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« L'escarpolette de Madame la Marquise Valentine de Bussy. » - chapitre 1 : « Chapitre 1: Ancolie. » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « L'escarpolette de Madame la Marquise Valentine de Bussy. », par Ennola - - - > Chapitre 1 : « Chapitre 1: Ancolie. » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 27/06/2008 à 22h07 - Mise à jour : le 27/06/2008 à 22h07 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 141 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 1639 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 1 Publié : le 27/06/2008 à 22h07 - Modifié : le 11/07/2008 à 17h26 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 141 - Mots : 1639


Voilà mon texte pour le concours Death Note initié par Lawliet.

Il y aura plusieurs chapitres, je ne sais pas encore combien 

EDIT / Mise en ligne de la version corrigée orthographiquement par Cinnamon (le  03 Juillet 2008).

EDIT / Je fais concourir seul le premier chapitre pour le concours, il y aura une suite, mais je trouve que pour le moment ce chapitre se suffit à lui même et pourrait être aimé de potentiels lecteurs ;) (le 12 Juillet 2008)


«En amour, il ne faut se permettre d'excès qu'avec les gens qu'on veut quitter bientôt.»

[ Pierre Choderlos de Laclos ]


L'escarpolette de Madame la Marquise Valentine de Bussy.

Meeting - Fragonnard
Couverture réalisée par Ennola, intitulée « Meeting - Fragonnard »

Chapitre 1: Ancolie.

La marquise Valentine de Bussy était comme tous les lundis, occupée sur son escarpolette dans le fond du parc. Le château projetait son ombre sur les ormes séculaires de la propriété, et les pivoines de l'allée s’épanouissaient doucement. Valentine portait une de ces choses roses et froufroutantes dont toutes les femmes dignes de ce nom raffolaient. Sa robe aurait fait rougir les pivoines, qui à côté d'elle semblaient dépourvues de tout artifice.

L'escarpolette de Valentine était un cadeau de son époux, le marquis Lorenzaccio de Bussy. Lorenzaccio était en ce moment-même occupé, disait-il, sur ses terres de fermages, mais en réalité tout le monde savait bien qu'il était plus souvent la tête sous les jupes de Blanche de Caspie que dans le foin de ses granges. Lorenzaccio était un parangon de l'élégance parisienne de ce XIX ème siècle. Le port altier, le drap de ses vêtements venant des plus hautes maisons de mode et d'élégance, les guêtres les plus crémeuses et les souliers les plus vernis. Il s'en servait d'ailleurs à l'occasion pour se raser, à défaut de miroir.

Valentine de Bussy avait vingt-six et se trouvait bien vieille. Dix ans qu'elle était mariée à Lorenzaccio de Bussy, et toujours pas d'enfants. Et surtout elle avait découvert hier, en se faisant brosser les cheveux, un fil gris, fil qui s'était révélé être un cheveu ! Un de ses cheveux ! Cette découverte l'avait plongée dans la confusion la plus totale, si bien qu'aujourd’hui elle avait presque oublié le rendez-vous avec Thomas, le jardinier.

Thomas était un jardinier très habile de ses deux mains, et lui aussi passait plus de temps dans les froufrous de Madame que dans ceux des pivoines. Thomas avait vingt-ans et avait été engagé par Monsieur dans l'optique de distraire son épouse avec des travaux de jardinages. Il avait réussi au-delà de ses espérances. Non seulement son épouse ne s'ennuyait plus, mais on convint même au bout de quelques temps qu'elle avait acquis un certain talent avec les plantes ...

Thomas, lui, n'avait pas oublié son rendez-vous avec Madame la marquise de Bussy. Il se dirigeait en ce moment-même vers l'escarpolette de Madame. Thomas était un garçon grand, bien bâti, et imberbe, tout du moins en ce qui concernait sa barbe. Thomas avait dû avoir des ancêtres germaniques de quelque tribu barbare, comme l'aimait à penser Valentine le soir en lisant dans son petit salon. En effet il avait des cheveux d'un blond éclatant et ce regard de bandit des plus caractéristiques. Cependant c'était là l'idée de Madame et si rien n'avérait son sentiment, on se gardera bien de le lui faire remarquer.

