accueil Accueil Lire Lire Écrire Écrire Fiches de lecture Fiches de lecture Forums Forum
Le site
Accueil Lire Écrire Fiches de lecture
Communauté
Forum Concours Liste des membres Visiteurs (9)
Membre
Connexion Inscription
Recherche
dans :
Recherche avancée
Publicité
Partenaires

« La voleuse de réalité » - chapitre 2 : « Chapitre 2 » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « La voleuse de réalité », par reveanne - - - > Chapitre 2 : « Chapitre 2 » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 08/05/2008 à 13h48 - Mise à jour : le 04/06/2008 à 21h44 - Commentaire(s) : 7 - Lecture(s) : 271 - Chapitre(s) : 5 - Mots : 11383 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 1 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 14/05/2008 à 15h32 - Modifié : le 14/05/2008 à 15h37 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 40 - Mots : 2504

<< >>

Chapitre 2

   Le mois d'octobre venait juste de commencer et avec lui son grand copain l'automne. Nikola l'avait remarqué depuis qu'il s'adonnait à l'activité A-5.6 (comptage des feuilles des arbres devant la fenêtre) lors du cours de maths du lundi matin. En effet, le nombre de feuilles de tilleuls avait nettement diminué. Pourtant, le cours de Ramirez n'était pas ennuyeux, il était bien pire que ça, il n'existait pas de mot pour décrire ce degré d'ennui. Ramirez avait une manière immuable et imperturbable de faire son cours, années après années, il répétait la même chose au mot près. Evidemment, les élèves s'étaient adaptés et s'étaient depuis longtemps procurés les cours des années précédentes, ce qui leur permettait de tester, pendant les cours, les activités les plus diverses. De toute façon, Ramirez n'en avait rien à faire.
Nikola se détourna du tilleul pour revenir à ce qui se passait dans la classe. Le prof continuait son interminable discours d'une voix régulière et monocorde. Nikola était absolument incapable de dire de quoi il pouvait bien parler mais vu les schémas sur le tableau, ce devait être de géométrie.
Nikola balaya la salle du regard. A première vue, il n'était pas le seul à tester diverses activités. A côté de lui, Gaëtan en pleine construction d'un Alpha-Jet en feuille de papier à carreaux d'origine incertaine (activité A-3.1). Devant eux la grande, l'imposante, Baba ( de son vrai nom Barbara) pratiquait son activité préféré (A-1.1) et finissait sa nuit. D'ailleurs, elle pratiquait cette activité à haut intérêt pédagogique durant tous les cours matinaux, aucun prof n'avait encore eu assez de courage pour la réveiller. Ils avaient bien raison car Baba était tout sauf une gentille jeune fille. C'était un spécimen d'homo sapiens sapiens dont l'on rencontre habituellement seulement la version mâle et qui descend en ligne directe du gorille.
Plus loin, un groupe d'élèves appliquait consciencieusement la toute nouvelle grille de notation et se chamaillait à propos du nombre de point à accorder au prof pour sa calvitie. D'autres élèves préféraient les activités A-3.1 (dessin), A-2.1 (bavardage). Même Anita, aussi cruche qu'elle pouvait être, n'écoutait pas et était pleinement occuper par l'activité A-5.1 (regarder les nuages). Bref, rien de bien extraordinaire, juste le cours de maths de Ramirez.

C'est à ce moment là qu'il y eut le bruit. Ho, pas grand chose, juste un petit couinement à peine audible. D'ailleurs, presque personne ne l'entendit, mais ceux qui l'entendirent se redressèrent, quittant momentanément le passe-temps passionnant auquel ils se livraient pour tendre l'oreille. Comme d'habitude, c'était Anita qui avait réagit la première, elle avait un sixième sens hyper-développé pour ça. Ce n'est qu'au deuxième couinement, à peine plus audible, que le reste de la classe réagit, tous s'immobilisèrent, l'oreille aux aguets.
Au troisième couinement, Baba eut un soubresaut et se redressa, étouffant un bâillement, les yeux dans le vague encore gonflés de sommeil. Toute trace de sommeil s'évanouirent quand un quatrième couinement, plus fort que les autres retentit. Toute la classe fut alors prise d'une agitation fébrile, chacun tâchant de faire disparaître toutes traces d'activités n'ayant rien à voire avec les mathématiques. Apparus , à la vitesse de l'éclair, sur les tables cahiers et matériels de géométrie. Les élèves recopièrent fiévreusement ce qu'il y avait au tableau avant de mettre toute leur concentration à prendre en note tout ce que disait le prof.

