le terrain pour se battre, ce n’était ni un test, ni une simulation et elle sentait bien qu’il était sur les nerfs. Il tenait serrée trop fermement dans sa main sa baguette magique et le détecteur de magie noire.

« Alors, allons-y. »

Ils entrèrent dans le labyrinthe et marchèrent en suivant les infimes changements dans les vibrations du détecteur jusqu’à ce qu’une haie leur barre le chemin.

« Il va falloir détruire les obstacles que le Horcruxe met sur notre chemin. Recule toi. », intima Stanislas à Lucy.

Il pratiqua plusieurs sortilèges informulés jusqu’à qu’il réussisse à taillader dans la haie un passage suffisamment grand. Mais ils l’avaient à peine traversé que les plantes se mettaient à repousser. En quelques secondes, la haie était intacte.

« Ce n’est pas…, commença Stanislas. Les dommages causés par la magie sont censés être irréversibles. Les plantes n’auraient jamais dû repousser. »

« Elles doivent déjà être imbibées par la magie noire du Horcruxe. »

« Si l’Horcruxe a transmis tellement de ses pouvoirs à ces plantes, il doit leur avoir donné un peu de sa conscience aussi… »

Stanislas se tourna alors vers Lucy d’un air horrifié :

« Lucy, il sait que nous sommes là. Les plantes le lui ont dit ! »

Avant qu’ils aient pu faire le moindre geste, une liane heurta le front de Stanislas de plein fouet. Il recula, à moitié assommé. Lucy réussit à amortir sa chute et son crâne ne heurta pas le sol. Mais d’autres branches la séparèrent violemment de lui, la jetant elle aussi à terre. Le temps qu’elle se relève et se précipite vers Stanislas, une haie les séparait.

Lucy agrippait en vain des poignées de feuillage et d’épines. Elle ne pouvait pas détruire la haie ; elle ne connaissait pas tous ces puissants sortilèges de magie noire dont Stanislas était le spécialiste. Mais peut-être que lui, s’il reprenait conscience…

Lucy regarda autour d’elle, désemparée, et remarqua avec un grand choc, qu’apparemment, les plantes ne l’avaient pas uniquement arrachée à Stanislas, elles lui avaient aussi arraché sa baguette magique et le détecteur de magie noire. Tous deux gisaient pitoyablement dans l’herbe à côté d’elle.

Une chose sauta soudainement aux yeux de Lucy : les plantes auraient pu asséner à Stanislas un coup mortel. Mais elles ne l’avaient pas fait, car tel n’était pas leur but. Elles avaient juste voulu le sonner un peu, pour lui arracher ses seules armes.

Privé du détecteur, Stanislas ne pourrait pas trouver le cœur du labyrinthe où résidait le Horcruxe. Privé de sa baguette, il ne pourrait même pas détruire les haies pour se frayer un chemin jusqu’à la sortie.

Il était condamné à errer sur les chemins créés par le Horcruxe jusqu’à ce qu’il meure de faim, de soif et d’épuisement. Une mort lente et douloureuse, exactement la sentence que Voldemort aurait prononcée pour son ennemi.

Lucy tomba à genoux et se prit la tête dans les mains. Stanislas allait mourir, elle l’imaginait mourir, elle le voyait littéralement mourir et cette pensée l’emplissait toute entière. Elle était littéralement paralysée par l’horreur.

Elle essaya de se raisonner : Stanislas n’était pas encore mort. Dans sa cruauté, Voldemort n’avait pas voulu exécuter sa sentence immédiatement, il avait voulu jouer, faire souffrir d’abord. Et tant que Stanislas était encore vie, elle pouvait le sauver.

Mais le désespoir la reprit aussitôt. Elle, sauver Stanislas ? Elle, prendre sa baguette, marcher jusqu’au Horcruxe et le détruire ? Elle en était tout à fait incapable ! Comment pourrait-elle simplement…

Lucy s’interrompit soudain. Ce qu’elle avait dit à Stanislas dans sa lettre lui revenait. Elle avait promis de ne plus utiliser son absence de puissance comme excuse pour ne pas agir. Elle avait juré de se dépasser, de prendre des initiatives. Certes, elle ne pouvait pas se battre contre le Horcruxe et le vaincre comme Stanislas l’aurait fait mais il y avait des choses qu’elle pouvait faire.

