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« Le zoo de l'Ellimiste » - chapitre 1 : « L'enlevement » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Le zoo de l'Ellimiste », par Nataniel - - - > Chapitre 1 : « L'enlevement » -
Une demande de correction orthographique a été introduite pour ce chapitre. Sa lecture recommande de l'indulgence.
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 02/05/2008 à 08h50 - Mise à jour : le 30/05/2008 à 22h06 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 298 - Chapitre(s) : 3 - Mots : 8113 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 02/05/2008 à 08h50 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 220 - Mots : 3173

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L'histoire est écrite par Nataniel, Finrod et Sayuna (ce dernier n'étant pas inscrit ici) 

Le présent chapitre a été écrit par Nataniel et relut par les deux autres.

Bonne lecture !


Le zoo de l'Ellimiste

Résumé : Dorian, Samuel et Sayuna étaient trois jeunes comme les autres... Mais en rentrant chez eux un soir, les voilà victimes d'un enlévement extraterrestre. [Compréhension possible sans avoir lu la série originale].

L'enlevement

Mon nom est Dorian. Juste Dorian pour vous. J'en suis navré mais c'est ainsi. Je tairai également le nom de l'endroit où j'habite. De toute façon, ce n'est pas nécessaire que vous le sachiez. Enfin, c'est plutôt le nom de l'endroit où je vivais qu'il me faut taire. Mais n'anticipons pas trop.

Je m'appelle Dorian donc. Ce récit est un avertissement. Je sais d'ailleurs que vous ne le croirez pas. D'autres ont déjà écrit pour raconter leur histoire. Elle est très similaire à la mienne. Et eux, on ne les a pas cru. Et pourtant, l'ennemi est parmi nous. Nous les appelons les Contrôleurs. Ils sont partout. Parmi vos voisin, vos amis, votre famille peut-être. Il y en a dans le gouvernement de la plupart des états, dans les écoles et les hôpitaux. Dans tous les échelons de l'administration du pays.

Et pourtant, ils sont invisibles. Dissimulés anonymement parmi nous, ils complotent la fin de notre planète et la réduction de l'humanité toute entière en esclavage. Je sais de quoi je parle, j'ai été l'un d'entre eux. Oh, ça n'a duré que quelques semaines mais c'est bien assez je puis vous l'assurer. Bien assez pour vouloir faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que cela n'arrive pas à d'autres. Mais ils sont tellement nombreux et nous, nous sommes si seuls. Mais comme on dit, commençons par le commencement. Et donc remontons le temps jusqu'à un certain mercredi soir où tout a débuté.

Ce soir là, j'étais allé au centre ville avec une paire d'amis afin de rencontrer un mec qui s'était proposé comme batteur pour notre groupe. Je jouais de la basse à l'époque. Enfin, j'imagine que je saurais encore en jouer mais ça fait des années que je n'ai pas pu mettre la main sur une guitare, qu'elle soit basse ou non d'ailleurs. Enfin bref, nous avions donc rencontré ce type, un certain Marc. Plutôt balèze comme gaillard. Personnellement je l'aurai plutôt vu en videur devant l'entrée d'une boite de nuit. Mais le morceau qu'il nous avait envoyé donnait assez bien sur notre dernière chanson. On se devait donc de le rencontrer. Nous c'est à dire moi, Sayuna et Samuel. Say est notre guitariste et Sam notre chanteur. Ils m'ont toujours fait rire tous les deux. Enfin surtout Sayuna qui a réussi à se choisir un pseudo extraordinairement proche du prénom de notre ami. Enfin, ça c'est pour l'anecdote. En réalité, il s'appelle Anthony. Mais pour moi c'est Say et ça le restera.

Nous avions donc rencontré ce Marc (je vais y arriver vous inquiétez pas) et il ne m'avait pas vraiment plu. Il était arrogant, extraordinairement arrogant et agressif parfois. Avec un sourire horriblement agaçant. Il m'avait fait l'impression de la brute de base. Du genre à coller la tête d'un gamin dans les toilettes pour le plaisir. On était repartit comme prévu sans lui dire si on le prenait ou non. Et j'étais prêt à tout faire pour que ce soit non.

