-
-
> Chapitre 1 : « Chapitre 1 » - 
| L'histoire | Ce chapitre |
|---|---|
| Publié : le 06/04/2008 à 21h58 - Mise à jour : le 08/04/2008 à 21h03 - Commentaire(s) : 3 - Lecture(s) : 211 - Chapitre(s) : 2 - Mots : 2731 - Complet : non - AMR : 10 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 | Publié : le 06/04/2008 à 21h58 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 154 - Mots : 1023 |
Servons-nous
|
Résumé : Un futur dans lequel les explorateurs de planètes lointaines ne considèrent leurs ressources que d'un point de vue marchand. Flin lui préfère voir ces beautés exotiques que recèlent ces nouveaux mondes d'un regard plus poétique. |
Chapitre 1
Cerné d’ombre, Flin s’affairait sur les claviers et écrans qui diffusaient une faible clarté artificielle dans la salle de pilotage. Son vaisseau cargo se maintenait avec difficulté dans le vide froid et hostile. Il n’avait pas les moyens de se payer mieux, aussi s’en contentait-il. Flin était bon bricoleur et savait toujours apporter les réparations nécessaires à un vol restant pourtant incertain.
Il arpentait la galaxie à la recherche d’un filon quelconque à exploiter. Tout ce qui avait une valeur marchande était bon à prendre. Minerais, métaux, formes de vie, ou plus rare encore, de vieilles technologies abandonnées par quelque civilisation inconnue. La chance était un facteur essentiel pour ces explorateurs tant le secteur de recherche était vaste. Des milliards d’étoiles comportant chacune une dizaine de planètes, et des nuages d’astéroïdes et comètes qu’il ne fallait pas négliger.
Flin avait préféré se lancer dans ce mode de vie plus que précaire, au risque de ne jamais rien trouver qui vaille le coût, plutôt que de passer une longue et morne vie, cloitré comme tout autre bon citoyen modèle à travailler bêtement sur une de ces planètes que l’homme avait colonisé. Comment se sentir utile dans ce genre d’emploi sous-payé que n’importe quel robot bien programmé pouvait accomplir à leur place ? Et même probablement mieux.
Flin, comme son frère, n’avait jamais pu se faire à une existence si prévisible loin de tout espoir d’évolution. Ils avaient tout deux choisi de s’arracher de ce quotidien stérile en parcourant la Voie Lactée, leur chère galaxie. Mais son frère Vlad réussissait bien mieux dans ce mode de vie, puisqu’il ne laissait rien échapper, exploitait tout et n’importe quoi sans retenu jusqu’à ses derniers retranchements. Flin n’approuvait pas ce manque de moralité. Se servir impunément de certaines formes de vie sans nul autre but que l’asservissement, allait contre ses principes. Mais cela ne l’aidait pas à élever son niveau de vie. Il stagnait alors que son frère lui ne cessait de faire des profits des plus juteux, s’offrant tout ce qui lui faisait plaisir. Il aurait bientôt sa chance lui aussi, et réussirait comme son frère sans se laisser aller à la facilité d’exploiter éhontément les ressources que prodiguait l’univers. Toute chose se devait d’être respectée, ou du moins remerciée pour les bienfaits qu’elle nous apportait.
Tout ce qu’avait pu dénicher Flin jusqu’à présent était des métaux de moyenne valeur, quelques jades, émeraudes ou saphirs, mais rien qu’on ne put se procurer en grande quantité, maintenant que voyager de par les étoiles se révélait si simple. Ses plus gros coups avaient consisté en des vestiges de civilisations défuntes dont les ruines avaient des valeurs aussi bien historiques qu’artistiques.
Une variété de planètes s’étalait devant lui, toutes susceptibles d’abriter la vie, il avait l’embarra du choix. Dans ces cas, il procédait en général au hasard, à moins que l’une des planètes ne lui semblât plus attirante. Bien évidemment, il excluait les géantes gazeuses des choix proposés. La surface solide de ces planètes se trouvait enfouie à des profondeurs de gaz et liquide inconcevables pour les technologies actuelles. La pression et la température qui y régnait ne pouvaient être supportées. Pourtant, paradoxalement la vie se développait plus facilement que sur les planètes telluriques. Les sondes blindés et les scanners à grandes profondeurs l’avaient révélé sur de nombreux mondes étudiés. Mais ces ressources resteraient encore longtemps hors de portée.
L’univers était plein de charme. Couleurs, formes et mouvements se combinaient en d’infinies possibilités de beauté aléatoire. C’était également l’un des plaisirs de l’exploration, découvrir de nouveaux mondes plus surprenants les uns que les autres, de quoi s’émerveiller et faire pétiller l’imagination de tout explorateur foulant ces sols encore épargnés d’humanité.
Chaque fois il immortalisait ses découvertes en capturant l’image de la planète. Quelques révolutions en orbite lui permettaient d’obtenir une visualisation en trois dimensions parfaite, qu’il pouvait revisionner à volonté en zoomant au centimètre près. Sa collection comptait maintenant une centaine de planètes qu’il avait méticuleusement classées par catégories bien spécifiques. Entre les périodes de voyages à travers l’espace et les observations en orbite, il disposait d’énormément de temps à tuer. Il allait jusqu’à leur donner un nom, bien plus poétique que ceux officiellement donnés par le service de classification des objets célestes. Sans même les explorer, on leur donnait un vulgaire nom de code sans aucun rapport avec son caractère propre. Une numérotation fade sans originalité, vide de sens.
- Laquelle choisirais-tu Magel ?
Flin avait nommé ainsi son robot copilote, diminutif de Magellan. Il l’assistait efficacement dans toutes les tâches à réaliser dans le vaisseau. Pilotage, entretien ou simple cuisine, il se mettait au travail sans rechigner, mais lorsqu’il s’agissait d’imagination ou de choix subjectifs, il n’était d’aucun secours. Flin savait cela, mais soit il voulait un avis raisonné et objectif, soit s’entendre poser la question l’aidait-il à choisir lui-même.
- Je choisirais la plus proche Monsieur, répondit le robot d’une voix monocorde.
Bien évidemment, une réponse sans intérêt.
Une des planètes disposait de plusieurs lunes à l’aspect bien spécifique, renvoyant leur clarté dans une épaisse atmosphère. Il savait maintenant comment reconnaître celle qui lui offrirait le plus beau spectacle. Mais il douta. Il faisait peut-être mieux d’écouter son robot pour une fois. Choisir systématiquement les planètes pour leur attrait esthétique ou peu commun, ne facilitait pas les rentrés d’argent. Les trajets qu’il effectuait le rallongeaient, entraînant de plus fort coûts en carburant et entretien de son astronef. Il envisagea un instant d’écouter la voix de la raison consistant à rejoindre ce monde fade et probablement démuni de toute vie. Il ferait bien entendu une économie de plusieurs années-lumière de combustible, et ce qu’il trouverait sur place serait fort probablement identique à ce qu’il aurait trouvé sur la planète éloignée plus attrayante.
Mais la tentation fut la plus forte. Il s’était assez ennuyé pendant le voyage pour ne pas se priver d’un petit plaisir, le seul qui le tenait accroché à ce mode de vie.
- Magel, dirige nous vers cette VG027-236-0F3Y.
© tous droits réservés. Le texte ne peut être reproduit sans le consentement de gunter
| Commentaires | Favoris et notifications | Corrections |
|---|---|---|
| Images | Impression | Gestion |
Vous ne pouvez pas modifier cette histoire. | |