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« Défibrillateur » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Défibrillateur », par StocKo - - - > Chapitre 1 : « Premier Battement » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 29/02/2008 à 22h15 - Mise à jour : le 21/03/2008 à 23h03 - Commentaire(s) : 4 - Lecture(s) : 414 - Chapitre(s) : 3 - Mots : 4276 - Complet : oui - AMR : 14 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 29/02/2008 à 22h15 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 317 - Mots : 1672

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    Alors, voilà que moins d'une semaine après la fin de "Forget About This World", je reviens sur l'Encrier avec une nouvelle histoire. Mieux, avec une nouvelle série : un concept que je voulais essayer d'expérimenter. Finalement, je passe des paroles aux actes assez rapidement : j'ai écrit cette introduction très naturellement, sans gêne.

    Pourquoi ? Parce que je fais ça pour m'amuser, et en m'amusant. Et on pourra dire ce que l'on voudra : c'est encore de cette manière que naissent le mieux les histoires.

 StocKo.

Défibrillateur

Résumé : Un hôpital inquiétant, dans lequel ne travaillent que deux médecins. Un seul patient s'y trouve...Et l'Horreur arrivera. Parce qu'ils sont Hors. Hors du Lieu, pour eux.

Premier Battement

    « Laissez-moi. Il faut que j'aille chasser les roses roses en Suède. »

   

    Il se leva, sortit comme de force d'un rêve qu'il refoulait au plus profond de son être. Son réveil, bien que précipité, n'était pas anodin : il sentait quelque chose de froid, de gelé, même, lui toucher la jambe...Un contact qui était répugnant, mais étonnement attirant. Si ses soupçons se confirmaient, il aurait à rompre, sous la pression du dégoût, cette petite intimité entre quelque chose de...réfrigéré, et sa cuisse chaude, elle. Il entrouvrit une seule paupière : oui, ses suspicions étaient fondées. Un cadavre, putréfié, lui empognait la jambe.

   

    Magnifique réveil. Très beau retour parmis les vivants, grâce à un mort. Après s'être complètement réveillé et étiré, il se redressa et enleva, non sans une grimace dûe à la froideur de la main inerte, le membre du macchabée de sa cuisse. La chose retomba sur le carrelage avec un petit bruit mou répugnant mais harmonieux. Puis il se leva de la couchette métallique sur laquelle il était allongé, et posa les deux pieds au sol, repensa à la tournure innattendue qu'avait pris sa vie pendant la soirée. C'était pourtant juste un jour de plus passé à l'hôpital, et comme d'habitude, il essayait de faire les choses de son mieux. Mais là, ce patient...Ce seul patient...

   

    Préférant pour le moment refouler ses pensées passées, il se concentra sur les tâches qu'il devait effectuer ce matin. Premièrement, il devait trouver son seul compagnon médecin, qui devait probablement lui aussi dormir quelque part dans l'établissement. Ensuite, ils essaieraient tant bien que mal d'oublier les troubles de la veille. Les traumatismes de la veille. Stigmates saignantes ancrées dans sa mémoire. Affreux souvenirs bons pour la poubelle. Des choses que les personnes normales préféraient oublier...Mais était-il encore normal ?

   

    Il cessa net l'introspection qui se mettait progressivement en place dans sa tête. Bien qu'il n'avait jamais été immergé aussi profondément dans un univers métaphorique, irréel, incompréhensible. Mais paradoxalement, il devait plus que jamais être terre-à-terre, agir vite et de sang froid, être stoïque et ne pas réfléchir. C'était la seule condition sine qua non pour qu'il reste en vie depuis qu'il avait été muté dans cet hôpital.

   

    Finalement, après plusieurs longues minutes de recherche à travers l'aile encore intacte de l'établissement, il trouva son seul collègue, en plein travail de nettoyage. Le médecin nettoyait le sang qu'il avait fait jaillir la veille au soir. Il ramassait les morceaux de cervelle, de cervelles, qu'il avait répandu sur les murs la veille au soir. Il époussetait la poussière d'os qu'il avait répandue la veille au soir. C'était un classique lendemain de bataille. Heureusement, ils n'étaient pas blessés, du moins pas encore. Car tout pouvait arriver, avec les créatures.

