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« L'horreur dans l'ombre » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « L'horreur dans l'ombre », par Skacky - - - - Chapitre unique
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 01/04/2008 à 23h02 - Mise à jour : le 01/04/2008 à 23h02 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 318 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 3007 - Complet : oui - AMR : 16 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 01/04/2008 à 23h02 - Modifié : le 03/04/2008 à 14h01 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 318 - Mots : 3007


Dernière née de mon esprit tourmenté, « l'horreur dans l'ombre » est une nouvelle macabre et psychologique mettant en scène un culte étrange se livrant à un rituel interdit dans la sombre demeure d'un ami du narrateur, qui s'est accidenté par une nuit pluvieuse et froide dans les environs de Providence, Rhode Island.

L'horreur dans l'ombre

Résumé : Cette note de suicide, retrouvée sur un cadavre atrocement mutilé et non identifiable en novembre 1920, relate des faits surnaturels dans les environs de Providence, Rhode Island, lors d'une nuit pluvieuse et agitée...

I.
L'obscure demeure

Je savais qu'il allait se passer quelque chose dans cette maison isolée à la lisière d'une sombre forêt de pins, perchée sur des collines brumeuses et humides. L'horreur que je vis ce soir de novembre 1920 fut indescriptible, inéffable et d'une intensité inégalable. Alors que je me promenais dans la forêt ce soir là, et que j'allais rejoindre ma voiture, quelque chose m'interpela, quelque chose de bizarre. Au début, je n'y fis guère attention, mais cette lueur au bout du sentier de terre humide longeant les arbres sinistres m'intriguait. Arthur Van Den Bos m'attendait ce soir pour me soumettre un rapport important, et il fallait que je retourne à Providence le plus vite possible.

Bien que cette lueur verte et inexplicable m'attirait, je me résolus à contrecœur à rejoindre ma voiture. Celle-ci était garée non-loin d'une baraque de bois pourri où vivait Ana, une vieille femme schizophrène qui rôdait parfois dans les bois et qui creusait sans relâche un trou menant « aux Mondes Souterrains des Grands Anciens ». Cette sottise me faisait doucement rire, et je tournis les clé et démarra aussi vite que possible. Providence n'était qu'à trente kilomètres d'ici, mais il fallait faire vite afin de ne pas froisser Arthur.

Alors que je quittais la forêt, une pluie torrentielle tomba sans prévenir. Avec la terre humide et glissante, il était difficile de manœuvrer et de ne pas heurter d'arbres. En me dirigeant vers la fin d'un sentier, je vis deux personnes longeant les arbres, habillés de long manteaux noirs, l'un deux portait un livre dans ses mains, sous un pan de sa veste trempée. Une autre voiture passa à côté de la mienne et disparût silencieusement dans la pénombre humide et bruyante du soir. J'arrivais maintenant au bord d'un lac, arborant une surface démontée secouée par des ondes intenses et puissantes.

Soudain, un éclair vint frapper un arbre à proximité de ma voiture, et dans un élan de panique, je tentais de contourner l'arbre et d'éviter qu'il ne s'écrase sur moi. Malheureusement, mes pneus glissèrentet ma voiture vint s'encastrer dans un vieux tronc d'un pin ancien. Je n'avais rien, si ce n'est quelques égratinures, mais ma voiture avait prit cher, et j'étais désormais bloqué ici. Arthur allait être furieux, mais qu'il aille au diable, après tout. Cependant, cet accident n'était que le premier acte de cette nuit folle et horrible, et les ténèbres pluvieuses allaient bientôt se refermer sur moi.

Étant habitué à me promener dans ces bois devenus familiers, je savais qu'il y avait la maison du garde-chasse Wemfrey non-loin, en bordure de forêt. Wemfrey était un homme bourru et à première vue méchant, mais je savais qu'il pourrait m'héberger le temps que la tempête passe. Je me dirigeais vers la grande maison du garde-chasse, m'enfonçant inéxorablement dans l'obscurité sensuelle des bois sombres et trempés, la pluie tombant toujours abondemment. Les chemins de terre étaient devenus de véritables torrents de boue visqueuse et collante, et ne pas tomber était difficile. L'important était que je me rapprochais de plus en plus de la demeure de Wemfrey.