Déjà, elle pouvait sortir du labyrinthe. Elle était sûre que l’Horcruxe la laisserait s’échapper, justement parce qu’elle était inoffensive. Et elle pouvait aller chercher de l’aide. Après tout, Stanislas et elle n’avaient-ils pas des amis à Little-Paradise ?

La partie pessimiste de Lucy lui souffla alors que, même si Imee et Magtanggol étaient sans doute des sorciers talentueux, ils ne pourraient pas vaincre le Horcruxe. Mais Lucy refusa d’écouter la voix du désespoir. Elle ne pouvait tout simplement pas laisser Stanislas mourir. Le laisser mourir, ce serait comme laisser le monde être englouti dans un gigantesque trou noir. Totalement impossible.

Si Imee et Magtanggol ne pouvaient pas l’aider, elle trouverait autre chose. Elle ferait brûler le labyrinthe, elle menacerait d’immoler le roi, elle irait défier Voldemort lui-même.

Lucy leva la tête et laissa couler quelques-unes de ses larmes. L’idée de la mort de Stanislas était toujours blottie en elle comme un parasite destructeur au sein de son hôte mais elle se sentait investie d’une nouvelle force. Elle avait l’impression qu’elle pouvait faire n’importe quoi, même les choses les plus dangereuses et les plus folles, pour ramener Stanislas.

Elle ramassa la baguette de Stanislas, la sienne et le détecteur de magie noire puis se releva en titubant. Elle marcha au hasard d’un air désœuvré et, comme elle l’avait prévu, le labyrinthe ne tarda pas à la conduire vers la sortie.

Aller voir Imee, d’abord.

Alors qu’elle était dans le couloir où se trouvait l’appartement de son amie, elle vit quelqu’un arriver dans la direction opposée. Instinctivement, elle se plaqua contre le mur pour ne pas être vue.

Magtanggol s’arrêta devant la porte de sa sœur. Il n’eut pas à frapper car, déjà, la porte s’ouvrait pour lui.

Lucy se demanda pourquoi Magtanggol venait voir sa sœur tard dans la soirée. Il aurait pu avoir quelque chose à lui dire qui vaille une visite inopinée mais, vu qu’elle lui avait ouvert avant qu’il ne frappe, elle savait très précisément quand il viendrait. Pourquoi un rendez-vous si soigneusement préparé à cette heure-là ?

Lucy n’avait pas envie d’interrompre une discussion importante mais ce qui l’amenait était forcément plus urgent que ce qui occupaient Imee et Magtanggol. Néanmoins, elle décida de jeter un coup d’œil par le trou de la serrure pour savoir ce qu’ils fabriquaient avant de tambouriner à la porte.

Magtanggol était torse nu et Lucy aurait été gênée si sa poitrine n’avait pas été bandée. « Il » était incontestablement une fille.

S’ensuivit alors une scène des plus étranges. Magtanggol et sa sœur continuèrent de s’échanger leurs vêtements et, quand ils eurent finis, Lucy eut l’impression que les deux mêmes personnes se tenaient dans la pièce mais que leur place avait été inversé.

Imee, qui avait revêtu les vêtements de son « frère », prit une médaille et la mit autour de son cou. Le médaillon avait la forme d’un petit sablier et elle le fit tourner plusieurs fois. Puis, elle disparut purement et simplement.

Magtanggol, habillé comme sa sœur, s’effondra dans son fauteuil préféré et reprit son tricot comme si de rien n’était. Quelques secondes plus tard, Imee réapparut, toujours vêtue comme Magtanggol. Il ne leva même pas les yeux vers sa jumelle. Elle remit le petit sablier dans son coffret et s’approcha de la porte. Lucy sa plaqua contre le mur pour qu’elle ne la voit pas en sortant.