En quittant le café où avait eu lieu notre rendez-vous, manque de bol, nous tombâmes sur Ellen et ses amies. En fait, c'était surtout pas de bol pour moi. Cette fille me rendait fou. Comme vous l'imaginez, ce serait sûrement encore le cas si je l'avais revu depuis lors. Ce n'est pas le cas et elle a même certainement un copain maintenant. C'est tout ce que je peux lui souhaiter. Ça et que le copain en question ne soit pas un Contrôleur. Oui, d'accord, je divague encore. Revenons donc à l'époque de notre rencontre. J'étais alors sûr qu'elle était libre. Je l'étais moi-même et je nous voyais bien ensemble. Sauf que j'avais le chic (comment ça, vous savez déjà que je l'ai toujours et vous vous en fichez ?) pour désirer ce que je ne pouvais obtenir. J'étais plutôt beau gosse, enfin j'en étais persuadé. J'ai toujours été du genre à me la jouer un peu. Vous voyez le jeans troué et le blouson en cuir toujours tout seul à traîner dans le coin le plus sombre de la plus petite cafétéria du campus ? Bah, c'était moi.

Comme à mon habitude, je ne pus m'empêcher d'aborder Ellen quand nous la croisâmes, sous le sourire moqueur de mes deux acolytes. Je vous passerais les détails mais je me fis proprement rembarrer. Ce fut la dernière fois que je vis l'amour de ma vie : son... hum, on va dire son dos, disparaissant au coin de la rue après une remarque cinglante qui avait fait hurler de rire mes soit-disant amis. Euh... sans transition venons-en au fait.

Pour rentrer du centre-ville dans notre quartier, il y a deux chemins. Respectivement, le chemin des peureux et celui des autres. Le premier fait un détour interminable et le second traverse un vieux chantier de construction à l'abandon. Je n'ai jamais vraiment su ce qu'ils voulaient construire à cet endroit. En tout cas, il n'y reste plus que des bâtiments à moitié terminés, des pyramides de tuyaux divers et une vieille grue rouillée que tous les gamins s'amusent un jour à escalader. La rumeur veut que le chantier soit le repère de tout ce que la ville compte comme tueurs divers. Je suis certain qu'il est rempli de SDF, mais à ma connaissance, aucun psychopathe notoire n'y a jamais été aperçu. Enfin, en matière de psychopathe, vous allez voir que ce n'était pas mal quand même.

Comme nous estimions ne pas faire parti des peureux, Say, Sam et moi, nous coupâmes par ce fameux chantiers. Il était déjà tard et la nuit tombait. Comme nous arrivions à ce qui pourrait figurer l'ex-futur-centre de ce qu'ils voulaient construire là (à savoir un espace vierge de quelques centaines de mètre de long), nous tombâmes sur le truc le plus incroyable qu'il m'avait été donné de voir à l'époque. Nous marchions lentement en nous envoyant des vannes douteuses et nous ne faisions pas vraiment attention où nous mettions les pieds quand nous restâmes soudain figé de surprise tous les trois. C'était un espèce de véhicule, de la taille d'un bus, peut-être un peu plus gros, mais sans roue. On aurait dit un espèce d'insecte sans patte, noir comme le jais, avec deux hublots bombés à l'avant en guise d'oeil. Sur les cotés, il y avait deux lances acérées. Des armes incontestablement. Je ne sais pas pourquoi ce fut la première pensée qui me vint. Ce truc, quel qu'il soit, était armé. Planqué dans l'ombre d'un grand bâtiment sans toit, je pense que nous ne l'aurions pas remarqué s'il n'avait pas été gardé par deux hommes qui semblaient se disputer. L'un d'eux tenait un énorme morceau de papier, une carte a priori. Ils semblaient s'être perdu. Le seul truc qui clochait, c'était la tête de leur camping car.

- On ferait peut-être mieux de se barrer les gars, murmura Samuel. Ils ont pas l'air commode.

- C'est pas faux, répondis-je sur le même ton. Et ce que je vois à leur ceinture ça m'a tout l'air de flingues.

- Ouais, je crois aussi. Et on devrait peut-être prévenir les flics. Rien que pour la tête de leur engin, renchérit Say.

- Hé vous là !

