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> Chapitre 2 : « Chapitre 2 » - 
| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 06/04/2008 à 21h58 - Mise à jour : le 08/04/2008 à 21h03 - Commentaire(s) : 3 - Lecture(s) : 1243 - Chapitre(s) : 2 - Mots : 2731 - Complet : non - AMR : 10 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 | Publié : le 08/04/2008 à 21h03 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 292 - Mots : 1708 |
Chapitre 2
Le vent soufflait fort sur la végétation, malmenant les feuilles aux teintes ocre. Une créature redoublait d’efforts, cognant sa tête massive contre le tronc d’un arbre pour en faire tomber les fruits. Une carapace noire aux reflets bleutés protégeait son corps charnu. De ses six pattes elle parcourait ce monde, sans jamais parvenir à combler sa faim. Son lourd crâne frappait la végétation pour qu’elle lui livrât ses bienfaits. Heureusement pour elle le vent remuait constamment les feuillages, dissimulant plus ou moins ses activités nourricières aux yeux de ses prédateurs.
Le ciel verdâtre était clair. Pas le moindre nuage. La lumière du soleil filtrait à travers la végétation, décorant le sol et le dos de la créature de motifs arrondis sans cesse en mouvements. Plusieurs ombres la survolèrent. Alertée, elle jeta des regards à la ronde, arrêtant un instant de se nourrir.
Dans un bruissement d’air, une créature ailée lui fondit dessus avec brutalité, plantant sa large mâchoire à la base de son cou. De longs crocs libérèrent leur venin, puis l’assaillant s’envola sans plus perdre de temps, laissant la créature blessée se tordre de douleur au sol, qui arracha et brisa la végétation alentour avec violence, pour peu à peu se figer.
Elle fut happée par un vif éclair rouge, l’arrachant de terre où les fruits fraîchement tombés roulaient encore sur les quelques feuilles mortes.
Aussitôt, une lourde goutte poisseuse d’un bleu sombre vint entacher le sol. Le sang de la créature se répandait sur la cime des arbres, alors que dans un ballet féroce on se disputait son cadavre dans les airs. Les os craquaient et la chair s’arrachait par morceau sans qu’une seule miette de nourriture ne parvînt jusqu’au sol. Dans un désordre apparent, ces êtres savaient être précis pour ne rien gaspiller du repas.
Mais il ne resta bientôt plus grand-chose à récupérer sur la carcasse qui se retrouvait éjectée d’un point à l’autre du ciel sans jamais perdre d’altitude, et la concurrence les poussa à s’attaquer entre eux. Des jets de flammes griffèrent les airs autour des restes sanguinolents. Les êtres volants se limitaient à de simples manœuvres d’intimidation, ils ne cherchaient pas à s’entretuer, mais juste à rappeler la place de chacun au sein du groupe.
Les mâchoires claquèrent de frustration dans le vide quand les membres incarnant l’autorité s’emparèrent de leur butin, volant côte à côte.
Glissant dans leur sillage, le reste du groupe espérait que le couple de privilégié laisserait tomber quelques morceaux de leur festin.
Les prédateurs s’éloignaient vers l’horizon dans le lourd silence qu’ils avaient installé. Puis peu à peu, l’activité du monde vivant reprit son cours normal, mêlant cris, chants et grouillements de petits êtres.
Il était en orbite depuis déjà quelques heures, et ne pouvait décrocher les yeux de ce spectacle. De brillants joyaux accrochés à la toile d’encre de l’espace. Trois grosses lunes accompagnaient la planète aux vives teintes vertes dans sa rotation. Une danse incessante faite de glaces, de roches et de métaux oxydés reflétant et s’échangeant la lumière d’une lointaine étoile bleue.
Il aurait pu tout aussi bien la contempler sur ses écrans de contrôle maintenant qu’elle était parfaitement cartographiée. Pas un fossé, pas une colline ne manquait dans sa représentation numérique, que se soit sous les eaux, sur terre ou dans les airs.
La vie s’était remarquablement développée à sa surface. Des créatures géantes s’ébattaient placidement dans les océans teintés d’émeraudes. Les êtres peuplant les terres émergées se montraient par contre plus farouches. On eut dit qu’une compétition permanente entre espèces les forçait à la prudence. Des traces de vie existaient bien, mais Flin n’avait pu observer aucun animal terrestre y correspondant.
Un seul moyen lui restait pour y parvenir, descendre lui-même regarder. Il fallait soi-même être prudent dans ces cas là, puisque ce genre de comportements révélait clairement la présence de nombreux prédateurs, sûrement redoutables. Et ces spécimens avaient une valeur inestimable aux yeux de Flin. Son fidèle robot à tout faire, Magel, savait se montrer irremplaçable dans ces moments là.
- Magel, pense à réviser tes dispositifs de défense. Je m’occupe de l’atterrissage.
Sans un mot, le robot s’affaira sur ses circuits pour en vérifier le bon fonctionnement. Flin quant à lui amorça la descente vers la planète. Il avait repéré une zone suffisamment calme et dégagée pour y poser son vaisseau.
Il se réservait bien souvent la manœuvre d’atterrissage, le seul aspect du pilotage qu’il trouvait digne d’intérêt. Chaque planète était particulière, et en aborder une était toujours une expérience unique. Chacune avait une atmosphère à la densité et à la composition propres. Outre les aspects techniques, le fait de voir la surface de la planète grossir à vue d’œil, de dévoiler enfin sa véritable nature, était un spectacle que ses yeux ne voulait laisser à personne d’autre. Surtout pas à un robot à l’esprit glacé qui n’y voyait rien que matière et lumière.