   

    « Comment va notre patient ? » L'autre médecin hocha la tête : leur unique malade allait bien. Peut-être était-ce bien, peut-être était-ce mal : ils étaient à peu près sûrs que leurs ennuis étaient arrivés à cause de cette unique personne, qui était un des rares patients qu'ils avaient la chance d'avoir. Les deux docteurs passaient le plus clair de leur temps à discuter dans la salle de repos, ils essayaient de nettoyer l'hôpital. Ils le maintenaient en vie, même s'il était mort depuis trop longtemps. D'un commun accord, ils se dirigèrent vers la chambre où reposait le malade. Celui-ci ne dormait pas, il fixait un point sur le mur qui lui faisait face : ses yeux semblaient être vide. Peut-être qu'il avait perdu toute sa substance, la veille. La veille au soir.

   

    Son état n'était pas grave du tout, d'ailleurs, on se demandait bien ce qu'il faisait dans l'hôpital. Mais étant donné que c'était un des dix patients que les médecins voyaient chaque année, ils le chérissaient. Tellement, qu'ils lui faisaient croire qu'il été atteint de certaines maladies difficiles à traiter. Juste pour avoir une troisième personne à leurs côtés dans les couloirs de l'inquiétante bâtisse. Juste pour pouvoir parler un peu avec quelqu'un d'inconnu. Les médecins se voyaient un peu comme les deux astronautes de l'Odysée de l'Espace : horriblement seuls, porteurs d'un très lourd fardeau, parachutés en une terre inconnue et hostile, et en danger de mort. Ne nous mentons pas : ils pouvaient mourir d'un instant à l'autre. Il suffisait juste qu'ils n'intéressent plus le patron.

   

    Car oui, même dans cet étrange endroit, ils avaient un patron. Bien qu'ils soient confinés dans une atmosphère qui dépasse la simple raison, les deux médecins restaient des fonctionnaires. Et, bien qu'ils n'eussent plus reçu aucun salaire depuis leur mutation insoupçonnée dans ce mystérieux lieu, des personnes leur étaient hiérarchiquement supérieures. Peut-être même spirituellement et physiquement : ils ne les avaient jamais vu...Alors, dans ce cas, tout pouvait être possible, même les choses les plus folles, non ? Si.

   

    Le malade, qui ne semblait avoir ni nom, ni prénom, ni date de naissance, ni aucune identité (comme ses deux médecins), se remettait progressivement de son choc émotionnel. Les yeux de l'inconnu avaient vu des choses qu'ils n'auraient pas du voir. Des monstres. Et des monstres qui tuent d'autres monstres. Et encore d'autres monstres qui se font manger par d'autres monstres. Mais les médecins et leur malade imaginaire ne se leurraient pas : ils étaient trois des monstres en question. Car, la nuit dernière, leur environnement avait tellement été modifié qu'ils avaient été modifiés en même temps. Tout semblait s'être tendu, détendu, et puis tout s'était détruit. Même la vie et le temps avaient eu le souffle coupé, l'espace d'un instant (un court instant, mais un instant).

   

    Oui, ils s'étaient comportés comme d'horribles bêtes, la veille. Ils avaient combattu les créatures qui les assaillaient avec ce qu'ils avaient sous la main : leurs mains, bien sûr, mais aussi divers instrument de chirurgie ou de médecine plus générale. Seringues, bistouris, fraises, bouteilles, scalpels, divers appareils éléctroniques...Ils s'étaient battus avec ce qu'ils pouvaient. Mais leur arme préférée avait été le défibrillateur. C'était un des deux médecins qui, dans un violent excès de rage, avait balancé des décharges de puissance maximale à travers les électrodes de l'appareil, qu'il avait maintenues appuyées contre le corps de son attaquant. Et le résultat avait été convainquant : la bestiole était tombée morte, raide, d'un coup.