Bien peu de choses auraient pu distraire Lucy du sort de Stanislas mais cette scène en était une. Elle était tellement bizarre, tellement compliquée…

Lucy respira profondément pendant quelques secondes puis elle frappa à la porte :

« Entrez ! », dit Magtanggol et Lucy fut surprise que sa voix soit si semblable à celle d’Imee.

« Je suis désolée, commença Lucy, mais je voulais savoir si vous n’étiez pas occupés et j’étais curieuse aussi… Bref, je vous ai espionnés. J’aimerais que tu m’expliques ce que j’ai vu au juste. »

Magtanggol posa son tricot, se prit la tête dans les mains et murmura :

« J’aurais dû me douter que quelqu’un finirait par le savoir… »

Puis elle reprit à voix haute :

« Lucy, peux-tu me promettre de ne parler à personne de ce que je vais te révéler ? »

« J’en parlerai à Stanislas », répondit-elle, et cela lui rappela sa mission. Les explications de Magtanggol pouvaient attendre. Pas Stanislas.

« À propos de Stanislas, il est en grand danger. Il faut que tu m’aides, Magtanggol, et Imee aussi. »

« Je ne suis pas « Magtanggol ». « Magtanggol » n’a jamais existé. Il n’y jamais eu que moi, Imee. »

« Ce n’est pas possible ! Je vous ai vus ensemble en même, l’un – ou plutôt l’une – à côté de l’autre. »

« Il existe un moyen pour qu’une personne soit à deux endroits au même moment. »

Imee se leva et sortit à nouveau le sablier.

« Ceci est un Retourneur de Temps. Il s’agit d’un objet très rare, la plupart d’entre eux ont été détruits par Voldemort à cause de leur pouvoir. Je l’ai eu uniquement grâce à mon père.

Il me l’a accordé parce que j’avais de l’ambition et il aurait été disposé à me donner un poste important, si j’avais été un garçon. J’aurais pu me travestir mais je ne voulais pas non plus abandonner certaines activités, comme la couture, qu’un garçon n’est pas censé faire. Alors j’ai décidé de me séparer en deux. Je reste Imee, une simple couturière, alors que Magtanggol est mon protecteur et le moyen de réaliser mes ambitions. »

« Mais comment cette chose, dit Lucy en montrant le Retourneur de Temps, peut te permettre de faire ça ? »

« Il suffit de passer le Retourneur de Temps autour de son cou et puis de retourner le sablier. Chaque tour permet de revenir d’une heure en arrière. Ainsi, en tournant le sablier vingt-quatre fois, je suis capable de remonter le temps d’une journée, pour la revivre en tant que Magtanggol. »

« Imee, c’est magnifique ! C’est exactement ce qu’il me faut ! Est-ce que je peux te l’emprunter, s’il te plaît ? »

« Lucy, je dois te prévenir, dit Imee, tentant de tempérer son enthousiasme. Il ne sert à rien d’utiliser le Retourneur de Temps pour essayer d’empêcher des choses qui se sont déjà passées. »

« Stanislas n’est pas encore mort. Et si je peux remonter le temps, je suis sûre de pouvoir le sauver. J’ai une idée. »

« Très bien. Je ne peux que te le donner alors. »

Imee ressentit un pincement d’inquiétude en donnant le Retourneur de Temps à Lucy et celle-ci le perçut bien. Elle lui dit donc d’un ton rassurant :

« Je comprends que cet objet soit très précieux pour toi. Je promets de te le rendre demain matin, sans faute. »

Lucy passa la chaîne du Retourneur de Temps autour de son cou et sortit de la pièce en courant. Elle se précipita vers le labyrinthe, sans même prendre le temps d’allumer le bout de sa baguette magique. Elle avait perdu assez de temps comme ça, et le temps était désormais précieux pour sauver Stanislas.

Bien qu’il fasse nuit noire, elle réussit à retrouver son chemin vers le labyrinthe. Quand elle fut devant l’entrée, elle jeta finalement un Lumos pour pouvoir regarder l’heure. Puis, après un rapide calcul, elle tourna deux fois le Retourneur de Temps.