Thomas dépassa l'allée des pivoines et se dirigea droit vers la marquise. Valentine de Bussy avait un teint de pêche, des cheveux d'un châtain délicat montés en anglaises et fixés sur son crâne à l'aide d'une pince en argent chantournée de figures mythologiques, un cadeau de son cher époux. La jeune femme, qui donc se trouvait bien vieille, portait une robe rapportée de Londres, et comme nous l'avons dit, cette robe était rose et délicate, avait des volants nombreux et aériens, rien n'était trop beau pour les beaux yeux noisettes de la marquise.

Valentine vit apparaître Thomas et descendit dolemment de son jouet. Maintenant qu'elle apercevait le regard brillant d'excitation du jardinier, elle oubliait presque qu'elle était si vieille ...

La pudeur de madame, si peu effarouchée en tant normal, ne permet cependant pas de raconter le contenu des leçons de jardinages du zélé Thomas, mais gageons que ce fut fort instructif.

Après avoir suivi sa leçon quotidienne de jardinage, Madame Valentine de Bussy gagna le pavillon perdu dans son bois. Ce pavillon lui servait de retraite en été, et c’était un lieu tout à fait charmant pour prendre une petite collation en compagnie de gens de bonne société. Valentine marcha vers la porte et l’ouvrit, mais alors qu'elle allait entrer, son pied buta contre un cahier relié de cuir noir. La couverture était lisse et en lettres d'argent était inscrit “Death Note”. La marquise se demanda comment un cahier avait pu atterrir ici… Ce n’était certainement pas Berthe, la bonne, qui avait nettoyé le pavillon, qui avait pu le perdre : elle ne savait ni lire ni écrire. La présence de ce cahier était étrange. Valentine le ramassa tout de même et ferma la porte derrière elle.

Madame déposa son panier de fleurs et le cahier sur la table. Elle s’assit dans un fauteuil et déposa ses frêles jambes sur une bergère tendue de velours amarrant. Elle se saisit du cahier et l’ouvrit : " Mode d'emploi ".

Valentine referma le livre et le posa doucement sur la table recouverte d’une nappe faite au crochet, et se laissa aller dans son fauteuil. Soit le livre disait la vérité, et elle pouvait en écrivant le nom de quelqu’un le tuer, soit il s’agissait d’une farce de Lorenzaccio. Seulement Lorenzaccio n’avait pas d’humour, pas une once. Et d’ailleurs qui aurait-elle eu besoin de tuer ?

Valentine se leva, il était près de cinq heures du soir comme l’indiquait sa montre bracelet. Elle prit le cahier qu’elle déposa au fond de son panier, sous les immortelles qu’elle avait cueillies sur le chemin, le dissimulant de ce fait, au cas où …

Elle referma la porte, puis repartit sur le chemin de gravier blanc et, alors qu’elle observait les futaies, tomba nez à nez avec une créature ailée. Valentine aurait dû être surprise, voire choquée, mais elle avait, semblait-il, donné plus de crédit qu’elle ne le pensait à ce qui était écrit dans le Death Note. La créature, qui se tenait immobile au-dessus du sol, ne ressemblait en rien à toutes les peintures dépeignant les créatures peuplant les abysses. Elle était grande et en même temps trapue, ses ailes de chauve-souris battaient l’air, ses membres squelettiques étaient couverts de haillons noirs, et le visage du monstre était presque humain. Deux yeux noirs, une bouche démesurée et des dents blanches plus longues que la moyenne, complétaient le portrait de cette apparition.

-Bonjour, dit Valentine.

-Bonjour, répondit la créature avec un sourire narquois.

-Et à qui ai-je l’honneur ? Demanda Valentine comme si elle parlait mondanités avec son amie Anne-Sophie de Gas.

-Fersen, pour vous servir, fit la créature en mimant une courbette.

-Et quelle est la raison de votre venue Monsieur ? Demanda Valentine, polie en toute occasion, noblesse oblige.

-Oubliez le Monsieur avec moi… Comme je vous l’ai dit, je suis Fersen, dieu de la mort de profession.

-Et que puis-je pour vous ? Vous voulez récupérer votre cahier ?

-Oh ! Vous avez donc deviné que j’ai un lien avec ce cahier ?

-Monsieur Fersen… Vous savez, je ne suis pas stupide… Et lorsque je lis dans un cahier qui semble venir de nulle part que je peux tuer des gens rien qu’en y écrivant leur nom, et qu’ensuite je vois apparaître une créature volante, il n’est pas étonnant que je fasse le lien.

