accueil Accueil Lire Lire Écrire Écrire Fiches de lecture Fiches de lecture Forums Forum
Le site
Accueil Lire Écrire Fiches de lecture
Communauté
Forum Concours Liste des membres Visiteurs (10)
Membre
Connexion Inscription
Recherche
dans :
Recherche avancée
Publicité
Partenaires

« Songe d'une nuit pluvieuse » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Songe d'une nuit pluvieuse », par Theirn - - - - Chapitre unique
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 23/04/2008 à 16h53 - Mise à jour : le 23/04/2008 à 16h53 - Commentaire(s) : 4 - Lecture(s) : 226 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 670 - Complet : oui - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 23/04/2008 à 16h53 - Modifié : le 23/04/2008 à 20h30 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 225 - Mots : 670

Songe d'une nuit pluvieuse

Nos pieds, sous la lune, foulaient l'herbe en charpie. Le monde en cet instant était immobile, figé dans une transe nocturne, bercé dans le sommeil des astres, veillant avec calme et assurance sur le monde, las. Les ombres tendaient leurs serres au-dessus des routes, vaillantes attirées par la lumière des réverbères. Les arbres lançaient leurs branches fourchues, menaçantes faux surplomblants les hommes, fantômes de Ses instruments. Les hommes dormaient dans leurs maisons, dociles féaux de la nuit, sages enfants dormant dans leurs lits.
Nos jambes, sous la lune, nous emmenaient sous la pluie. Elle frappait le monde, dangereuse cascade, le noyant sous les flots, teintant l'univers d'un bruit simple qui en étouffait tout autre. L'eau ruisselait sur l'herbe, dévalait les pentes des feuilles des arbres, chutait vers le sol, s'écrasant sur la terre, l'amollissant. Nous marchions, main dans la main, grimpions cette douce colline, trempés par les éléments. Ça et là entre les nuages, nous apercevions quelques rares étoiles, qui transperçait avec vigueur et volonté le bouclier de la Terre de leur lumière. Seule la Lune ne luttait pas ; les nuages s'écartaient d'elle. Ils se refusaient sans doute à affrontrer cette déesse, cette reine des nuits.
Nos corps, sous la lune, n'avaient plus guère d'envies. La faim sans doute aurait pu nous tenailler le ventre, nous serrer l'estomac de sa torture ardente. Mais, lors de notre longue marche solitaire, elle n'en fit rien, elle nous épargna sa gêne. Nous marchions de conserve, nos pieds nus goûtant le contact de l'herbe mouillée, nos narines effleurées par son odeur. Nous grimpions des collines, en descendions d'autres, toujours environnés par ces arbres nous surplombant, menaçants dans leur sinistre horreur, entourés où que se porte le regard de cette herbe humide, bombardé par la seule arme du ciel, la pluie.
Nos yeux, sous la lune, scrutaient leurs vies. Nous étions parvenus sur la plus haute colline. De là où nous étions, nous semblions surmonter le monde. Nous voyions, petit à petit, les lumières s'éteindre, plus bas. Des vies qui s'éteignent, une flamme que l'on souffle. Les hommes se préparaient au sommeil, après quelques heures de veille. Trônant sur eux, maîtres du monde, rois de la nuit, nous les regardions s'éteindre les unes après autres, se mettre en veille avec amusement. La nuit, cet oubli que le soleil faisait sur le monde, lâche incapable d'accomplir sa tâche sans interruption, était faite pour être vécue. Pas pour être ignorée, voire abandonnée par peur de sa noirceur. Alors nous les méprisions, ces hommes, ces êtres terrifiés par une horreur qui n'était pas, par un danger qui ne sera jamais. Des peurs qui s'avivent, un feu ranimé. La nuit, les peurs, les terreurs infantiles remontaient à la surface, perçant la canopée de l'esprit, recouvrant leur toute-puissance, se vengeant de tant d'oubli.
Nos esprits, sous la lune, étaient sans soucis. Ici, debout sur la colline, martelés par le doux contact de la pluie, nous étions calmes, apaisés. Tranquilles ; aussi doux que la nuit dans laquelle nous étions bercés. Nous finîmes par descendre, courant en riant le long de la pente, dévalant le monticule, tandis que la pluie daignait arrêter de chuter des nuages, magnanime dame admirant son œuvre. Le monde, autour de nous, se parait des reflets multiples de la Lune sur l'eau. L'herbe chatoyait, irisait de reflets sur elle-même. Nous courions sur ce tapis de lumière, dominés par la lune et ses soeurs les étoiles, maîtresses théâtrales dévoilées par les nuages, rideaux noirs s'ouvrant sur la scène. Nous étions insouciants, idéalistes, calmes. Heureux. Le monde nous protégeait de ses bras verts. Nous nous couchions sur lui, reposé, les bras de l'autre dans les siens.
Nos âmes, sous la lune, connaissaient le répis. La nuit dans sa noirceur immuable entraînait avec elles toute sensation violente, toute envie de mouvement ; calme et apaisement s'étendaient sur le monde en ces belles heures sombres, telles une chape obscure qui fermerait les yeux des hommes, les préparant à cette pause quotidienne et nocturne, gâchant le plaisir que procure l'admiration du monde dans son sommeil, alors que le soleil déchu perd une bataille ; pour gagner la suivante.
Nos êtres, sous la lune, étaient endormis. Nous dormions à même l'herbe mouillée, l'odeur enivrante des fines plantes dans nos narines, le contact de l'autre sur la peau, le calme tranquille, le silence de la nuit aux oreilles. Nous étions si seuls, si isolés, que nous semblions être les derniers à savourer la vie, sur Terre.



Ce texte, je l'ai écrit rapidement. Très rapidement ; peut-être trop.
Toujours est-il que, malgré cette vitesse (deux jours, à peine !), je suis assez fier de ce texte, honnêtement. D'un point de vue stylistique, c'est le premier dont je puisse dire sans que l'ombre d'un mensonge ne vienne gâcher mes paroles : « J'aime ce que j'ai fait. »
J'espère, bien sûr, que vous avez apprécié.
De toute manière, quoi qu'il arrive, quelle que soit votre impression, je vous invite à commenter le texte.
Merci.

Note : les phrases en italique. La première est tirée (après transformation) du poème Sonnet, d'Alfred de Musset. Le vers original est :
« Et nos chevaux, au soleil, foulaient l'herbe fleurie. »
Vers que j'ai revisité, pour une autre occasion, et que j'ai réutilisé ici. Sous l'apparence « Nos pieds, sous la lune, foulaient l'herbe en charpie ». Les autres phrases en italique en découle, pour leur syntaxe.



© tous droits réservés. Le texte ne peut être reproduit sans le consentement de Theirn

CommentairesFavoris et notificationsCorrections
  • Voir les commentaires (4)
  • Ajouter un commentaire
  • Ajouter l'histoire à vos favoris
  • Ajouter l'auteur à vos favoris
  • Activer la notification pour l'histoire
  • Activer la notification pour l'auteur
  • Signaler orthographe défaillante (0)
ImagesImpressionGestion
  • Voir la galerie (0)
  • Ajouter
  • Version PDF
  • Imprimer le chapitre
  • Imprimer toute l'histoire
Vous ne pouvez pas modifier cette histoire.
un lecteur sur cette histoire : un visiteur non connecté.
SQL : 12 - Exécution : 0.05 s. - Visiteurs : 10
Tous droits réservés sauf mention contraire.
Équipe - Changer de design - Contact - Remonter - Détails - Aide
Partenaires : Art-toon.fr - fanfictions.fr - scribeos.com - bullejapons.fr - Rou & Bou