Lucy ne percevait pas grand chose de son environnement mais elle eut l’impression que tout se mettait à tourner autour d’elle, y compris le sol. Elle ne le sentait plus sous ses pieds. Oui, c’était comme si elle s’était soudain retrouvée au cœur d’une tornade. Elle préféra fermer les yeux.

Quand elle rouvrit les paupières, il faisait toujours nuit mais le ciel n’était pas aussi sombre. Elle était revenue deux heures en arrière.

Lucy se dissimula près de l’entrée du labyrinthe, prit quelques secondes pour se calmer puis réfléchit à la situation. Dans une demi-heure, Stanislas et elle allaient arriver. Elle pensait être capable de glisser sa baguette magique et le détecteur de magie noire dans sa poche mais il ne devait pas s’en rendre compte. Elle devait donc trouver un moyen de le distraire un instant.

Lucy avait toujours eu ce problème : plus elle essayait de se concentrer sur quelque chose, plus ses pensées se mettaient à vagabonder. Et, cette fois, ses pensées se mirent à vagabonder vers Imee et Magtanggol. Enfin, vers Imee. Elle comprit alors ce qu’elle avait vu dans sa chambre, ou plutôt ce qu’il y verrait.

Après avoir vécu une journée en tant que Magtanggol, Imee passait ses vêtements de garçon à son autre « elle-même » pour qu’elle puisse remonter le temps et vivre cette journée en tant que Magtanggol. Pour que la boucle se perpétue.

Puis alors qu’Imee vivait une journée en tant qu’elle-même, le rôle de Magtanggol était joué par la Imee-de-dans-une-journée, qui avait remonté le temps.

Le temps était une boucle infinie.

Ce qui signifiait que lorsqu’elle, Lucy, s’était présentée avec Stanislas à l’entrée du labyrinthe, il y avait déjà une autre Lucy qui l’épiait. Une Lucy qui avait dû vouloir les distraire une seconde, comme elle voulait le faire en ce moment.

Lucy se souvint alors qu’elle avait remarqué un bout de tissu coincé dans la haie. Il n’y était pas en ce moment. Évidemment, puisque c’était elle-même qui allait l’y mettre.

Elle coupa un bout de sa robe de suivante à l’aide du ciseau de son nécessaire de secours, marcha d’un pas ferme vers le labyrinthe et coinça le morceau de tissu dans la haie.

Et dans un quart d’heure, l’autre Lucy le remarquerait, en parlerait à Stanislas et elle aurait la diversion qu’il lui fallait.

Mais ce n’était pas tout. Il fallait encore qu’elle glisse deux objets dans la poche de Stanislas. Elle savait qu’il n’allait rien remarquer, mais était-ce parce qu’il n’avait pas senti sa poche s’alourdir soudainement ou parce qu’elle avait échoué ? Elle ne pouvait pas le savoir.

Sa réussite dépendait uniquement de sa capacité à faire de la magie avec finesse. Il n’y avait personne pour l’aider, elle ne pouvait compter ni sur la chance, ni sur les concours de circonstance.

Si elle réussissait, Stanislas était sauvé. Sinon, c’était la mort.

Difficile d’avoir moins la pression.

Lucy essaya d’envisager ce stress de manière positive. Elle s’était dit qu’elle ne pouvait pas laisser mourir Stanislas, qu’elle était capable de n’importe quoi pour le sauver donc elle ne pouvait pas échouer.

L’arrivée de l’autre Lucy et de Stanislas coupa court à ses réflexions affolées. Heureusement, avec la lumière de leurs deux baguettes, elle pouvait les voir en entier distinctement. Ils se dirigeaient vers le labyrinthe…

« Wingardium leviosa ! », murmura Lucy.

La baguette de Stanislas et le détecteur de magie noire s’élevèrent d’un mètre environ. Le plus souplement possible, Lucy les dirigea vers l’entrée du labyrinthe. Elle les fit s’arrêter juste derrière Stanislas.

« Oh. », fit soudain l’autre Lucy.

« Quoi ? », lui demanda Stanislas en se retournant brutalement vers elle.