La voiture que j'eus croisé quelque temps avant mon accident était garée en lisière de forêt, juste devant le gigantesque portail de métal de la maison du garde-chasse, me laissant perplexe. Ce n'était pas la voiture de Wemfrey, et il y avait toujours ces hommes encapuchonnés qui rôdaient dans la forêt. Le soir laissait place à une nuit orageuse et froide, et il fallait que je me trouve un abri. Le tonnerre retentissait fréquemment à proximité, je me sentais en danger.

Le portail de la maison était entrouvert, et je pénetrais silencieusement dans le jardin inondé de la sombre bâtisse en bois et en pierre obscure. Soudain, j'entendis un craquement de branche à côté de moi, et ma première réaction fut de me terrer derrière un arbuste trempé. Je regardais furtivement d'où le bruit venait, mais je ne voyais rien dans ce chaos de pluie, de tonnerre et d'arbres mouillés d'où tombaient d'énormes gouttes d'eau gelée.

Tout-à-coup , les deux hommes avec leurs longs manteaux que j'avais aperçus auparavant apparurent en bordure de forêt, et vinrent rejoindre un autre homme habillé richement dans l'allée boueuse. Il y avait un quatrième homme, mais je ne voyais pas distinctement de qui il s'agissait. Ils échangèrent rapidement quelques paroles puis entrèrent dans la maison du garde-chasse. S'agissait-il d'invités ? Toujours est-il que ces gens étranges m'intriguaient, et je me rapprochais de la maison noire silencieusement sous la pluie torrentielle. Bien que les hommes étaient entrés dans la bâtisse, il n'y avait aucune lumière à l'intérieur, chose qui me laissait perplexe.

La lourde porte en bois de la maison était elle aussi entrouverte, pour mon malheur, et j'entrais doucement dans le hall de la sombre demeure perdues dans ces collines froides. La luminosité qui régnait à l'intérieur de la maison était d'un bleu spectral et irréel, crééant un tableau fantômatique et effrayant, quelque chose de tout-à-fait inhospitalier et glacial. Les tableaux aux figures grimaçantes et déprimantes rendaient réellement ce lieu terriffiant au possible, et plus mes yeux se perdaient dans l'obscurité bleue et profonde, plus je sentais une terreur moite monter jusqu'à mon cerveau, paralysant chacun de mes membres et chacune de mes pensées. Tout était silencieux et je ne pouvais que regarder cette bâtisse éthérée et glauque, perdu au milieu d'un enfer de verre, de meubles d'ébène et de bois ancien. Je savais que les quatre hommes étaient eux aussi dans cette maison horrible. C'est justement cette pensée qui m'extirpa du vide glacial dans lequel je m'étais égaré.

Je continuais à avancer dans les couloirs aux hautes fenêtres, plongés dans la pénombre bleue, et je sentais que je m'enfonçait, à chaque pas, un peu plus dans la gueule dentée d'un terrible monstre informe et indescriptible. Le grincement léger du parquet me glaçait le sang à chaque fois que je posais le pied, ce qui renforçait encore plus cette ambiance glauque et spectrale. Je me trouvais désormais dans une grande pièce où trônait une table avec un petit chandelier aux bougies éteintes. De l'autre côté, il n'y avait qu'une sombre cheminée éteinte et deux fauteuils vides.

Alors que je me dirigeais vers la porte entrouverte menant à une étage inférieur, une goutte d'eau tomba sur mon épaule. Je pensais que c'était de l'eau, mais après en avoir reçu une autre sur le dos de ma main, un cri effroyable sortit de mon âme. C'était du sang, et Wemfrey était pendu au plafond, à moitié dévoré au niveau de l'abdomen, où siégeait un gouffre gigantesque parsemé de côtes brisées. Une flaque de sang infâme se trouvait à mes pieds, sous son cadavre déchiré. La terreur qu s'empara de moi à ce moment là était tout simplement indescriptible, les cris les plus abominables de mon être s'échappèrent pour former un orchestre symphonique d'horreur où le chef d'orchestre était la Peur elle-même.

