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« Imagination » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Imagination », par dominos - - - - Chapitre unique
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 25/04/2008 à 11h23 - Mise à jour : le 25/04/2008 à 11h23 - Commentaire(s) : 3 - Lecture(s) : 222 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 1018 - Complet : oui - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 25/04/2008 à 11h23 - Modifié : le 05/05/2008 à 16h46 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 222 - Mots : 1024


Voici mon texte pour le concours de Theirn. Je suis assez fière de ce texte et j'espère qu'il vous plaira !

Dominos


Imagination

Résumé : [réponse au concours de Theirn] Une jeune femme, Rachel au caractère insociable et solitaire ne souhaite qu'une seule chose...être la dernière femme sur terre.

Imagination

Bip…Bip…Bip…Bip

- Foutu réveil, grogna une voix ensommeillée.

Un bras sortit de sous les draps et frappa le pauvre réveil qui sous le choc tomba à terre. Long soupir, bruissement de drap et une jeune femme d’une trentaine d’années sortit de son lit d’une humeur macabre. Enfilant une robe de chambre elle ramassa le réveil meurtri et sortit de sa chambre. Des cheveux longs blonds encadraient un visage fin mais pâle comme la mort. Elle avait des rides précoces. Ses yeux d’un bleu profond étaient comme éteints de toute vie.

Son ventre criait famine. Elle se servit un petit déjeuner copieux se composant de tartines de beurre et confiture accompagnés d’un délicieux chocolat chaud sans oublier le grand verre de jus d’orange source de vitamines pour la journée.
C’était un des rares moments où Rachel pouvait se retrouver seul face à ses pensées.

Depuis toute petite elle éprouvait le besoin de se retrouver au moins une fois par jour seule. Sa famille et ses amis disaient qu’elle avait un caractère solitaire ce qu’elle approuvait. Et elle avait pris la décision à sa majorité de vivre seule renfermée dans un petit appartement à Paris où elle pourra jouir de sa solitude sans craindre d’être dérangée par quiconque.

Malheureusement, pour manger et vivre il fallait de l’argent. Elle travaillait donc dans une entreprise au rang de comptable. Ce job lui rapportait ce qui lui fallait pour pouvoir vivre sa vie. Il était discret et elle pouvait se cacher derrière l’écran de son ordinateur et réfléchir encore et toujours.

Elle réfléchissait certes mais de quoi ? Elle imaginait lors de ces réflexions une autre vie qu’elle aimerait avoir. En ce moment, elle imaginait qu’elle était la dernière femme sur terre. Elle y pensait tellement qu’elle en rêvait. Cela devenait une véritable obsession. Elle y pensait tout le temps sans arrêt. Rien qu’en prononçant « seule au monde » elle basculait dans son monde parallèle. Elle était comme emprisonnée dans sa propre tête ne pouvant partir avant que sa soif d’imagination s’éteigne.

Personne dans le service ne savait qu’elle existait ou faisait semblant de ne pas la connaître. Mais Rachel n’avait pas le temps de s’en apercevoir. Elle détestait plus que tout la communication ce qui la rendait insociable et désagréable au moindre repas familiale ou amicale. Mais pouvait on vraiment dire qu’elle avait des amis ? J’en doute comme vous en doutez cher lecteur.

Les comptables d’Unibail (nom de l’entreprise) faisaient chaque trimestre, des arrêtés signifiant une sorte de conclusion et anticipation. Rachel s’occupait d’un immeuble de Paris ainsi qu’un magasin de jouet (Chose cocasse car son père dirigeait ce magasin là . Et au plus grand désespoir de celle-ci, elle devait participer aux réunions. C’était des moments horribles pour Rachel. Les pires de son existence.

Mais ce matin, elle décida de ne pas y aller. Non c’était fini, elle n’ira plus à ces fatales réunions qui l’affaiblissaient de trimestre en trimestre.

Elle sortit de son lieu de travail aussi discrètement qu’elle était entrée ce matin. Marcha longtemps, très longtemps dans les rues de Paris. La pollution et les égouts se mêlaient en une odeur écoeurante et répugnante. Mais elle ne sentait rien, elle n’entendait rien, elle ne vivait plus. Soudain, une voix très lointaine lui dit : « ça va pas la tête, vous vous croyez seule au monde ». Ses genoux cédèrent et elle se retrouva par terre. L’homme qui avait prononcé cette phrase, s’affola et appela les secours.

« - Allo, oui une jeune femme, avenue Breteuil, s’est évanouie »

Mais quand les secours arrivèrent, la jeune femme était déjà morte. Son cœur avait lâché pour une raison inconnue. Cette mort fut vite oubliée par la famille de la défunte et le monde…sa vie aussi. Les secours emportèrent le corps de la jeune femme à la morgue où une autopsie fut établie. La jeune femme serait morte de son plein gré.

Ses obsèques furent des plus discrets mais aussi bizarre que cela puisse paraître de nombreuses personnes assistèrent à cet adieu. Des personnes qui l’avaient ignorées mais qui se rependaient vraisemblablement . Mais on l’oublia vite et bientôt la tombe de Rachel, de la jeune femme si insociable et solitaire fut plus décorée de fleurs ou autres choses. Le monde l’avait vraiment oublié.

Rachel courait à travers des près verts où l’odeur de la nature l’enivrait, le sourire au lèvres. Les près, les rues, les avenues, les villes, les forets, les pays, les continents, la terre était déserts. Pas la trace de vies sauf d’une…la jeune femme qui continuait à courir avec le sourire au lèvre. On aurait dit qu’elle avait rajeuni de 10 ans. Ses yeux pétillaient maintenant et son visage effaça ses rides précoces montrant des traits fins et délicats. Ses cheveux avaient pris un éclat brillant.
La fatigue et la douleur n’existaient plus dans ce monde. La liberté faisait surface et elle pouvait faire ce qu’il lui plaira. Plus d’obligation, plus de contrainte, plus rien sauf la joie de vivre seule. Elle pouvait enfin jouir d’une vraie vie sans relâche. La paix régnait dans ses lieux…sur la terre. Son corps était mort mais son âme était bien vivante.


Elle n’était pas allée au ciel mais dans son monde parallèle jouir de la vie qu’elle imaginait depuis des semaines peut être des mois mais sûrement depuis toujours au plus profond d’elle.
Elle arriva dans un village vide de vie et ferma les yeux et toujours le même sourire aux lèvres. Elle était la dernière femme de sa race.

Elle était désormais heureuse et seule au monde.

Si heureuse dans ce monde.

Elle court sur une terre déserte et fait

Usage de la liberté

Luciole éclairant la vie

Elle fait renaître l’espoir

Au détroit du malheur

Unique femme de la terre

Morceau de bonheur

Ou bien de malheur

Nie qu’il y a une meilleure vie que celle ci.

Détruit le mal…tout ça parce que…

Elle est seule au monde



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