Lucy guida les deux objets vers la poche de Stanislas d’un mouvement sec de sa baguette puis elle rompit le sort et ils tombèrent à l’intérieur.

Lucy se laissa tomber en arrière dans les mauvaises herbes et la poussière, les bras en croix. Elle arrivait à peine à respirer tellement elle exultait.

Il était sauf, Stanislas était sain et sauf. Quand il se réveillerait de son mauvais coup sur le crâne, il vérifierait consciencieusement son état et trouverait juste dans sa poche toutes les armes qu’il lui fallait pour combattre le Horcruxe. Et Lucy lui faisait confiance pour le vaincre.

Elle n’avait plus qu’à l’attendre.

Elle se rassit dans la position la plus confortable possible. De longues heures d’observation l’attendaient.

Elle se vit d’abord sortir du labyrinthe, désespérée et pantelante, pour aller requérir l’aide d’Imee. Puis, encore plus tard, elle se vit revenir, traverser le jardin en courant, utiliser le Retourneur de Temps et disparaître. Pour aller sauver Stanislas encore une fois.

« La boucle est bouclée. », se dit Lucy.

Néanmoins, il ne se passa rien avant minuit et Lucy commençait à s’inquiéter lorsqu’une gigantesque colonne de feu s’éleva du labyrinthe. Il semblait mû d’une vie propre et Lucy pouvait voir remuer à l’intérieur de ces flammes l’ombre de créatures maléfiques. C’était sans nul doute de la magie noire plutôt sévère.

Lucy se demanda si Stanislas avait conjuré ce feu. Il n’avait pas l’air très pacifique et tout ce qu’elle espérait était qu’il ne se retourne pas contre son maître. Elle le vit donc s’arrêter avec soulagement mais il ne le fit pas de son plein gré. Les créatures à l’intérieur semblèrent hurler de rage et se débattre avant de s’évanouir finalement.

Quelques minutes plus tard, Stanislas sortit du labyrinthe. Il avait des bleus et des coupures et il boitait mais il n’avait aucune trace de brûlure. Lucy se précipita vers lui pour l’aider à marcher et il lui murmura :

« Éloignons nous d’ici, vite, avant qu’on nous trouve sur les lieux du crime. »

Lucy avait envie de le serrer dans ses bras et de pleurer un peu mais elle savait que ce n’était pas le moment. Alors, elle se contrôla et traîna Stanislas le plus vite possible jusqu’à l’appartement où il s’étendit sur le canapé.

Lucy avait une envie folle de lui parler mais elle voyait bien qu’il était épuisé. Sa respiration était haletante et il peinait à garder les yeux ouverts. Son combat l’avait vidé de ses forces.

« Tu ferais mieux de dormir, lui dit-elle en conséquence. Je vais m’occuper de tes blessures. »

Son père avait appris à Lucy les sorts les plus basiques et les plus pratiques. Ceux qui permettaient de refermer une coupure et d’atténuer un hématome en faisaient partie. Par contre, elle ne put que constater le poignet cassé et la cheville foulée de Stanislas. Il les réparerait le lendemain d’un coup de baguette.

Quand Lucy eut fini, elle n’eut pas envie de quitter le chevet de Stanislas alors elle s’assit par terre, le dos appuyé contre le canapé et s’assoupit. Elle se réveilla le lendemain matin allongée sur le canapé. Stanislas était déjà levé.

Elle courut dans le salon et le trouva tranquillement attablé en train de prendre son petit-déjeuner. Comme Lucy l’avait prévu, il n’y avait plus aucune trace de ses blessures au poignet et à la cheville. Ajoutés à cela quelques heures de sommeil, une douche et des vêtements propres et Stanislas avait l’air en pleine forme.

« Tu veux des pancakes ? », lui demanda t-il.