Je tombais dans une spirale statique d'abominations, et j'étais désormais certain que les hommes étranges étaient avertis de ma présence indésirable. Je me précipitais derrière une chaise de bois afin de me cacher, et j'attendis. J'ai dû attendre plusieurs minutes interminables, tapi dans la pénombre noire et bleutée qui régnait dans la grande salle mortuaire. Au fond de moi, je souhaitais que ces hommes montent et mettent fin à ce cauchemar, mais il n'y avait aucun bruit, sauf celui du sang qui gouttait délicatement sur le sol inondé. Vu que rien ne venait, je sortis de ma cachette de fortune pour scruter le territoire hostile et fantômatique dans lequel je me trouvais. Il m'était venu à l'esprit de m'échapper de la maison, mais je n'en avais pas le courage, et je sentais que quelque chose m'attirait dans cet antre d'horreur.

Je me dirigeais vers la seule porte entrouverte, en contournant la flaque de sang immense qui pourrissait silencieusement au sol. La pièce qui se trouvait derrière possédait un escalier de bois fragile à première vue, étant complètement dévoré par les termites. La galerie de pierre noire semblait descendre vers les tréfonds de l'enfer, provoquant une peur moite semblable à celle que j'eus en entrant dans la maison. Je descendais prudemment les marches tremblantes, de peur de tomber dans l'obscurité vide et froide hantant ce lieu cauchemardesque et détestable. Je m'enfonçais inexorablement dans les entrailles de l'obscure demeure, loin de l'extérieur pluvieux et vivant.

II.
La chose qui venait de la cave

Au bout d'une descente éprouvante, se trouvait une autre pièce, cette fois ci éclairée par un chandelier posé sur une caisse en bois. Je pouvais entendre des chuchotements provenant d'un coin de la pièce ; c'était sans aucun doute les quatre hommes mystérieux. Même si le chandelier éclairait correctement la pièce souterraine aux plafonds arcqués, une obscurité glauque régnait encore et toujours comme une maîtresse impitoyable, masquant les sombres murs archaïques et difformes. Je m'approchais doucement et sans bruit de l'autre source de lumière, derrière un pan de mur à moitié démoli et soutenu par une faible poutre de bois humide et pourri. Les chuchotements ressemblaient vaguement à des incantations mornes et étranges venant d'un quelconque culte. Il y avait encore d'autres caisses contre les vieux murs de pierre grise, dont certaines étant ouvertes. Il y avait quelque chose à côté de ces caisses bizarres, mais j'étais trop loin pour distinguer quoi que ce soit, je préférais rester à distance des hommes proches tandis qu'ils continuaient inexorablement à chuchoter des paroles rythmées et identiques.

Malheureusement, Warren, qui me reprochait ma curiosité intempestive, avait finalement raison, et je ne pus m'empêcher de m'approcher encore et encore des hommes chuchotant tranquillement. J'étais désormais derrière les caisses en bois, recroquevillé désespérement dans ma petite cachette de fortune.Je savais que si je faisais un mauvais mouvement, ces tueurs infâmes me débusqueraient ; je me fis naturellement le plus discret et petit possible. Les caisses en bois étaient humides, et avaient de la boue à leur base ; elles avaient dû être tirées dans la terre au dehors, mais il fallait cependant une force colossale, presque surhumaine pour déplacer ces caisses d'une masse considérable, même à quatre. Soudain, je posai la main la main sur un objet tiède, dur, et d'une rare solidité. Je regardais nonchalemment la chose que je touchais, et un sursaut horrible convulsa mon corps frigorifié ; c'était des ossements humains !

Une sueur immonde coulait le long de mon visage mortifié par la peur, et je sentais mes yeux sortir de leurs orbites. Cette vision atroce m'avait glacé le sang, et les morceaux de peau putréfiée encore présents sur les os émettaient une odeur pestilencielle et innommable, emplissant l'air confiné d'une odeur de mort et de décadence. J'eus du mal à me retenir de vomir, la peur m'interdisant de faire un quelconque bruit. J'avançais lentement vers la dernière caisse, sachant très bien ce qu'elle contenait, à chaque fois que j'avançais les chuchotements se faisaient de plus en plus entendre, me gelant littéralement le sang dans les veines bouillantes qui parsemaient mes bras courbaturés et fatigués.