   

    Après la bataille, ils s'étaient cachés un peu partout, puis s'étaient tous endormis. Avant de se réveiller. Mais maintenant, les trois humains paniquaient à l'idée de revoir la nuit, et de revoir probablement les bêtes féroces qui étaient arrivées la veille, au soir. Elles étaient féroces, mais pas particulièrement rapides ou intelligentes. Non. D'ailleurs, ce détail avait paru bizarre aux trois personnes. Ils ne se battaient pas contre des démons (hormis ceux qu'ils portaient en eux), mais contre...Contre des morts-vivants. Des zombies.



La plupart d'entre eux étaient sortis de nul part, comme ça, hop. Mais d'autres, généralement les plus coriaces, étaient montés des morgues souterraines jusqu'au rez-de-chaussé, rejoignant les autres monstres et créant ainsi une sorte d'armée qui avait l'air d'être énorme et imbattable.



    C'est alors qu'éclata l'orage dans leurs têtes. Ils furent comme possédés par des forces qui les dépassaient. Ils étaient persuadés d'être les plus forts, et ils eurent raison : ils avaient fini par vaincre. Mais, comme disait le populaire dicton, ils avaient gagné une bataille, mais pas la guère. Et ils craignaient tous une deuxième bataille, une suite. Ils craignaient de ne pas pouvoir réitérer leur exploit de la veille. Mais, et cela était étonnant en soi, personne ne laissait transparaître cette crainte, de peur de l'amplifier ou de la transmettre aux autres, sûrement.



Vint alors la nuit redoutée.


 

    Les trois personnes avaient décidé de se réunir dans la salle de repos dévastée de l'hôpital. La pièce était en ruine, des petits morceaux de cadavres jonchaient le sol, mais c'était la seule salle à proposer une machine à café encore en service et des fauteuils, décharnés mais encore confortables. Plus confortables qu'une paillasse de la morgue, en tout cas. Et ils parlèrent, de tout et de rien, en prenant soin d'éviter d'évoquer la sombre soirée précédente. Ils se démenèrent pour ne pas trembler d'angoisse, et y parvinrent. Mais quand ils entendirent ce bruit...Tout sembla se renverser immédiatement, encore une fois.



    Les premiers cadavres animés, tels des marionnettes, arrivèrent dans le couloir principal, avant de se répandre par petits groupes compacts dans presque tout l'hôpital. Les monstres étaient, ce soir, particulièrement silencieux. Alors démarra l'attaque de trois humains plus qu'enragés. Ils sortirent, mus par une volonté qui n'était pas la leur, de la salle de repos, et frappèrent les cadavres mous, qui ripostaient. Un des médecins commençait à mordre à pleine mâchoire la carotide d'un des ses assaillants, faisant jaillir du sang coagulé un peu partout sur le mur, avant que la créature ne retombe sur le carrelage gelé. Il regarda ensuite ses ennemis d'un oeil dans lequel luisaient rage et folie, puis s'attaqua seul à une masse de bestioles.

    Cette nuit là, encore une fois, le défibrillateur fit des miracles, et la bataille fut rude, jusqu'à l'aube. Quand les médecins et leur patient obtinrent à nouveau le contrôle de leurs actes, ils décidèrent de dormir ensemble, et dans la salle de repos. Ils n'organisèrent aucun système de tours de garde, étant persuadés que les attaques des créatures infernales n'avaient lieu que la nuit.



    Et, sans pourtant véritablement savoir pourquoi, ils étaient sûrs d'avoir raison. Un jour passa ainsi.



    Je ne sais pas si ce chapitre plaira, je ne sais pas si cette histoire plaira, je ne sais pas si le cycle "Hors" plaira...Mais bon. Comme toute chose, il lui faut laisser le temps de se mettre en place...

     Tiens, ce soir, je resterai un peu évasif. Comme ça, pour voir.

    Si ce chapitre vous a plus, dites le moi. Si vous pensez que la suite risque d'être intéressante ou pas, dites le moi. Si vous pensez que Hors ferait mieux de se terminer immédiatement, ou, au contraire, d'être mené jusqu'à son terme, dites le moi également. Je le sais, maintenant : c'est grâce à ses lecteurs qu'un auteur structure et améliore son œuvre.

StocKo.

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