-Je suis impressionné, Madame la baronne.

-Merci Fersen, mais alors que fais-je de ce cahier ? Allez-vous le reprendre ?

-Oh non ! Vous en êtes la propriétaire, et ce jusqu’à votre mort ou jusqu’au moment où vous renoncerez à sa possession.

-Et vous, qu’allez-vous faire pendant ce temps ?

-Et bien… Rester avec vous voyons, ce ne serait pas intéressant dans le cas contraire.

-Mais que vais-je bien pouvoir en faire ? Demanda Valentine en marchant le long de l’allée.

-Vous avez lu les instructions. Dorénavant, vous pouvez tuer quiconque vous plaira.

-Le meurtre est d’un consommé, dit la marquise en observant ses primevères.

Fersen rit en un jappement sonore.

-Vous êtes étrange marquise… Vous n’êtes pas étonnée de me voir ?

-J’ai lu le cahier et je pense que votre présence est bien la preuve de ce qui est écrit. Cependant vous ne croyez pas qu’on va vous voir, à voler comme ça à côté de moi ?

-Vous êtes la seule à pouvoir me voir et m’entendre.

-Ah parfait, je n’aurais pas voulu expliquer votre présence à mon mari.

-Puis-je vous poser une question ?

-Bien sur.

-Vous n’avez pas peur ? Je pensais que les humains croyait en Dieu et cætera ?

-Je n’y crois guère, mais il sied à une personne de mon rang de pratiquer la religion.

La marquise et son étrange invité continuèrent à déambuler le long du chemin jusqu’à apercevoir le château.

-Qu’est-ce qui vous fait dire que j’aurais besoin de votre cahier ? demanda la marquise en sortant de ses pensées.

-On a tous besoin un jour ou l’autre de tuer quelqu’un, belle Marquise. Reste à savoir quand cette occasion se présentera à vous …

La marquise se dirigea vers le petit atelier de Thomas. En effet, elle avait grand besoin de conseils floraux et cela ne pouvait attendre.

-Fersen, êtes-vous obligé de rester avec moi tout le temps ?

-Non, mais c’est plus intéressant de cette façon.

-Je vous prierais cependant de me laisser, j’ai des affaires qui ne concernent pas un dieu de la mort.

Fersen qui était amusé par cette humaine qui semblait ne pas avoir peur de lui et qui lui donnait des ordres, alla se poser sur le toit de la bâtisse qui servait de serre et d’atelier au jeune Thomas. Fersen était heureux, ou tout du moins heureux comme pouvait l’être un dieu de la mort. Cela faisait longtemps qu’il s’ennuyait et il ne s’était pas douté en faisant tomber son cahier qu’une humaine aussi intéressante le ramasserait. Oui, décidément, il était heureux et amusé par cette femme qui n’avait pas peur en le voyant et qui ne trouvait pas scandaleux d’assassiner un autre être humain.

Madame la marquise Valentine de Bussy entra dans le petit bâtiment qu’elle avait fait construire pour Thomas et marcha silencieusement vers la réserve où elle entendait du bruit. Elle poussa doucement la porte et regarda avec colère dans l’embrasure. Apparemment Thomas avait trouvé d’autres froufrous à son goût. Et pas n’importe lesquels… Ceux d’Anne-Sophie de Gas, une de ses plus proches amies. On a beau dire qu’un amant a le droit d’être volage, il doit cependant avoir le bon goût de le faire en cachette.

Valentine de Bussy n’était pas fâchée du fait que son amant la trompe…Au contraire, il aurait été étrange qu’il ne le fasse pas. Mais elle était très ennuyée du fait qu’il le fasse sur ses terres et sans plus se cacher. Tout compte fait, peut-être avait-elle besoin d’un Death Note …



L'ancolie est une fleur dont la signification est (source : Wikipédia ) : vous me jetez dans un grand trouble.


Suite à une discussion et au commentaire de Lawliet j'ai décidé de mettre les instructionsdu Death Note en français mais de garde le nom "Death Note" en anglais  Laissez un petit commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé  



Sous réserve des droits de(s) (l')auteur(s) original/aux ou ayants-droit :
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