Trop tard ! Les deux hommes s'étaient tournés vers nous pendant que nous hésitions. Eux réagirent très vite. En quelques secondes, je me retrouvai plaqué au sol le canon d'un pistolet contre la gorge. Je sais pas si vous vous êtes déjà retrouvé menacé d'une arme. Moi ça ne m'étais jamais arrivé en tout cas. Et bien, je peux vous dire qu'on fait pas le fier. Oh non, pas du tout. J'entendis un bruit sourd sur ma gauche et entrevit Say qui s'écroulait entre deux tas de gravât. Je n'avais pas entendu de coup de feu. Il devait avoir été assommé. Mon agresseur m'observa un moment. Il était vraiment fort et puis j'avais pas tellement envie de me faire trouer la peau. Je restai donc parfaitement immobile. De toute façon, je n'étais pas sûr d'avoir pu bouger si je l'avais voulu.

- Vous n'avez pas vraiment bien choisi votre moment pour vous promener dans le coin, déclara-t-il tandis que son copain revenait en tordant le bras de Samuel qui se débattait mollement. Mon ami finit par recevoir un coup de crosse sur la tête et il s'effondra.

- Envoie-le donc faire de beaux rêves qu'on en finisse, jeta le copain en question. Il va falloir les amener avec nous. Ça compensera peut-être ton erreur de positionnement.

- Comment ça mon erreur ?! C'est toi qui ne sais pas lire une carte, imbécile.

- Euh, on pourrait peut-être discuter, risquais-je.

- Non ! braillèrent-ils ensemble.

Et la dernière chose que je vis avant le noir fut la crosse d'un pistolet qui s'abattait sur moi.


Un bourdonnement. Un horrible bourdonnement emplissait tout entier mon crâne douloureux. Je ne savais pas très bien où j'étais. J'avais fais un drôle de rêve. Je me baladais avec Samuel et Sayuna quand on était tombé sur un vaisseau spatial armé jusqu'au dent posé au milieu du chantier de construction.

- Hé Dorian !

Le rêve n'était donc pas terminé puisque j'entendais la voix de Sam.

- Oh Dorian !

Say était là aussi ? Mais d'abord, que cesse donc ce bourdonnement ! Peut-être que je pourrais réfléchir correctement alors.

- Débout mon gars. Allez ! Merde, tu crois qu'ils ont tapés si fort que ça ?

Mais non Sam. T'inquiète pas, je veux juste dormir.

J'ouvris les yeux brusquement, revenant à moi. Ma tête me faisait un mal de chien. Samuel et Sayuna étaient bien là. Nous nous trouvions dans une pièce aux murs noirs, visiblement métalliques. Ce n'était peut-être pas un rêve finalement. Et définitivement, j'aurais préféré dormir un peu encore.

- On est où là ? demandais-je.

- Très bonne question, railla Say. Je suis sur que si tu frappes au hublot, nos deux compères te répondront très gentiment.

Je réalisai que sur ma gauche se trouvait une petite fenêtre, comme celle qu'on trouve dans les limousines pour séparer le conducteur des passagers. Sauf que ce que je voyais par là n'était pas une rue dans une ville quelconque, mais le bleu du ciel et le blanc des nuages. Le "camping car" des deux brutes était bien un vaisseau spatial finalement.

- Je deviens dingue, lâchais-je.

- Bienvenue au club, fit Say.

Samuel se tut mais j'avais bien l'impression qu'il partageait notre sentiment. Le bourdonnement qui me vrillait toujours les tympans devait provenir des moteurs. Une truc très bizarre, pas très fort mais qui semblait dépasser de peu la limite des fréquences que peut entendre un humain, le rendant assourdissant sans pour autant qu'il soit particulièrement violent au niveau du volume.

Je me levai et aller taper à la vitre. Nos ravisseurs, vu que c'était bien de cela dont il semblait s'agir, ne me prêtèrent aucune attention mais le hublot devint brusquement aussi noir que le reste des parois. Pour autant, une faible lumière émanant de partout à la fois continua à nous éclairer.

- Bravo, grogna Say. On peut même plus voir le paysage maintenant !

