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« Soubresauts » - chapitre 1 : « Alpha » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Soubresauts », par Philippe Hector - - - > Chapitre 1 : « Alpha » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 16/06/2007 à 05h48 - Mise à jour : le 27/04/2008 à 21h03 - Commentaire(s) : 2 - Lecture(s) : 822 - Chapitre(s) : 3 - Mots : 2544 - Complet : non - AMR : 16 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 16/06/2007 à 05h48 - Modifié : le 23/07/2007 à 20h59 - Commentaire(s) : 6 - Lecture(s) : 642 - Mots : 1096

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* Tout le mérite revient à H.G.Wells et à d'autres artistes de la Science fiction

 * Je ne suis pas responsable des morts de rires ou d'ennuis.


Soubresauts

Résumé : «À la bonne heure!» s'exclama le jeune britannique. Il était loin de se douter qu'il devait la reculer de très exactement deux siècles, 30 ans et 17 jours.
Cette histoire se veut un pastiche comique de «La machine à explorer le temps» de H.G. Wells.

Alpha

Illustration réalisée par Philippe Hector pour ce chapitre : « La Machine »

Illustration du chapitre

Un opéra de Wagner, triste, mélancolique. La lourdeur des instruments, la fatalité de l'histoire, les plaintes mélodramatiques...

Pour notre Visiteur plein d'hormones, c'en devenait épuisant de platitude.

Il avait beau essayer de s'intéresser... rien n'y fit. Le marbre à l'état pur. Aucune montée, pas plus d'étonnement, rien, nothing, niet. Il aurait déjà rejoint ce doux moment où Morphée, dieu du rêve, vient vous bercer, si ce n'eut été de ces hurlements que bien mal l'on nomme « chants ».

C'était peine perdue.

D'une poche de sa redingote, il sortit une montre argentée. « A quarter before nine... Hao. » Il restait encore une bonne demi-heure avant la fin de la présentation, mais c'en était trop. Il avait assez perdu son temps.

Son attention baissant, il remarqua alors un petit bourdonnement étrange derrière lui.

Il crut alors à un quelconque fantôme de l'Opéra... Mort d'ennui peut-être !

Le bourdonnement s'intensifiait, et il pouvait voir une lueur verdâtre venir du même point.

« Great, un peu d'action! » se dit-il... quoiqu'un peu récalcitrant à cette idée. Lentement... il se retourna, et ses yeux s'agrandirent :

Dans un grand Pafpetipouf, devant lui, se dressait un homme de sa taille, à cheval sur une espèce de monture mécanique, le tout dans une fumée verdâtre et pestilentielle. C'est les yeux grands ouverts et avec beaucoup d'esprit pragmatique que notre jeune Visiteur affirma :

« Hun ?

- En effet, c'est exactement ce que j'avais dit » lui répondit allègrement l'autre caché par la trop grande lumière, qui continua :

« M'enfin, désolé des effets spéciaux, c'est pas ma faute si la quatrième dimension schlingue comme ça »

Mais notre ami ne l'écoutait pas.

La bouche entrouverte, il bavait à regarder la machine.

« Ouais, elle est belle ma Harley hein ? Bah tu vas me la construire vite fait bien fait hein, parce que sinon well je suis dans la belle merde et toi aussi !

- Quoi ??

- Ouais, c'est fastoche, tu vas voir, tiens je te donne les plans, je te passe la moto (fais-lui bien attention, hein) et moi je regarde la fin de ce stupide spectacle pour éviter des erreurs temporelles.

- Attends un peu... Oulah, j'ai mal à la tête. T'es qui toi?

- Hao, bien sûr, je me souviens de cette scène. Damned, comment il avait fait déjà... Allons-y simplement, I and you are one. Toi-même, pour te servir. » dit-il avec la révérence la plus typique du Dandy de l'époque.

« Ah ouais? J'allais faire un commentaire sur ton nez digne d'un Bergerac mais je crois que je devrais me taire dans ce cas.

- Bonne idée. Donc... Pas plus surpris que ça?

- Non.

- Ah, bon. Soooo, je crois qu'on devrait baisser un peu le ton..

- Pourquoi donc ?

- Tristan nous regarde avec des éclairs dans les yeux et des bras musculeux.