J'étais désormais dans une position inconfortable et frustrante, et je voyais distinctement les quatre hommes monstrueux ; disposés autour d'un cercle tracé avec du sang, ils semblaient être dans une transe folle et absurde, récitant un texte incompréhensible dont je n'entendis que ce fragment :

« O'AYT-ÜND YGG'SYNOGOGTH !
TUN' MIL SËRBÜG QWAËK !
O'AYT-ÜND YGG'SYNOGOGTH !
AE'RBÜST IRÖDVA'R SËRBÜG TU ! »

Ils avaient disposé des os tout autour du cercle, et continuaient de réciter leur folle incantation inlassablement. Le cauchemar terrible qui envahissait l'air mort de la cave voûtée rendait l'atmosphère macabre et lourde, crééant une impression morbide à souhait. La petite salle souterraine était d'une noirceur isondable ; chaque fois que les hommes finissaient un couplet impie, un nuage obscur voilait de plus en plus la pièce au sous-sol, recouvrant le sol d'une brume grisâtre et sombre, devenant de plus en plus noire au fur et à mesure. Je regardais furtivement ma vieille montre, et il était déjà cinq heures du matin, le temps avait passé avec une vitesse remarquable, ce cauchemar démoniaque et invraisemblable devait forcément y être pour quelque chose. Je ne croyais plus mes yeux devenus fous, une peur gelée et rampante montait le long de mon dos, paralysant chacun de mes membres déjà ankylosés par la terreur innommable qui pétrifiait mon esprit malade.

Je ne pouvais qu'observer ce spectacle macabre, désolant et d'une folie à nulle autre pareille. Les cultistes fanatiques continaient leur incantation, sans que rien ne vienne les troubler, pas même la puanteur atroce qui régnait dans la cave cryptique imitant des catacombes hantées par un monstre horrible. J'étais bien trop terrorisé pour tenter quoi que ce soit. Je souhaitais simplement mourir rapidement, car je savais que j'avais atteint un point de non-retour dans la folie. La pièce était maintenant emplie d'un brouillard noirâtre et dense, masquant absolument tout autour de moi ; comme si je me trouvais dans le vide froid et noir de mon esprit aliéné, perdu au beau milieu de ce labyrinthe détestable et grotesque.

Les hommes se turent, annonçant la fin de leur incantation absurde. Je regardais ce spectacle prendre fin, les hommes reprenant peu à peu conscience au bout d'un temps. Le plus grand des quatre, caché derrière un masque en argent, sortit une dague aiguisée, et, dans un mouvement d'une précision incroyable et surhumaine, surnaturelle, égorgea bestialement son camarade de gauche sous mes yeux horrifiés. Les deux autres se contentaient de regarder leur compagnon se faire littéralement dépecer par l'autre homme, déchaînant son côté bestial, faisant monter sa folie, ainsi que la mienne, à leurs paroxysmes. Avec un air triomphant, et ce sourire immonde qui convulsait ses lèvres, il déposa les lambeaux de chair sanguinolante dans une bassine d'argent que je n'avais pas remarquée.

Après avoir soigneusement posé les morceaux encore palpitants et gonflés de sang, il hurla le couplet de son invocation folle, à s'en déchirer la voix. Il répéta ce couplet trois fois, puis fit un signe avec sa main droite. L'homme qui se tenait à sa droite fut soudain pris de spasmes affreux, et s'éffondra au sol gelé en hurlant de douleur, se tenant le ventre et crachant du sang noir au sol. L'autre ne cessait de répéter « il arrive, il arrive... ». L'homme au sol se convulsait dans toues les sens, dans une cacophonie de cris abominables et perçants, tellement horribles que j'eus du mal à ne pas perdre conscience. Il était totalement désarticulé, puis sa cage thoracique explosa dans une gerbe de sang sombre et putride. L'autre illuminé était en extase totale, pris d'un rire hystérique et démentiel. Je vis quelque chose de terrible à ce moment là, plus terrible que toutes les horreurs que je vis jusqu'à présent ; une bête informe et gigantesque avait surgi des entrailles déchiquetées de l'homme pris de spasmes. Cette chose atrocement cauchemardesque et innommable venait d'être invoquée sous mes yeux, sans que je ne puis rien faire !

III.
La Peur rampante

Ma première réaction fut de hurler le plus fort possible, rien que la vue de cette chose répugnante et bouffie suffisait à provoquer un torrent de panique terrible. Cette masse de chair suintante difforme poussait des cris si affreux que je dûs me boucher les oreilles, et répendait une odeur si nauséabonde que je fus pris de vertiges à la limite de l'évanouissement. La chose innommable gémissait horriblement, comme une bête affamée attendant son repas depuis un temps incalculable. Fait tout aussi surprenant que la scène que je voyais ; j'entendis un concert d'aboiements au dehors, entre deux hurlements de la chose infâme.