Pour ce qu'il y avait à voir comme paysage, je m'en passais volontiers. Comme tout le monde j'imagine, j'avais souvent imaginé ou rêvé aller dans l'espace. Mais pas victime d'un enlèvement extraterrestre. Encore que ces deux gars avaient l'air aussi humain que moi. C'était à ni rien comprendre. Je m'assis à même le sol et me prit la tête entre les mains. Tout ça était de la folie pure ! Je ne me pinçai pas. Ça faisait trop mauvaise série télé. Mais si j'avais été croyant, je crois bien que j'aurais prié pour que ce ne soit qu'un rêve.

Ce voyage, si je peux l'appeler ainsi dura longtemps. Aucun de nous n'avait de montre mais je parierais pour au moins quelques heures. Nous ne parlâmes pas beaucoup, plongé chacun dans nos pensées respectives. Les miennes étaient plutôt vides d'ailleurs. Je m'efforçais de ne penser à rien. J'ai toujours eu pas mal d'imagination, mais tout ce que j'aurais pu imaginer alors m'aurait sûrement donné des cauchemars. La réalité, comme toujours, était cependant bien pire.

Au bout d'un long moment, nous entendîmes un grincement et le bourdonnement cessa. Il y eu un instant de silence, puis une porte se découpa dans un mur. Quatre types armés jusqu'au dents entrèrent en braquant leurs armes, des fusils automatiques me semblait-il, sur nous. Il y avait là nos deux kidnappeurs plus deux autres et un cinquième, désarmé, se présenta à leur suite. Le chef de toute évidence.

On nous fit lever et quand Sayuna voulu ouvrir la bouche, il ramassa une taloche bien sentie. Nous restâmes donc coi.

- Ce ne sont que des gamins, souffla le cinquième larron l'air déçu.

- Oui Sous-Vysserk, ils nous ont surpris alors qu'on s'était posé pour, hum, faire le point sur notre position.

- Vous êtes des incompétents tout les deux, déclara avec mépris celui qui s'appelait Sous-Vysserk. Emmenez-les au bassin immédiatement et ensuite, réunion dans le la grande soute. Le Vysserk veut y voir tout le monde dans moins d'une demi heure.

Des grades pas des noms. Vysserk et Sous-Vysserk étaient des grades. Ces mecs étaient une armée. Une armée de quoi, je n'en avais aucune idée. Quand à cette histoire de bassin, elle me dépassait. Mais vu l'équipement de nos quatre gardiens, je préférai obtempérer quand ils nous firent signe d'avancer. Je découvris un spectacle ahurissant.

Nous nous trouvions dans un immense hangar rempli d'une centaine d'appareils, tous semblables à celui que nous quittions. Ça me faisait penser à la scène final du tout premier Star Wars, quand Luc monte dans son X-wing. Sauf que là nous descendions du chasseur. Des techniciens s'affairaient en tout sens, vêtus d'un uniformes gris. On aurait dit une flotte de guerre comme dans Wing Commander. Et j'eus l'impression que c'était exactement de ça qu'il s'agissait. Peut-être que le gouvernement préparait l'invasion d'un autre monde. Mais alors ils avaient vachement bien bossé dans la zone 51 pour nous construire une armada pareille sans attirer l'attention.

Nous fûmes escorté à travers un labyrinthe de couloirs aux parois lisses et noires comme celle du vaisseau. Ne croyiez pas que je n'avais pas peur. Au contraire, j'étais terrorisé. Mais c'était surtout la surprise et l'incompréhension qui me dominait. J'éprouvais un tel étonnement que j'étais en quelque sorte en état de choc. Rien ne fonctionnait normalement dans mon cerveau. Je mettais un pied devant l'autre sans réfléchir. C'était peut-être lié à mon coup sur la tête, mais je crois surtout que j'étais abruti de surprise et d'inquiétude.

Nous débouchâmes dans une nouvelle pièce au moins aussi grande que le hangar. Deux bruits dominaient. Le premier était un espèce de clapotis, comme des vagues se brisant sur des rochers. Il était produit par un vaste bassin creusé dans le sol. Sauf qu'il n'était pas rempli d'eau mais d'une substance brunâtre, boueuse et qu'il grouillait de bestioles qui nageaient sous sa surface. J'eus brusquement la nausée et faillit vomir. Samuel et Anthony ne semblait pas mieux que moi. D'autant que le second "bruit" était en fait un concert de cris, de gémissements, de pleurs et de hurlements.