Surpris par cette soudaine attention, celui-ci s'arrêta net. Il n'avait pas réagit plus tôt au changement d'attitude des élèves. Car s'il y avait une chose qu'il avait apprise en 20 ans de carrière, c'était qu'il ne fallait pas se mêler des affaires des élèves, à chacun sa vie. Mais ce soudain intérêt le dépassait, il essaya bien de se souvenir s'il avait fait ou dit quelque chose qui aurait provoqué cette situation, pourtant lui-même ne trouvait rien d'intéressant dans les propriétés du cercle inscrit. Il jeta un coup d'œil au tableau, au cas où quelque chose soit apparue dans son dos sans que lui même ne l'ai remarqué. Il fut déçu car il n'y avait là que les schémas qu'il avait dessinés pour illustrer son cours. L'attention que les élèves portaient soudainement au maths lui restait inexplicable.

La lumière se fit dans son esprit lorsque trois petits coups secs retentirent à la porte.

- Entrez Mme la directrice !, lança-t-il en direction du couloir.

Décidément, il serait toujours surpris par la faculté qu'avait les élèves pour détecter l'arrivée de Mme Chatobant.
La porte s'ouvrit pour laisser passer la sévère silhouette vêtue de bleu marine, en faisant grincer ses chaussures sur le sol. Personne ne savait pourquoi ses chaussures faisaient un bruit pareil, mais c'était comme ça.
D'un seul mouvement, les élèves se levèrent comme le prescrivait l'alinéa B-4.2 du code de conduite Chatobant. A ne pas douter, cette parfaite synchronisation n'était dut qu'à de fréquentes répétitions. Cette belle harmonie fut pourtant rompue par la chute d'une chaise, le bruit qui en résultat eut un effet désastreux sur l'humeur de la directrice adjointe, qui dés qu'elle eut localisée la fautive ne se gêna pas pour la réprimander.

« Melle Richard, ayez un peu plus de tenue, je vous prie ! » dit-elle, courroucée, avec sa voix haut perchée qui faillit percer les tympans de l'assemblé.

Anita prit alors une teinte écarlate qui ne s'accordait absolument pas avec la couleur de son chandail, avant de baisser les yeux, fixant la feuille posée sur sa table comme si elle voulait, du regard, faire un trou dedans. Laissons là les élèves qui contenaient tant bien que mal leurs ricanements. La directrice adjointe, sans leur donner l'autorisation de se rasseoir, se dirigea d'un pas décidé vers Mr Ramirez. Le professeur se voyant la cible de l'adjointe eut un léger mouvement de recul, mais se ressaisissant avec brillaut réussit à afficher un air qui se voulait calme.
Les élèves qui attendaient toujours debout, et bien qu'ils y mettaient toute leur faculté auditive, ne purent discerner dans ce que disait Chatobant à voix basse. Ils n’entendirent qu'un affreux bourdonnement auquel Ramirez, au supplice, répondait par monosyllabes.
Au bout de quelques interminables minutes, le silence revint, l'adjointe se détourna de sa victime (à qui il allait falloir quelques instants avant de retrouver ses fonctions auditives) pour se tourner vers les élèves.
Elle resta là, immobile, pendant un temps incroyablement long à scruter les élèves en silence Elle cherchait des preuves accablantes d'une quelconque infraction au règlement. Elle finit tout de même par se rendre à l'évidence que ce n'était pas encore aujourd'hui que les contrevenants seraient pris en flagrant délit. Elle savait que cette classe devait être l'une des pires depuis des années, ses espions le lui avaient maintes fois répété depuis le début de l'année, mais elle ne pouvait pas sévir sans preuves. Pourtant ce n'était pas l'envie qui lui en manquait, mais la cause serait indéfendable devant les parents d'élèves.
De leur côté, les élèves n'ayant pas reçus l'autorisation de s'asseoir, commençaient à montrer des signes de fatigue et s'échangeaient des regards désespérés.
Il y eut comme un vague soupir de soulagement lorsque la directrice adjointe se détourna enfin d'eux pour se diriger vers la porte. Cependant à leur grande surprise elle ne sortit pas. Elle ouvrit la porte mais ne franchit pas la courte distance qui la séparait du couloir et qui aurait débarrassé les élèves de sa présence.

Mais pas du tout !

Elle s'écarta en faisant signe d'entrer à une personne qui se trouvait dans le couloir. Les élèves les moins bien placés s'agitèrent pour mieux voir ce qui se passait. Cela leur valut un regard noir de la part de Chatobant. Toutefois, certains décidèrent de ne pas tenir compte de l’avertissement et avec une témérité frôlant l'inconscience continuèrent à rechercher la position avec laquelle ils auraient la meilleure vue. Leur folie leur apparut clairement quand la voix suraiguë, qui avait monté d'une octave sous l'effet de l'énervement, retentit.

