accueil Accueil Lire Lire Écrire Écrire Fiches de lecture Fiches de lecture Forums Forum
Le site
Accueil Lire Écrire Fiches de lecture Correction
Communauté
Forum Concours Liste des membres Visiteurs (9)
Membre
Connexion Inscription
Recherche
dans :
Recherche avancée
Publicité
Partenaires

« Décadence provisoire et non voulue » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Décadence provisoire et non voulue », par StocKo - - - - Chapitre unique
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 14/04/2008 à 11h05 - Mise à jour : le 14/04/2008 à 11h05 - Commentaire(s) : 4 - Lecture(s) : 1570 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 829 - Complet : oui - AMR : 12 - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 14/04/2008 à 11h05 - Modifié : le 18/04/2008 à 18h53 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 1570 - Mots : 660


Ce texte a été écrit dans l'objectif évident de participer au premier concours organisé par l'Encrier...Je l'ai écrit cependant comme s'il était un texte classique, quelque chose de définitif, d'ancré dans une "bibliothèque" personnelle. Maintenant, je pars un peu à l'aventure, et je ne sais pas si ce texte plaira...

Mais ça, c'est à vous, lecteur, de le voir !

StocKo


Décadence provisoire et non voulue

Résumé : Je suis monomaniaque, névrosé, ce que vous voudrez. Tout ça revient au même. Néant. Mes pensées sont fluctuantes et inconsistantes, mes sentiments sont troublés au plus haut point. Et puis il y a ce grille-pain...

DECADENCE PROVISOIRE ET
NON VOULUE.

Je suis ce que l'on appelle un monomaniaque.

A vrai dire, je ne sais pas trop comment j'ai découvert ma manie, quand je l'ai découvert. Elle s'est présentée à moi, comme ça, par un beau matin d'hiver. Je me suis immédiatement rendu compte de sa présence à mes côtés, et plutôt que de la fuir, j'ai choisi de l'apprivoiser. C'est donc avec cette épée de Damoclès toute émoussée que je me lève tous les matins. Rassurez-vous : elle ne me fait pas peur. D'ailleurs, je ne ressens plus la peur.


Voyez-vous, je me promenais tranquillement dans un des immenses rayons d'une grande surface d'électroménager. Brusquement, je l'ai vue.Ravissante, des formes élégantes, fines. Brillante, petite. De belles hanches, un corps gracieusement frêle. Six résistances de 300 Watts pour emmagasiner la chaleur. Un thermostat huit positions, avec des degrés intermédiaires. Six compartiments. Elle s'appelle Laetitia. Un canon. Un mannequin d'inox. Une créature de rêve. Une allumeuse – de pain, uniquement, de pain.


Pensez-vous, elle était soldée. A ce prix, je n'ai pas su résister : je l'ai emmenée dans ma voiture, puis chez moi. Elle ne s'est même pas débattue...Très rapidement, je l'ai branchée – dans une prise de courant, uniquement, dans une prise de courant. J'ai même pas pris le temps de lire le mode d'emploi : j'en voulais tout de suite !


Nous l'avons fait une fois, avec ses six orifices – pour le pain, uniquement, pour le pain. Mais je redemandais encore. Aussi l'avons nous refait. Finalement, elle m'a rassasié...Laetitia...J'en rêve la nuit. Cette odeur de pain chaud. Jamais brûlé, toujours à point. Mais très vite, à force de me tenir compagnie, elle est tombée en panne. Panique ! Je n'avais pas lu le mode d'emploi. Solennellement, autour d'un petit diner, je lui ai dit. « Je te quitte, Laetitia ». J'ai failli pleurer...Elle n'a pas répondu. Elle ne m'a pas dit qu'elle était enceinte, où que sais-je encore – j'aurais dû lire le mode d'emploi, uniquement, j'aurais dû lire le monde d'emploi.


C'est la mort dans l'âme que je l'ai ramenée au magasin. Son employeur la reprise : « Tombé en panne ? Oh, le coquin... ». Je lui ai dit que c'était une femme et qu'elle s'appelait Laetitia. Il m'a regardé avec de grands yeux ouverts. Iris décontractés. Puis il n'a plus rien dit, pretextant une urgence en arrière-boutique. Je suis donc retourné , seul, l'œil salace, dans le rayon où j'avais précédemment rencontré un amour impossible.


Elles étaient toutes là !

Différentes, entreposées ici, pêle-mêle , à la vue de n'importe qui ! Elles étaient toutes fraîches...Certaines plus jolies encore que Laetitia. Des sirènes. J'étais Ulysse, sur mon bateau, naviguant dans une grande-surface qu'on nommait Cafarama. Mais je ne voulais pas de bouchons dans mes oreilles, et de toutes façons, les boules Quies étaient dans le rayon hygiène et soin, beaucoup plus loin. Leurs chants résonnaient à mes oreilles. « Tu viens, mon grand ? », « Pour toi, c'est au rabais », « Je te fais une promotion de -50%, viens me chercher ! », « Je suis vendue avec du pain de mie brioché...Deux gros paquets pour toi, mon doudou ! »...


Le maquereau n'était pas loin :

« Un modèle vous plaît, monsieur ?

-Si seulement je pouvais toutes les prendre, vous savez....

-D'accord...Vous cherchez un modèle en particulier ?

Pas le moins du monde. Je pense avoir déjà trouvé. »


Je me moquais du regard des autres. J'avais, en dessous de chaque bras, deux filles. Deux plantureuses blondes. Somptueuses. Je n'étais pas fou. J'étais juste amoureux. Mes pensées fluctuent plus vite que les vôtres. Mon cœur bat plus vite que le vôtre. Mon cerveau réfléchit plus vite que le vôtre. Mon hypophyse secrète plus d'hormones que la vôtre. Mon sourire est plus charmant que le vôtre. Mon charisme est supérieur au vôtre. Mon sex-appeal appelle plus de femmes que le vôtre. Mon imagination est plus débordante que la vôtre. Ma manie me ronge plus que la vôtre.


Ma manie.

Je me suis levé un matin, les yeux embués par le brouillard du réveil. Ma nuit, avec Maud, avait été plus que torride...Je suis allé dans ma cuisine, j'ai ouvert un tiroir. J'ai sorti mon pain, ma confiture. Et là, j'ai vu leurs regards...Toutes. Tentatrices. Horribles. Jalouses.


Au moins deux douzaines de grille-pains me jetaient des regards furibonds. « Je sais, je suis infidèle. Mais je vous aime toutes, et c'est le principal. »





Un texte peut-être un peu absurde, mais...Je l'aime bien. Oui, je l'aime bien

Et vous ?

StocKo



cc-by-nc-nd

CommentairesFavoris et notificationsCorrections
  • Voir les commentaires (4)
  • Ajouter un commentaire
  • Ajouter l'histoire à vos favoris
  • Ajouter l'auteur à vos favoris
  • Activer la notification pour l'histoire
  • Activer la notification pour l'auteur
  • Signaler orthographe défaillante (0)
ImagesImpressionGestion
  • Voir la galerie (1)
  • Ajouter
  • Version PDF
  • Imprimer le chapitre
  • Imprimer toute l'histoire
Vous ne pouvez pas modifier cette histoire.
un lecteur sur cette histoire : un visiteur non connecté.
SQL : 12 - Exécution : 0.011 s. - Visiteurs : 9
Tous droits réservés sauf mention contraire.
Équipe - Changer de design - Contact - Remonter - Détails - Aide
Partenaires : fanfictions.fr - bullejapons.fr