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> Chapitre 1 : « Chapitre 1 : Prologue. » - 
| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 27/01/2008 à 21h07 - Mise à jour : le 18/05/2008 à 22h17 - Commentaire(s) : 10 - Lecture(s) : 1676 - Chapitre(s) : 13 - Mots : 16057 - Complet : oui - AMR : Tous publics - Favorite de : 2 - Abonnés à l'histoire : 3 | Publié : le 27/01/2008 à 21h07 - Modifié : le 31/05/2008 à 09h44 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 726 - Mots : 1512 |
Voilà une idée de nouvelle qui m'est venue en rêve.
EDIT du 31/05/08 : voici la nouvelle version du chapitre, j'ai corrigé les fautes que je voyais et ai rajouté ou retravaillé des passages, suites aux très justes commentaires d'Hermine et des autres lecteurs :D
Dans les terres.
![]() Couverture réalisée par Ennola, intitulée « Delacroix - » |
Chapitre 1 : Prologue.
J’attrapais mon jean, un pull et une paire de chaussette. Je réussis à enfiler le tout en courant mon sac à la main et une tartine dans l’autre. Je dévalais ensuite les dix étages, et me jetais hors de l’immeuble.
La rue était encombrée et je du jouer des coudes afin de me frayer un chemin dans la cohue matinale. Le vent frais qui soufflait fit voler mes cheveux châtains, et s’engouffra dans mon pull trois fois trop large pour moi. J’aperçus l’entrée du métro et me ruais à l’intérieur, il fallait que j’attrape la première rame si je ne voulais pas écoper d’une énième retard. Je passais in extremis entre les portes coulissantes qui se refermaient, et du rester collée à la porte dument tagués. Là il y avait un homme à l’aspect débraillé qui ne se gêna pas pour me mettre une main aux fesses, j’avais appris depuis mon plus jeune âge à ne pas répondre à ses « mains » dans le métro si je ne voulais pas me retrouver à me bagarrer contre un gars ivre mort ou un junkie.
Enfin j’arrivais à ma station et dès que les portes s’ouvrirent je bondis hors de la rame, et me précipitais vers les escalators encore en panne, je les escaladais quatre à quatre puis émergeait enfin dans une autre rue, aussi bondée que celle de mon immeuble.
Les portes de la faculté étaient en vue et je me mis à courir, avant qu’elles ne se referment, j’étais sûre d’avoir oubliée ma carte d’étudiante. Par chance le gardien papotait avec cette vieille bique de secrétaire et je me faufilais sans trop de bruit dans le couloir veiné de marbre blanc. Je grimpais deux étages et arrivais enfin devant la porte de mon amphithéâtre. Celles-ci n’étaient pas encore fermées et je me glissais doucement dans la pénombre de la salle. Je descendis le long des escaliers afin de me glisser à ma place habituelle.
Ismaël était déjà assis en tailleur, ses feuilles de notes sur les genoux, les yeux dans le vague, pas étonnant quand la prof’ de littérature moderne partait dans ses délires pro-beckettien. Le sujet du jour : la place de dieu dans En attendant Godot … Le cours promettait d’atteindre des sommets en ce qui concernait l’inutile et le nébuleux. Je me glissais doucement à ma place sur la banquette recouverte de cuir et sortais ma trousse ainsi que mes feuilles.
-Hello princesse, me dit doucement Ismaël en tournant vers moi son visage rond encadré de tresses aussi noires que sa peau était cuivrée.
-Salut, dis-je en m’adossant confortablement au dossier de mon banc.
-Tu t’es encore levée en retard ? me dit-il en connaissant d’avance la réponse.
-Oui, je n’ai pas entendue le réveil ce matin, faut dire qu’hier je me suis endormie assez tard, ou tôt selon ton point de vue.
-Laisse-moi deviner, tu as encore passé la soirée à peindre ?
Je ne répondis pas et essayais de me concentrer sur le cours. Quatre heures ! J’avais quatre heures de ce stupide cours ! Heureusement après il y avait Pratiques d’arts appliqués, je pourrais essayer de finir ma sculpture.
Le cours fut superbement long et barbant à souhait comme je l’avais prévu. Quand la lumière crue des néons reprit ses droits sur celles tamisées préférés de la professeure monomaniaque j’en eus mal à la tête et je chancelais. Ismaël me rattrapa avant que je ne m’écroule et me rassis sur la banquette, il était accoutumée de mes étourdissements et ne s’en inquiéta pas outre mesure. La lumière trop forte me faisait toujours cet effet là. Je me relevais avec une grimace et rassemblais mes affaires. Avant le cours suivant je m’assis dans un coin de la grande bibliothèque de la faculté, Ismaël mit ses écouteurs sur les oreilles et j’entendis bientôt la douce du piano solitaire de Debussy, Image à n’en pas douter.