Lucy éclata en sanglots. Stanislas la fit s’asseoir et passa son bras autour de son épaule pendant qu’elle expliquait en pleurant :

« Tu as mené un terrible combat, je t’ai vu couvert de blessures et là, tu me proposes des pancakes comme si tout était normal, comme si rien ne s’était passé ! »

« Lucy, tu as vécu une expérience traumatisante mais… »

« Oh, n’essaie pas de minimiser la situation, Stanislas ! Tu es presque mort ! »

Stanislas la laissa le serrer dans ses bras et attendit qu’elle se soit calmée pour lui demander :

« J’étais sûr d’avoir lâché ma baguette mais je l’ai retrouvée dans ma poche, avec le détecteur de magie noire. Je suppose que tu as quelque chose à voir avec ça, Lucy. Mais comment tu as fait ? »

Lucy lui expliqua le secret d’Imee et comment elle lui avait emprunté son Retourneur de Temps. Stanislas s’avéra fasciné par l’objet.

« Je suis désolée mais tu ne pourras pas l’examiner longtemps. J’ai promis à Imee de le lui rendre ce matin. »

« De toute façon, je pourrai l’examiner plus tard. Je compte m’approprier cet objet. »

« Si Imee ne m’avait pas confié son Retourneur de Temps, tu serais mort. C’est une bonne manière de la remercier que de la voler. »

« Je ne vais pas la voler, juste la convaincre de me le donner. Écoute Lucy, avec cet objet, je sens que nous pourrons rendre de grands services à Ceux-qui-doivent-ramper… »

Mais Lucy l’interrompit avant qu’il ait eu le temps d’exposer son brillant plan :

« Je t’ai dit que tu as failli mourir et tu t’embarques immédiatement dans de nouveaux plans pour Ceux-qui-doivent-ramper, comme si de rien n’était. Est-ce que tu te soucies un tant soit peu du fait que tu as failli mourir ? »

Sur ces derniers mots, son ton frôlait des intonations hystériques. Stanislas se contenta de lui demander prudemment :

« Lucy, quand tu as rejoint Ceux-qui-doivent-ramper, tu connaissais les risques, n’est-ce pas ? Tu savais que nous risquerions notre vie ? »

« Je savais que je risquais de mourir ! Mais je n’ai jamais pensé que toi, tu puisses mourir !, s’exclama Lucy en se remettant à pleurer. Qu’est-ce que je ferais si tu n’étais pas là ? »

« Oh, dit Stanislas d’un ton distant, je pense que tu te débrouillerais très bien. Dans la pire des situations, tu as réussi à exploiter les avantages que tu avais et à me sauver la vie. Tu t’en es magnifiquement sortie, Lucy. Tu n’as plus besoin de moi. »

« C’est faux. Je n’ai peut-être plus besoin d’un mentor mais j’ai toujours besoin de toi. »

Elle serra Stanislas dans ses bras :

« Excuse-moi si j’ai été un peu agressive. Mais j’ai failli te perdre et je ne veux plus jamais que ça arrive. »

« Hum, hum, fit Stanislas. C’est sans doute le pire moment pour te l’annoncer mais je suis en danger, Lucy. »

« Quoi ? », s’exclama t-elle en le lâchant immédiatement.

« Ce n’est pas ma faute ! Le combat contre le Horcruxe a été plus dur que prévu et j’ai été obligé d’utiliser ce sortilège. »

« Le feu que j’ai vu ? »

« Ça s’appelle du Feudeymon. Je l’ai choisi car il peut tout détruire et qu’il ne s’éteint pas tant que sa cible n’a pas été consumée, l’inconvénient majeur de ce sort étant que le feu désire par dessus tout se propager. C’est la volonté de celui qui l’invoque qui le contraint à ne consumer qu’une seule chose. »

« Mais tu as réussi ! Le Feudeymon ne t’a pas brûlé, il n’a pas brûlé le reste du labyrinthe. »

« Oui mais on ne peut pas dire qu’il ait été très discret. Maintenant, tout le monde sait que quelqu’un a détruit le cœur du labyrinthe. C’est un crime de vandaliser la demeure du roi, un crime de lèse-majesté. Ils ne vont pas laisser passer ça. Ils vont chercher le coupable. »

« Mais ils ne vont pas torturer tout le monde pour avoir des informations… »