Dans un élan de panique démente, et pendant que la terrible créature dévorait les cultistes dans des bruits insoutenables d'os craqués et de chair déchirée, je courrus aussi vite que le permettaient mes jambes frêles et tremblantes jusqu'à l'escalier de bois par lequel j'étais descendu dans cet antre de folie totale ; cet antre dans lequel ma dégénérescence avait enfin pris tout son macabre sens ; car je ne suis pas dans cette maison maudite par hasard ; et je pense finalement que la vieille Ana n'était pas si folle que ça ; il y avait bel et bien des démons souterrains qui hantaient les ténèbres obscures. Bien que le matin fut levé depuis déjà quelques minutes, l'ambiance glauque et bleue régnait toujours à l'étage, transmutant encore et toujours ce froid infâme. Seuls quelques rayons de soleil venaient passer à travers les petits carreaux humides des immenses fenêtres de la grande salle, où le corps sans vie du garde-chasse éviscéré pendait toujours dans le vide, et où la flaque de sang avait terminé de se répandre.

Fort heureusement, avec l'aube qui arrivait, il était un peu plus facile de se déplacer dans la pénombre funèbre qui flottait malicieusement dans l'air de la maison. J'entendais la chose horrible émettre des gémissements atroces encore plus perçants que d'habitude, que j'avais oubliés dans ma panique irrationnelle. Alors que j'arrivais enfin dans le hall terrible, et que je tentais de rejoindre la porte pour m'évader de ce cauchemar une bonne fois pour toutes, des tentacules immenses émergèrent du sol et vinrent se mettre devant la seule sortie possible de ce dédale d'horreurs. Avec le peu de forces qui me restait, servant à hurler de terreur ; briser une autre fenêtre était tout-à-fait impossible. J'étais définitivement pris au piège de cette chose qui venait de la cave arcquée et cryptique.

Soudain, les murs commencèrent à trembler, et une sorte de corruption infestait petit à petit les murs, faisant sortir des crocs gigantesques des parois, quelles qu'elles soient. Dans ma folie, je décidai de gravir le grand escalier du hall d'entrée, pour tenter d'échapper à la chose impossible et ne plus entendre ses cris provenant d'ailleurs. J'arrivai rapidement dans le couloir supérieur menant aux chambres et aux luxueuses salles de bains, retapissées de chair putride d'où émanait une puissante odeur de putréfaction. La flétrissure inqualifiable continuait d'envahir les murs, transformant peu à peu cette maison en un être Autre.

J'entrai dans la chambre du feu garde-chasse, quand je vis quelque chose de tellement dérangeant que je n'eus qu'une seule idée en tête ; en finir. La vieille Ana souriait, visiblement contente de ce qui se passait. Au mur, il était inscrit avec son sang :

« NG'ËGGHLTH'ÄYT - ËËRH'THR-YÖG
YGG'SYNOGOGTH'ÏA ! - WGÄF'TWGÄHZR
Ë'DRAÄTH'DÜMT-R - ÏA ! ÏA ! WÜLYAHG !
DRËK'NGHFT-T'ÄLL - QWAËK YGG'SYNOGOGTH ! »

 Puis la vieille femme prononça hystériquement les paroles horribles que l'homme au masque d'argent récita quelque temps auparavant. La chose innommable parsemée de cadavres à la chair pâle et pourrie me fixa avec ses quatres yeux oranges et vides de vie, déchaînant un flot discontinu de salive putride noirâtre d'où s'échappait une odeur insoutenable.

« O'AYT-ÜND YGG'SYNOGOGTH ! »

 Dès lors que vous trouverez cette note écrite avec mon sang et mes dernières pensées, cela voudra dire que j'ai mis fin à mon existence. Je vous prie de croire que ces évènements furent réels, aussi réels que ceux rattachés à l'affaire de l'Ogre. Mes forces m'abandonnent rapidement, et je ne puis continuer à écrire. Arthur Van Den Bos était furieux, je le savais. Mais quelle folie ! Et quelle était cette lueur verte ? Jamais nous ne le saurons. Ygg'Synogogth consume et attire, puis annihile totalement.



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