accueil Accueil Lire Lire Écrire Écrire Fiches de lecture Fiches de lecture Forums Forum
Le site
Accueil Lire Écrire Fiches de lecture Correctionnouveau !
Communauté
Forum Concours Liste des membres Visiteurs (13)
Membre
Connexion Inscription
Recherche
dans :
Recherche avancée
Publicité
Partenaires

Paris Manga

« Le jour éternel » - chapitre 1 : « Prologue » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Le jour éternel », par Csame - - - > Chapitre 1 : « Prologue » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 05/12/2007 à 19h52 - Mise à jour : le 05/05/2008 à 21h14 - Commentaire(s) : 8 - Lecture(s) : 715 - Chapitre(s) : 2 - Mots : 3069 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 1 - Abonnés à l'histoire : 3 Publié : le 05/12/2007 à 19h52 - Modifié : le 04/06/2008 à 21h52 - Commentaire(s) : 4 - Lecture(s) : 615 - Mots : 873

>>

Avant de commencer, je tiens à remercier mon ami ‘Xime – alias Glouby sur l’Encrier – pour cette émulation.


Le jour éternel

Prologue

Cette histoire se passe dans un monde qui ne connaît pas la nuit. Toujours sur ces terres luit la Lumière, intransigeante et permanente. C’est ainsi, et ce fut toujours ainsi, aussi loin que remonte la mémoire des hommes. Dans ce monde sans obscurité règne une population d’hommes sans sommeil qui traînent à jamais leur fatigue insouciante comme un fardeau dont ils n’ont pas conscience.


Dans le ciel jaune et lumineux ne trône aucun soleil, et pourtant luit la Lumière comme une étroite certitude, une évidence immanente. Et l’obscurité, honteuse et peureuse, n’existe que dans les rares grottes sombres, cultivée par les roches imperméables, et dans les temples païens aux marbres opaques, ces machines à obscurité si frêles, si dérisoires face à l’intransigeante Lumière, celle qui éclaire tout et voit tout. Dans ces temples reculés, on produit la nuit comme un trésor, et parfois les hauts prêtres parviennent à se plonger dans une sorte de transe qu’on appelle le sommeil, une inconscience de plusieurs heures dont on sort parait-il reposé et ragaillardi.


Cette histoire se passe dans un monde immense et sans limite connue. Les terres et les mers s’y étendent à l’infini et nul n’en voit la fin. Les rares explorateurs – quand l’ambition de connaître était encore vive – étaient encore plus rares à leur retour pour raconter leurs interminables périples. Ceux qui revenaient, revenaient fous. Fous de ne pas avoir atteint les bords du monde, fous de ne pas voir la fin de ces immenses océans, de ces plaines gigantesques, de ces vastes forêts, fous de l’apparente infinité d’espaces inconnus dont ils ne sauraient jamais rien, éternels affronts à leur désir de connaissance.


Ainsi, ceux qui désiraient savoir heurtaient leur finitude à l’infinité du monde dans lequel ils vivaient, et devenaient fous. Les cartes qu’ils dressaient seraient à jamais incomplètes, les classifications animales et végétales qu’ils s’efforçaient d’édifier resteraient inachevées et imparfaites, de même que toutes les tentatives de rationalisation d’un monde qui dépasserait toujours toutes leurs vaines tentatives de compréhension.


Face à l’inquiétante propension à la folie de ces hommes dont l’orgueil les poussait à prétendre englober le monde de leur entendement, on créa la République, une contrée d’hommes sains et sans orgueil.


Deux immenses montagnes, dont les sommets dépassent perpétuellement les nuages, écrasent de leurs masses rocheuses et enneigées les cimes des montagnes modestes. À leur base se trouve une grande cité, capitale de la République. Une rivière glacée, canalisée, coupe la ville en deux, traversant de manière rectiligne les quartiers, et, tous les cent mètres, un pont la traverse. Car la Cité, fortifiée, est parfaitement carrée, et organisée en carrés concentriques, percés de larges de diagonales qui convergent vers la place centrale, carrée, elle aussi, où l’essentiel de l’activité commerciale a lieu.


Il fut un temps où la République n’existait pas, où la Cité suivait simplement le cours chaotique du relief des collines et où les rues se croisaient de manière désordonnée comme de filiformes vers grouillants. Mais à l’avènement de la République, on rasa la Cité et on la reconstruisit à neuf. On aplanit le relief, on construisit l’enceinte fortifiée, on érigea des nouveaux quartiers carrés et les larges diagonales.


