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« Crystalline » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Crystalline », par Willhyu - - - - Chapitre unique
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 04/05/2008 à 01h08 - Mise à jour : le 04/05/2008 à 01h08 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 161 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 940 - Complet : oui - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 04/05/2008 à 01h08 - Modifié : le 04/05/2008 à 10h20 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 161 - Mots : 941


Histoire Mise en forme pour le concours Du dernier humain sur Terre.

Crystalline

Résumé : Une jeune fille qui par dépit à fait un souhait de solitude et qui contre toutes attentes s'est réalisé.

Assise sur le banc d’un abris bus la jeune fille attend.
Impassiblement les yeux dans le vague, semblant ne pas réaliser qu'elle se trouve là. Elle reste immobile dans le souffle du soir qui s'avance lentement.
Devant elle, pourtant, un paysage mirifique s’étend, le soleil aux teintes oranges colore le ciel. Les nuages sont dorés, les champs chaleureux.
Dans ce décor seuls quelques insectes voltigent avec les grenouilles qui au loin donnent le tempo.
Petit à petit, le ciel rougit. Cela n'est surement pas parce qu'il est troublé du regard que pose sur lui cette jeune fille inconnue mais qui sait en vérité s'il n'est pas lui même troublé de cette présence. La lune apparait à son tour tout autant indifférente bien que probablement tout aussi curieuse.
Les champs laissent alors leur place à un étang sans qu'un seul clignement d'œil ne soit fait. La jeune fille alors vêtue d’un kimono traditionnel, sans aucune raison, n'ayant jamais été au Japon et n'y ayant aucun liens reste assise sur un banc toujours immobile.

Une chouette s’envole battant des ailes sous les étoiles.
Aucun chemin ne passe devant ce paysage lointain ni nulle part ailleurs.
La nuit se fait sombre et douce, le vent souffle sur la lune la plissant dans le miroir d’eau de l’étang. La rive est bordée de hautes herbes s’élevant comme des grattes ciel.
Le ciel sous le regard imperturbable de la jeune fille fond en larme, se répand en cascade le long d'une montagne prenant possession du lieux.
Là haut, au sommet de la montagne qui domine le paysage nocturne, d'une ville sans âme, défiant le spectacle céleste; la jeune fille attend de son regard vide.

« Mais qui es-tu donc ? Pensa t-elle d'elle même. Qui suis-je ? Où suis-je donc ?
Suis je encore moi même ? Pourquoi est ce que si soudainement je me retrouve seule dans ce lieux étrange qui change au grès de mes pensées.
Serait ce un songe? suis je passé de l'autre coté ?
Il ne me semble pas que ce soit le cas.
Je crois bien que la cause de tout cela est ici à attendre. Mais Qui est ce qui attend ?
Qu'est ce que j'attends ?
Le flot du temps s'écoule au travers de moi. Je vois les arbres rajeunir, l’espace jaunir comme un film vieilli.
Et la lumière printanière soudain revient, l'été revient à son tour encore une fois seulement personne n'est là pour en profiter. »

Le long d’un ruisseau l'eau fraiche, clapote entre ses pieds, la jeune fille regarde les papillons si beaux voletant au travers des fleurs. Son regard silencieux se fait doux.
La mer s'invite au spectacle, les dauphins dansent dans l'air.
Le regard de la jeune fille se modifie, la pluie vient exprimer sa peine retrouvée mais le vent aussitôt en efface le souvenir. Penser à d'autres qu'elle même ne lui est pas permis.

« En fait je n'aime pas l'été et le soleil. Je préfère la nuit douce et sereine même si je n'ai plus besoin d'elle pour me cacher du monde...
Voilà qui est mieux. Pourquoi se contenter d'une aveuglante étoile quand on peut en avoir des millions »

Devant elle se présente une photo qui reste flou. Un grand arbre éclairé de luciole. Les lumières tout autour en rond font telles des guirlandes. Elles semblent vouloir faire remarquer une ombre mais celle ci absorbe toute tentative de révélation.

«Ce qu'il me faut ce sont des flocons de neige, oui c'est si jolie, avec la douceur du printemps et l'atmosphère de l'automne. Voilà qui est bien. »
Les temps défilent et les décors changent au grès de ses envies pour les plaisirs de son regard.

« Maintenant je comprends; oui c'est bien moi qui ai souhaité cela. J'ai voulu tout laisser de coté que plus personne ne sois en ma présence sur ce monde. Je suis à présent le dernier être humain sur cette terre.
Je ne sais pourquoi l'on m'a accordé un tel caprice pourquoi je me suis laissé l'autorisation d'aller au bout de cette idée. Probablement que c'était le plus sûr moyen de me faire revenir à la réalité qui n'en reste pas moins fictive.
Cela en démontre que cet univers est véritablement un espace confiné dans une structure de pensé à la fois extérieure et personnelle sans cause ni raison profonde.
C'est comme si soudain je m'étais permis d'exercer ma propre volonté mon « endo-causalité* » comme celle que possède la matière à l'état quantique.
Seulement avec ce genre de fonctionnement il n'y a pas de demie mesure. Tout reste incertain mais c'est une solution ou l'autre. Je ne peux me soustraire aux autres qu'en niant leur existence complètement ou pas du tout.

Finalement je me suis séparé de moi même plus que des autres; dans le fond ce ne sont pas les autres que je fuyais, ce n'est que ma propre personne. Mon reflet ternis pas le temps et déformé par le regard vitré des autres. Je rêvais d'être l'unique et infime partie de ton monde celle qui compterait le plus. Néanmoins à ne vouloir briller que pour toi j'en oubliais de faire attention à moi même. Je me suis enfermée dans un corps de cristal transparent, sans reflet pour éviter de te blesser. Je ne peux donc ainsi continuer à nier l'existence du monde en espérant conserver mon esprit distinct de celui-ci, si je persiste à vouloir rester seule.

Demain je reviendrais à la tombée de la réalité, je te rejoindrais dans ce monde même s’il n’est pas vrai. Le temps que je comprenne comment défendre à ton regard de te désoeuvrer.
Quand je me serais retrouvée, je viendrais te chercher si loin dans mon passé pour te redonner la flamme que tu m’as octroyé.
Je ne veux plus fermer les yeux même si j'ai peur d'être aveuglée de ma propre image. Je ne sais pas si je saurais t’aider mais tant que j’aurais de toi un sourire amusé je continuerais de chercher le chemin de tes attentions.
Je m’en vais maintenant recréer mon univers et affronter cette nouvelle vérité, en espérant rapidement progresser pour pouvoir bientôt te croiser dans mes plus beaux songes éveillés.



* Endo-causalité : Causalité (action de cause à effet) qui viens de l'intérieur. décision interne suivant ses propres choix au contraire de (l'exo)-causalité qui impose ses régles de comportement aux choses depuis l'extérieur.
La morale impose au personne d'être Polie envers les autres mais l'on peut décider d'être plus ou moins gentil.

Pour plus de détail voir "La nouvelle physique de l'esprit", D'emmanuel Ransford, Le temps présent 2007.



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