Je sortis mon ordinateur portable de mon sac et l’allumais, je me branchais aussitôt sur le réseau internet de la fac’ et allais regarder mes mails. J’en avais trois nouveaux. Dans mon appartement je n’avais pas internet et ne souhaitais pas l’avoir. Il était tout aussi plaisant de se brancher occasionnellement au lycée, ou de pirater la borne internet d’un voisin quelconque. Il y avait un message de ma mère, un de mon père et un autre de ma sœur. Ma mère comme mon père était diplomate, en ce moment elle devait se trouver en Afrique et mon père en Asie. Je répondis brièvement à leurs mails respectifs et me réservait celui de ma sœur pour la fin. Ana était mariée avec un bel architecte anglais et était elle-même déjà mère d’une mignonne petite fille.
Comment ma jumelle pouvait-elle être si différente de moi ? Elle déjà casée alors que moi au même âge j’étais étudiante et célibataire. Son mail contenait les habituelles banalités et quelques photos de ma filleule. La petite tête blonde me souriait. La sonnerie retentit et je refermais vite mon ordinateur. Je tapotais l’épaule d’Ismaël qui sortit de sa transe musicale et nous courûmes chacun à notre prochain cour, lui avait Histoire de la musique et moi Pratique.
Le professeur aux cheveux blancs n’avait pas encore commencé la classe, et je me dirigeais vers mon coin, là où était mon bloc d’argile. J’avais pris ma vieille blouse du temps du lycée pour ne pas me salir et je la sortis.
Alors que prenais mes outils au fond d’un sac de toile, j’entendis le pas sonore du professeur. Il était comme à son habitude vêtu d’un costume impeccable et de son habituelle cravate rouge sang.
-Alors Elizabeth votre sculpture avance ? me dit-il en se penchant en avant.
-Je crois oui professeur.
-J’espère que vous l’aurez finit pour la présentation annuelle, je sais que le directeur du Musée d’art moderne est intéressé par ce travail.
Puis il s’en alla. Et quoi encore ?! Le directeur du Musée voulait mon travail, qu’elle idée grotesque et irréalisable… Grotesque par ce que je me voyais mal porter un tailleur chic lors de la présentation pompeuse e mon travail, irréalisable car jamais je ne laisserais cette sculpture être exposée au public, j’étais bien décidée à la garder pour moi, et moi seule. Un artiste met son âme dans chaque chose qu’il fait et mon âme était trop présente dans celle-ci, cette réflexion m’étais venue puisque la veille je m’étais endormie sur une de mes nombreuses relectures du Portrait de Dorian Gray.
Je m’attachais les cheveux en une queue de cheval et commençais à sculpter. Très vite j’oubliais la réalité de la classe pour me concentrer entièrement sur mes gestes. Je ne savais pas comment défilait les heures, si bien que comme à l’habitude ce serait la voix d’Ismaël qui me sortirait de ma transe.
Cependant alors que je m’attaquais à fignoler un détail sur la chevelure de ma sculpture, la lumière bien qu’habituelle de l’atelier m’éblouis, je chancelais et me rattrapais à une table. Je me mis une main devant les yeux et me laissais tomber à genoux posant ma tête contre le métal froid de la table. Une migraine d’une langoureuse douleur s’était abattue sur moi. Mes oreilles sifflèrent si bien que je ne fus qu’à ma douleur pendant plusieurs minutes. Je crus cependant entendre une fenêtre claquer.
Après un moment je me relevais, la lumière semblait être redevenue telle qu’elle l’était d’habitude. La salle était déserte j’avais du avoir mon malaise pendant la pause cigarette du groupe. Et comme tous fumaient à mon exception près j’étais toujours seule pendant ces moments. Je me relevais encore sous le coup de mon mal de crâne et retournais ma tête vers la statue de femme que je sculptais depuis des mois. Avec horreur je vis que la tête que j’avais mis tant de temps à sculpter dans ses moindres détails gisait au sol. Enfin une masse d’argile piétinée gisait au sol. La rage le disputait à l’incrédulité, comment avait-on pu s’introduire dans l’atelier sans que je m’en rende compte, je n’étais tout de même pas resté évanouit des heures ? Cependant ce fut a rage qui gagna, et je jetais ma blouse.
Je me saisis de mon sac sans prendre le temps de reprendre ma blouse ni mes outils. Je sortis en trombe de la salle, les élèves revenaient de leur pause cigarette et me regardèrent avec interrogation. Je passais devant eux sans même leur accorder un regard.
Je trouverais celui avait détruit mon travail, je le trouverais quel qu’il soit et je me vengerais.
© tous droits réservés. Le texte ne peut être reproduit sans le consentement de Ennola
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