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> Chapitre 1 : « Chapitre 1 » - 
| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 14/12/2007 à 23h15 - Mise à jour : le 22/12/2007 à 17h14 - Commentaire(s) : 5 - Lecture(s) : 515 - Chapitre(s) : 3 - Mots : 4221 - Complet : oui - AMR : 10 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 | Publié : le 14/12/2007 à 23h15 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 3 - Lecture(s) : 338 - Mots : 888 |
De brefs cliquetis...
| Résumé : Un homme à la retraite, sa femme, une chambre, un bureau et une machine à écrire banale : vous avez là la liste de tous les constituants de l'histoire... |
Chapitre 1
Déjà trois jours qu’il tape sur sa machine.
Je commence à vraiment, vraiment, vouloir lancer sa machine à écrire par la fenêtre.
Ou par terre, la prendre et la jeter sur le carrelage, de toutes mes forces.
Mais je ne le ferai pas…Parce que je l’aime.
Il ne veut pas me dire ce qu’il fait tous les soirs dans son bureau, pendant que je tente de trouver en vain le sommeil…Je ne peux pas dormir à cause des cliquetis qu’il fait en écrivant. Déjà trois jours qu’il tape sur sa machine. Je l’ai déjà dit ? Excusez-moi, je suis très fatiguée, en manque de sommeil, et il m’arrive de me répéter un peu trop souvent en ce moment.
Je ne sais pas ce qui l’a inspiré. Il a trouvé cette maudite machine lors d’une brocante à Graulhet, brocante que nous fréquentons régulièrement. Ça a juste commencé par un rapide coup d’œil…Finalement, il se l’est offerte, sans souhaiter en parler. Je suis sûre que lui-même ne savait pas pourquoi il l’avait acheté.
Et voila où nous en sommes. Je ne le vois plus de la journée : quand je vais à l’école travailler, il n’est pas encore réveillé, quand je rentre du boulot, je ne suis accueillie que par ces cliquetis. Tac. Ils vont finir par me rendre folle…Mon mari vit en ce moment comme un fantôme, dans son bureau avec une machine à écrire d’occasion, et je me demande vraiment comment il fait pour aller manger. Se lève t-il la nuit ? Je ne sais pas et je ne souhaite pas le savoir…
Trois jours que je ne lui adresse plus la parole. Lorsqu’il a ramené son « trésor » à la maison, c’est comme si j’avais immédiatement disparue. Et le fait d’avoir été remplacée par une vulgaire machine me déplait au plus haut point…Maintenant, des envies de meurtre me gagnent le soir, quand je suis dans mon lit, seule. Seule, avec ces foutus cliquetis. Tchac. Cling !
Je le hais. Depuis qu’il écrit, je ne peux plus lire, et quand il se relit, je ne peux pas dormir. Je le hais mais je ne lui en veux pas. Parce que je l’aime.
« Tu sais…Au fond, je me dis que tu ferais un bon écrivain !
- Je n’ai pas acheté cette machine pour écrire un roman.
- Pourquoi l’avoir achetée, alors ? »
Et puis plus de réponses à mes questions. Je n’ose pas rentrer de force dans son bureau, mais quand je toque, il ne me répond pas. Des cliquetis répondent à sa place. Je vous ai dit que ces petits bruits me rendent folles ? Oui…Désolé, c’est l’accumulation de fatigue. J’ai envie de tuer cette stupide machine à écrire, et pourtant je ne peux pas. Parfois, quand je laisse mes pensées affluer, je me dis qu’exploser cette machine serait un acte criminel. Peut-être même que ça tuerait mon cher et tendre.
Mais aucun moyen de savoir pourquoi toutes ces pensées morbides me montent à la tête…Plus ça va, et plus c’est bizarre. C’est tordu. C’est ignoble. Tchac. Il n’y a pas de mots pour désigner l’assassinat d’une machine, aussi vais-je devoir en créer un moi-même : j’ai des envies de « machinicide » .
Vous ne devinerez jamais avec quoi je tape ce texte. Ah si ? Vous avez réussi à percer mon énigme ? Dommage, ce quiproquos devait remplir cette page pendant au moins une vingtaine de lignes. J’écris quand mon mari dort…Contrairement à ce que vous pouviez penser, il ne dort pas dans son bureau, la tête sur le clavier de sa machine comme sur l’épaule d’une quelconque charmante jeune femme. Mais il ne dort pas dans notre lit non plus, peut-être qu’il ne m’aime plus, je ne sais pas…Cela va faire trois nuits qu’il passe sur le canapé.
Dès qu’il s’endort, je le sens, et dès que je sens qu’il dort, je me lève discrètement et me dirige vers son bureau.
« Viens. Viens. Viens. »
Je suis sur que la machine m’appelle, me nargue. Elle jubile quand je m’assoie sur la chaise de mon mari, elle gémit de plaisir quand je lui offre une feuille encore blanche, et elle atteint le nirvana quand je commence à taper. A mon tour, je fais du bruit…Considérons cela comme une vengeance personnelle.
Mais contrairement à moi, mon mari à le sommeil très lourd. Une fois qu’il s’est endormi, il est presque impossible de le réveiller…Je tape sur la machine quand même, presque par obligation, et c’est ainsi que j’ai décidé de poser sur le papier mes ressentiments face à cette de machine.
Tiens, c’est bizarre…On dirait qu’elle a effacé le « salope » que j’avais écrit.
Peut-être l’ai-je oublié…Il faut dire que ça fait trois jours que je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Quand ce n’est pas mon mari qui écrit, c’est moi, et quand je n’écris plus et que je vais me coucher, j’entend un rire.
La machine rit, j’en suis quasi certaine. L’entendez-vous aussi ?
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