La Cité, qui auparavant avait un nom, devint simplement « la Cité », parce qu’après tout, c’était ce qu’elle était : une cité. En quelques générations, l’ancien nom de la Cité fut oublié, car la mémoire des républicains ne porte que jusqu’à ce que leurs parents leur ont raconté. De l’ancienne ville, il ne reste que des bribes, des relents qui jaillissent et aussitôt meurent, et l’ancien palais des Mages – car il fut impossible de le détruire. On a aussi mémoire des guerres – orgueil des hommes et des mages – qui faisaient rage avant l’Avènement, car cela, on l’apprend aux enfants dès qu’ils sont aptes à le comprendre.


Les républicains, d’ordinaire, ne s’encombrent pas de l’histoire, car l’histoire est la mère de l’orgueil et du désordre, mais un événement reste gravé dans les mémoires, et répété dans les écoles, celui de l’Avènement.


L’Avènement de la république sonna la fin des orgueilleux mages, qui auparavant régnaient en despotes sur la Cité alors chaotique et désordonnée. Ceux qui ne furent pas tués, on les chassa. Les mages survivants partirent en exil, et on ne les revit jamais. Seul demeure, inchangé et intact, leur grand palais de marbres multicolores et de vitraux colorés, pour preuve irréfutable qu’il y eut un avant.


Les Sobres, élus de la République, tentèrent à plusieurs reprises de faire abattre le palais, qui résonnait à leurs yeux comme une insulte à leur vertu, mais le burin cédait à chaque fois au marbre : le palais semblait indestructible. Après plusieurs échecs, les Sobres se réunirent dans la grande maison carrée où se tiennent leurs conseils et vêtus de leurs robes noires, ils renoncèrent définitivement à abattre le palais et décrétèrent qu’il resterait là comme un rappel omniprésent des conséquences de l’orgueil.


Rien, dans la République, n’était aussi craint et honni que l’orgueil, car les Sobres, tenants du pouvoir et réélus tous les dix ans, étaient aussi les garants du respect de l’omnisciente Lumière, celle qui voit tout et éclaire tout de manière égale, si lumineuse et prégnante qu’elle imbibe le monde de sa clarté. Ainsi tous les hommes et les femmes sont éclairés de la même manière, ainsi est-il interdit pour chaque homme et pour chaque femme de se hisser au-dessus d’un autre.


Seuls les Sobres, élus de la République, ont légitimement autorité sur les républicains, mais pour compenser cet inégalité légale, ils portent une robe soyeuse totalement noire – couleur de la honteuse obscurité, couleur de l’absence et du vide –, tissée d’une trame si serrée que le regard s’y perd. Ainsi, l’excès de pouvoir accordé pour dix ans aux Sobres est neutralisé par le fait que la Lumière ne les atteint pas autant que les autres. En début de mandat, les onze Sobres élisent en leur sein le Grand Sobre, qui a autorité sur le conseil des Sobres lui-même et se distingue des autres Sobres par un large capuchon obscur qu’il porte en permanence qui assombrit même son visage.  * * *


Dans ce vaste monde, la République est un îlot de santé et de rigueur. Faces aux éphémères empires païens, toujours accroissant leurs frontières, toujours englobant de nouvelles terres, périssant de leur vitalité, la République survit, traversant les âges, enserrée dans ses étroites frontières, à l’abri de l’immensité, à l’abri de la vanité.


La présente histoire raconte l’histoire d’un garçon de la République sur le point de faire honte à ses semblables.


>>


© tous droits réservés. Le texte ne peut être reproduit sans le consentement de Csame

CommentairesFavoris et notificationsCorrections
  • Voir les commentaires (8)
  • Ajouter un commentaire
  • Ajouter l'histoire à vos favoris
  • Ajouter l'auteur à vos favoris
  • Activer la notification pour l'histoire
  • Activer la notification pour l'auteur
  • Signaler orthographe défaillante (0)
ImagesImpressionGestion
  • Voir la galerie (1)
  • Ajouter
  • Version PDF
  • Imprimer le chapitre
  • Imprimer toute l'histoire
Vous ne pouvez pas modifier cette histoire.
un lecteur sur cette histoire : un visiteur non connecté.
SQL : 13 - Exécution : 0.425 s. - Visiteurs : 13
Tous droits réservés sauf mention contraire.
Équipe - Changer de design - Contact - Remonter - Détails - Aide
Partenaires : Art-toon.fr - fanfictions.fr - scribeos.com - bullejapons.fr - Rou & Bou