- Je ne tolérerait pas une minute de plus ce manquement au code de conduite !

Les vitres vibrèrent. Les élèves placés les plus près en furent légèrement étourdies. Ramirez s'était crispé. Quant à la personne qui à l'origine faisait son entrée dans la salle, elle avait effectué un repli stratégique dans le couloir.
Chatobant de fort mauvaise humeur à présent se tourna vers le couloir pour ordonner, sur le même ton, d'entrer à la personne qui était toujours hors de vue.
Cette fois-ci, Raphaël, placé trop près, fut frappé de plein fouet par l'onde sonore et en eut des vertiges. Les élèves qui n'avaient pas eu le réflexe de se protéger les oreilles furent victimes de bourdonnements d'oreille transitoires. Enfin de compte, l'ordre eut l'effet voulu et la personne dont l'entrée en scène avait été momentanément retardée, apparue enfin aux yeux de tous. L'apparition ne fut pas fulgurante, les élèves furent même déçus. Dire qu'ils avaient attendu debout, qu'ils s'étaient attirés les foudres de Chatobant, avaient faillis perdre leur faculté auditive, pour çà !? le nouvel, enfin la nouvelle arrivante fut accueillie par un silence de mort, sous les regards hostiles de 25 paires d'yeux juvéniles et la curiosité d'une paire d'yeux professorales.
Il est vrai qu'elle ne payait pas de mine cette fille. Agée tout au plus de 14 ans, plutôt petite, sa silhouette encore enfantine jurait d'une manière à peine croyable avec les autres filles de la classe. Elle était empaquetée dans l'uniforme standard de l'école et dans le plus pur respect du code vestimentaire en cours. L'image même de ce que la directrice adjointe attendait des élèves.
Bien sur, il fallait faire abstraction de l'horrible coupe de cheveux, celle-ci devait à l'origine ressembler à quelque chose mais en l'état actuel des travaux nul n'aurait su dire à quoi exactement. Elle avait des cheveux mi-long, avec des mèches de tailles inégales et de couleurs disparates. Une petite barrette agrémentait le tableau d'une touche parfaitement ringarde.
Pour l’heure, la demoiselle s’était statufiée face à l’ambiance glaciale qui régnait dans la classe.

- Ne restez pas plantée l ! Présentez vous Mademoiselle !

La voix impatiente de l’adjointe venait de faire de nouveaux ravages. En effet, un certain nombre d’élèves n’avait pas eu la présence d’esprit de continuer à garder un œil attentif sur Chatobant, maintenant ils n’avaient plus qu’à prier pour que les sifflements d’oreilles s’estompent assez vite.
Courageusement, la pauvre fille s’avança pour faire face à 25 adolescents passablement antipathiques et que personne n’avait laissé s’assoire.

Elle se redressa...

... pris une grande inspiration

« Bonjour, je m’appelle Eline A... »

... et sa voix disparut.

En temps normal, la situation aurait déclenché rires et moqueries mais là à cette instant exact l’idée ne leur vint même pas.

- Du nerf que diable, parlez plus fort !

Cette fois-ci, les élèves avaient su mettre des protocoles pour éviter de devenir sourd.. La jeune fille, elle, en resta totalement aphone.

- Si je vous laisse faire nous allons y passé la matinée.
Ramirez qui s’était prudemment écarté de la scène, jeta un coup d’œil à sa montre... Pas pour toute la matinée certe mais pour une bonne partie du cours de maths sûrement.
La directrice adjointe bien décidée à en finir au plus vite préféra ne pas tenir compte de la réaction du professeur et continua sur sa lancée en en baissant légèrement le ton.

- Je vous présente Mademoiselle Eline A. Marmelade. Elle fera désormais partie de votre classe. Comme elle est nouvelle dans l’établissement je vous demande de lui réserver l’accueil qu’il convient.

Là, elle fit rapidement le tour de la classe d’un regard circulaire. Mais l’expression des élèves, fatigués par la longue station debout et légèrement étourdie par la voix stridente de la directrice adjointe, était indéchiffrable. Alors elle reprit.

- Je crois que vous avez élu vos délégués de classe hier ?

Un léger hochement de tête fut la seul réponse.

- Oui ou non ?

Une des filles assises près de la fenêtre prit son courage à deux mains pour répondre par l’affirmative.

- Qui sont les nouveaux délégués ?