« Oh non ! N’importe qui avoue n’importe quoi sous la torture. Je ne crains pas non plus le Veritaserum, mon père m’a appris à avoir toujours sur moi des antidotes à cette potion. Le problème, c’est le Prior Incantato. Ils vont confisquer les baguettes de tout le monde et leur faire recracher leurs sortilèges jusqu’à ce qu’ils trouvent le coupable. »

Lucy se leva et dit d’un ton grave :

« Stanislas, échangeons nos baguettes. Quand ils m’accuseront, je répondrais que quelqu’un a volé ma baguette pour commettre le crime et ils me croiront car je suis totalement incapable de lancer un Feudeymon. »

« Lucy, tu es censée être la servante d’un expert en magie noir. Lequel expert aurait très bien pu t’avoir enseigné quelques tours. Car le Feudeymon n’est pas du tout un sortilège complexe à lancer, mais un sortilège complexe à arrêter. Et pour cela, il faut avoir de la volonté et non du talent pour la magie. »

« Mais… »

« Je sais que tu veux m’aider à tout prix, l’interrompit Stanislas, mais il n’est pas question que tu te sacrifies pour moi. »

Son ton était sans appel.

« Alors réfléchissons ensemble à un autre plan. »

« Rien ne presse ! Il faut que tu prennes ton petit-déjeuner et ensuite, je te rappelle que tu dois rendre le Retourneur de Temps à Imee. », dit Stanislas, comme s’il évoquait avec un enthousiasme débordant un emploi du temps chargé.

Lucy pensa qu’il essayait de la rassurer. Elle était en effet rongée par l’angoisse. Mais, en réalité, Stanislas essayait désespérément de changer de sujet.

« On passe par ordre alphabétique et le temps qu’ils en arrivent à « Rogue », j’aurais trouvé un moyen de me tirer d’affaire sans le moindre souci. », continua t-il.

C’était un mensonge flagrant. Le moyen de se tirer d’affaire, Stanislas le connaissait déjà. Il avait conçu son plan dès qu’il avait vu le Retourneur de Temps d’Imee. Pour qu’il puisse l’obtenir, elle ne devait plus en avoir besoin. Et pour qu’elle n’en ait plus besoin….

Stanislas sortit lentement de sa poche la photo de Sarah Edmonton et la déplia. Il se demanda si elle l’aurait approuvé.

En tout cas, il était sûr que Lucy, elle, ne l’approuverait pas. C’était bien pourquoi il lui avait menti. Il finit néanmoins par lui avouer qu’il avait un plan, quand sa situation fut devenue si « critique » que Lucy était sur le point de s’arracher les cheveux. Mais il refusa d’en dire un mot.

Dans la plus grande salle du palais de Little-Paradise, les sorciers défilaient un à un devant le roi et la cour pour que leur baguette soit testée. On était à la lettre « M ».

À l’entrée, Stanislas faillit renverser quelqu’un.

« Ah, Magtanggol ! Je ne t’avais pas reconnu. C’est bientôt ton tour ? »

Magtanggol était gêné de se retrouver devant Stanislas car il était sûr que celui-ci savait désormais son secret, par la bouche de Lucy, mais ils étaient en public et ne pouvaient avoir une véritable discussion. Alors il se contenta de répondre laconiquement :

« Oui. Et toi ? »

« Je suis simplement venu regarder. »

Il se fraya un chemin dans la foule des spectateurs alors que Magtanggol prenait place dans la file. Une demi-heure plus tard, il passait devant le roi.

Il sortit sa baguette de sa poche d’un mouvement machinal et, sans même la regarder, la tendit au noble chargé de l’examiner.

« Prior incantato ! »

Et la pièce fut soudain remplie de chimères, de serpents et de dragons, mais ce n’était que de pâles formes argentées qui s’agitaient vainement, simples souvenirs de la fureur du Feudeymon.



Le chapitre suivant sera intitulé Voir Venise... et publié le 24 mai. Vous pouvez retrouver de plus amples informations sur "Learn to crawl" sur le blog learntocrawl (adresse dans mon profil).


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