- Oh, Excusez-nous!» Et il s'éloigna du balcon de sa loge pour aller s'approcher de la bécane.

Des cadrans, des leviers, un canard en plastique et des pédales parcouraient l'engin. Sa main s'approcha du canard...

« Pas touche à Wendy!» fit l'autre en tapant la main du premier.

« Comment ça marche ?

- Bah tu appuies dessus et ça fait "Coin".

- Nan, la machine.

- Ah alors tu vois ici le photomêtre, là le calculateur d'évènement, à cet endroit la position géométrique, au fond un radar à résonance multidimensionnelles, ici la date du jour - nous sommes bien le quinzième de novembre 1889 ?

- Ce me semble, en réalité, que nous soyons le seizième.

- Damned! Well, il arrive parfois qu'il y ait un retard ou une avance d'un jour ou deux, parce que j'arrive pas à faire comprendre aux cadrans le principe des années bissextiles qui ne le sont pas aux multiples de 100 mais qui le sont aux multiples de 400.

- Euh...

- Et ici, on remarque la charge de la matière la plus importante, l'énergie qui fait fonctionner tout le système de voyage.

- Qu'est-ce donc?

- Tu le sauras en construisant la machine, hé ! hé !

- Dans combien de temps?

- Eh bien, vois-tu, il faut pour que tu la construise qu'elle soit déjà construite, pour que tu puisses te retrouver au vingt-et-unième siècle afin que tu ais tous les éléments pour construire la machine, avec laquelle tu devras passer par tous le tas de problème que j'ai passés pour retomber aujourd'hui ici pour finir de regarder la présentation tranquillement pendant que ton toi présent - ou futur, ou passé, à ton choix - en arrive à faire ce que tu fais et fera, tout cela, fatalement, sans possibilité de briser le cercle.

- Euh...

- Car si tu brise le cercle, ce que tu ne veux pas faire, ça va tout simplement « annuler » mon existence, la tienne présente, celle de la machine, et peut-être même toutes les périodes temporelles où "nous" sommes passés.

- Ça peut être marrant.

- Ou tout simplement tu t'ennuierais encore à écouter Wagner.

- Ok ok ok ça va je vais le faire

- M'enfin, il est temps que tu partes, tu verras c'est fort simple. Hum. Mais laisse moi ta redingote. »

Ôtant son survêtement, tout en faisant virevolter ces longs cheveux noirs, il sauta sur le siège du bolide, regarda sommairement le plan, le mit dans sa poche, et attendit.

« Qu'attends-tu?

- Comment démarre-t-on? »

Celui qui restait mit les mains en avant pour montrer comment tenir le guidon, et compressa plusieurs fois sa main droite, ce qu'imita notre ami dans un bruit du tonnerre et tout souriant.

« La date est déjà mise, cria le deuxième, t'as qu'à appuyer sur Wendy!»

Ce que fit l'autre sur le champ.

Une froide lumière jaunâtre s'empara alors de lui et du Harley. Les oreilles lui bourdonnait, tout s'évanouissant dans une odeur de chaire en décomposition. Il entendait les voix autour de lui de plus en plus rapide et aigües, le chant prendre une voix grêle et peu sensuelle, vit deux policemen rentrer dans l'appartement qu'il ne voyait déjà presque plus, puis plus personne, la nuit. Le jour vint rapidement, ainsi qu'une seconde prestation, la nuit, le jour, la nuit le jour, puis un gris flou ou les tentures et l'immeuble vieillissent, décrépissent, puis disparaissent pour laisser place à un Londres beaucoup plus achalandés, une masse grise de déplacements avec des immeubles de plus en plus grands ou décrépis...

Pendant ce temps (ou plutôt cet espace), le seizième de novembre, notre second ami se faisait sortir par les policemen pour outrage aux comédiens.

« Why ! C'est donc ce qui c'est passé ensuite! Au moins je n'aurai pas à subir la fin »

Et c'est de dépit qu'il continua sa vie sans sa Harley, content du moins d'avoir participé à ces événements dont personne ne gardera le souvenir. Il mourut quelques années plus tard aux cours des premiers essais de parachutisme en servant accidentellement de coussin d'atterrissage.






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licence non précisée. Contactez Philippe Hector pour plus d'informations.

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