Cette fois, Nikola dut lui aussi s’armer de courage pour lever tristement la main. Lorsqu’il avait été élu la veille, il avait su qu’il s’était embarqué dans une sacrée galère mais il n’aurait jamais cru que les ennuis commenceraient aussi vite.

- Melle Hatayama et Mr Stragtéroski je com...
- Stragchtéroski ! » la coupa Nikola.
- Vous dites ?, s’étonna Chatobant.
- Stragchtéroski et non Stragtéroski » confirma Nikola qui ne supportait pas que l’on écorche son nom.
- Et bien Mr Stragchtéroski, reprit-elle en insistant bien sur le nom, Vous vous ferez une joie de servir de guide à votre nouvelle camarade.
-Oui Madame !, acquiesça Nikola qui se rendait seulement compte maintenant de son erreur.
- Vous la mettrez au courant de la vie à l’intérieur de l’établissement.
-Oui Madame.
-Et je vous tiendrais pour responsable de la moindre incartade.
-Oui Madame.
-Bien ! Puisque tout est réglé, reprit-elle à l’adresse de Mr Ramirez, je ne vais pas vous déranger plus longtemps.

Aussitôt dit, aussitôt fait, l’adjointe tourna les talons et disparut dans le couloir. Laissant plantée là, comme une cruche, la nouvelle élève.

Dès que le couinement de chaussure de l’adjointe eut disparu au loin, d’un seul mouvement les élèves s’assirent ou du moins se laissèrent tomber dans leur chaise, avec un grand soupir de soulagement. L’épreuve venait de durer près d’un quart d’heure.
Nikola bouillait de rage. Comment Chatobant osait-elle faire de lui la nounou de la nouvelle ? ! De cette fille à cause de laquelle ils venaient de passer 15 minutes debout à subir la mauvaise humeur pathologique de la directrice adjointe ! Où ils avaient faillit devenir sourd !... Mais, la menace de Chatobant avait été clair et il allait devoir obéir. Pourtant, l’idée même d’avoir quelque chose à voir avec cette fille, cette Eline A. Marmelade, le dégoûtait... Et puis quel nom risible et puis ce « A » qu’est-ce que ça pouvait bien cacher ?

De son côté, Eline n’osait plus bouger face à cette armée de paires d’yeux qui la regardait avec une haine flagrante. Son instinct lui soufflait de se sauver en courant... mais avait-elle le choix ?

Le professeur s’approcha d’elle et d’une voix calme lui demanda d’aller s’assoire. Elle fut surprise par le ton de sa voix, elle avait momentanément oublié que tout le monde ne parlait pas en hurlant d’une voix suraiguë.
Elle chercha du regard une place libre. Ainsi, elle croisa de nombreux regards hostiles, certains plus que d’autre, mais tous indéniablement remplie de haine. Elle eut un frisson lorsqu’elle croisa le regard de l’une des filles. Une fille maigre au long cheveux mal coiffés, celle qui quelque instant auparavant avait dut redresser sa chaise. Cette fille là la fixait si intensément qu’Eline en fut mal à l’aise, c’était comme si cette fille voyait en et au travers d’elle.
Au bout de quelque instant, Eline repéra une table libre au fond de la salle et, essayant de se faire aussi discrète que possible, elle s’y installa.
Le professeur reprit son cour là où il avait été interrompu, mais à la grande surprise d’Eline aucun élève ne semblait y prêter attention tant ils étaient occupés à la dévisager et à se faire des commentaires.
Cette école était pire que tout ce qu’elle avait imaginé. L’année scolaire promettait d’être un vrai cauchemar... Sauf si elle y mettait son grain de sel...


<< >>


© tous droits réservés. Le texte ne peut être reproduit sans le consentement de reveanne

CommentairesFavoris et notificationsCorrections
  • Voir les commentaires (7)
  • Ajouter un commentaire
  • Ajouter l'histoire à vos favoris
  • Ajouter l'auteur à vos favoris
  • Activer la notification pour l'histoire
  • Activer la notification pour l'auteur
  • Signaler orthographe défaillante (0)
ImagesImpressionGestion
  • Voir la galerie (1)
  • Ajouter
  • Version PDF
  • Imprimer le chapitre
  • Imprimer toute l'histoire
Vous ne pouvez pas modifier cette histoire.
un lecteur sur cette histoire : un visiteur non connecté.
SQL : 12 - Exécution : 0.242 s. - Visiteurs : 9
Tous droits réservés sauf mention contraire.
Équipe - Changer de design - Contact - Remonter - Détails - Aide
Partenaires : Art-toon.fr - fanfictions.fr - scribeos.com - bullejapons.fr - Rou & Bou