Des cages étaient montées tout autour du bassin, par centaine. A l'intérieur, s'entassaient des centaines d'humains et parfois une ou deux créatures semblant sorties d'un cauchemar. Elles étaient plus grandes qu'un humain normal, environ deux mètres de haut. Elles s'équilibraient sur une queue puissante et elles étaient couvertes de cornes ou de lames. Aux poignets, aux coudes, au bout de la queue. Des serres à la place des pieds et des cornes acérées sur la tête complétaient l'inquiétant tableau. Elles étaient enfermées à l'écart et restaient amorphes. C'était les humains qui criaient et gémissaient.

D'autres hommes faisaient des allers-retours entre les cages et une série de jetées qui avançaient dans le bassin. Il sortaient un homme ou une femme d'une cage, le ou la traînaient vers le bord et lui plongeait la tête sans plus de cérémonie dans le liquide marron. Ceci fait, le prisonnier se relevait et partait tout seul. Ils quittaient la pièce sans autre.

Sur une autre jetée, les hommes ou les monstres s'approchaient tout seuls du bassin, se penchaient un instant au dessus de la surface puis deux gardes les empoignaient alors qu'ils se mettaient à se débattre, pour les jeter dans une cage.

Ce spectacle incompréhensible me laissa figé, bouche ouverte et certainement très pâle. Ma tête, déjà pas bien remplie, se vida complètement. Je sentis à peine qu'on m'empoignait pour me traîner à mon tour sur une des jetées. Ce n'est qu'en approchant du liquide (qui puait fortement) que je me mis à paniquer. Mais les deux hommes qui m'avaient saisi par les bras me tirèrent violemment et je me retrouvai immergé jusqu'aux épaules dans le liquide boueux. Je bus plusieurs fois la tasse, je me sentis frôler par des milliers de créatures visqueuses. On me remonta sans douceur. Je ne sentais plus mes membres, incapable de comprendre ce qui venait de se passer. Titubant, toussant et crachant, je m'écartai de la jetée pour m'écrouler non loin. Say et Sam me rejoignirent quelques instants plus tard. Nos gardes nous regardaient sans rien dire, ils semblaient attendre quelque chose. Soudain, je me sentis bouger les yeux sans l'avoir décidé. Je réalisai que mon crâne me faisait un mal de chien, au niveau de l'oreille surtout. Je voulu y porter la main mais elle refusa de n'obéir.

La panique me submergea totalement. J'aurais voulu hurler, m'enfuir, pleurer. Quelque chose. Mais non. Pas un muscle ne voulait fonctionner. J'étais même incapable de cligner des yeux. Et soudain, un grand rire éclata. Je crus qu'il venait de l'extérieur. Mais nos gardiens, qui se trouvaient dans mon champ de vision était silencieux et je ne reconnaissais pas la voix. Le rire redoubla.

< Ne cherche pas autour de toi, Dorian, entendis-je soudain. >

Je voulus demander qui avait parlé, mais ma bouche également restait figé. Je me levai. Mais en fait, ce n'était pas moi qui me levai. Quelqu'un ou quelque chose bougeait en utilisant mon corps. J'eus soudain un horrible impression.

< Oui petit humain, fit la voix railleuse qui je le comprenais soudain venait de l'intérieur même de mon crâne. Tu es à moi maintenant. Mon nom est Hakar deux-quatre-zéro-deux et toi tu es mon esclave maintenant. >

Say et Sam s'étaient levé eux aussi. L'un de nos ravisseurs nous fit signe de nous dépêcher.

- Le Vysserk veut voir tous les combattant, déclara-t-il.

J'acquiesçai. Enfin, Hakar deux-quatre-zéro-deux acquiesça en se servant de mon corps. Je devinais qu'il était l'une des créatures du bassin. Mais il était maintenant dans mon crâne et mon corps était devenu son jouet. Je m'abîmai dans le désespoir...



La suite dans deux semaines.

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© tous droits réservés. Le texte ne peut être reproduit sans le consentement de Nataniel

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