Les premiers frottements se produisirent, embrasant l’air autour de l’astronef. Puis sa descente se ralentit et se stabilisa, révélant une planète aux reflets toujours plus verts, des océans aux forêts, en passant par les montagnes. Bien qu’occupé à ses manœuvres, Flin pensa finalement à un nom pour la planète : Jade. Même le blanc immaculé des sommets enneigés correspondait à la définition, puisque ce minéral pouvait être d’un vert si pâle qu’il apparaissait blanc.
Le terrain qu’il avait choisi pour atterrir n’était recouvert que de buissons et broussailles. Mais même là, la luxuriance était de mise dans cette végétation épineuse. Pour poser pied à terre, le vaisseau dut écraser quelques arbustes. Flin aurait bien sûr souhaité éviter ce massacre inutile, mais il n’avait pu trouver aucun lieu composé de simple herbe. Et cela ne faisait que commencer, puisqu’il allait devoir se frayer un chemin au travers de l’épaisse flore.
Un simple masque suffisait pour filtrer l’air de la planète. Celui-ci était plus dense et lourd que ce qu’un humain normal pouvait supporter. Il fallait donc limiter et sélectionner ce qui entrerait dans ses poumons.
La porte extérieure s’ouvrit sur un entrelacs de ronces et de lianes dont les épines n’invitaient pas à la proximité.
- Magel, pourrais-tu me libérer un passage ?
Sur cette question qui n’en était pas une, le robot pointa un de ses petits canons intégrés. Une légère détonation, et l’air se brouilla dans la direction qu’il visait. Soumis à une intense chaleur, la végétation s’était déshydratée jusqu’à s’émietter en une fine poudre brune au sol. Flin devait bien être le seul dans sa profession que ça chagrinait de voir un monde étranger maltraité ainsi. Mais s’il pouvait laisser faire le sale boulot par un autre, il ne se gênait pas. Étonnamment les ronces n’avaient été réduites en cendre que là où le rayon ardent avait été le plus fort. Sur les côtés, la chaleur était en général assez forte pour flétrir invariablement n’importe quelle plante. Mais celles-ci avaient résistés, c’était intéressant. Un échantillon serait sûrement utile.
Avançant de quelques pas sur le sol maintenant dégagé, il aperçut ce qui ressemblait à de gros insectes s’enfoncer plus profondément dans la végétation. Aussi long et large qu’une tête humaine, ces scarabées laissaient présager d’un degré d’évolution et d’une diversité étonnante. S’il ne trouvait rien de mieux, peut-être devrait-il penser à en capturer un.
Sans prévenir, une vague de feu vint déferler contre le bouclier que Magel avait dressé au cas où, comme il convenait de le faire en terre inconnue.
Lorsque la fumée disparut, elle laissa apparaître derrière elle un petit lézard volant qui survolait à peine les arbustes, ne voulant sûrement pas se faire remarquer. Ses ailes membraneuses se pliaient et se déployaient souplement pour porter son petit corps vert dans les airs.
Flin s’imagina un instant du point de vue du scarabée qui venait de décamper. La végétation aurait eu les airs d’une luxuriante forêt et le lézard d’un redoutable dragon tout droit sorti des mythes moyenâgeux.
Celui-ci ouvrit la gueule pour lâcher à nouveau une gerbe de feu, mais avant que Flin ait eu le temps de l’en empêcher, Magel tira sur la créature volante, agacé qu’on mît à mal son bouclier énergétique. Quand le projectile le transperça le petit dragonnet explosa, réduisant une bonne partie de la végétation en cendres.
Surpris et désolé d’avoir encore aggravé les dégâts qu’il causait à ce monde innocent, Flin fit quelques pas en arrière. Comment un simple projectile avait pu faire ça ? Le feu que contenaient ces créatures devait les rendre explosives.
Ce fut le moment que choisit une nuée de ses congénères pour jaillir des broussailles, prêts à déverser leurs flammes. Tous de la longueur d’un bras humain, leur taille adulte n’était pas impressionnante, mais leur acharnement lui était digne d’éloges.
Cette fois Flin fut prompt à réagir, il y avait déjà eu assez de gâchis.
- Magel ! Ne tire pas ! Assomme les juste, et captures-en un !
Les jets de flammes entremêlés d’une centaine de dragonnets fondirent sur le bouclier qui les bloqua sans la moindre difficulté, tout juste s’il commençait à vaciller.
Une onde ce choc fit claquer l’air et le feu cessa, faisant perdre l’équilibre aux créatures volantes qui tombèrent au sol, sauf une qu’un filet vint saisir au vol avant qu’elle ne se perdît dans les broussailles, inconsciente.
Flin avait son spécimen, et se chargeant de récolter lui-même un petit échantillon de la végétation, il remonta dans le vaisseau en faisant signe à Magel de l’y accompagner.
Ils avaient assez mis de pagaille comme ça sur cette planète qui n’avait pas demandé cette présence humaine.
Plaçant au préalable ses prélèvements en sécurité, Flin prit les commandes du vaisseau et décolla pour se replacer en orbite autour de la récemment baptisée Jade. Il y serait au calme pour étudier ce qu’il avait récolté.
<< à suivre...
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