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- Chapitre unique| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 19/07/2008 à 13h47 - Mise à jour : le 19/07/2008 à 13h47 - Commentaire(s) : 4 - Lecture(s) : 76 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 1169 - Complet : oui - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 | Publié : le 19/07/2008 à 13h47 - Modifié : le 26/07/2008 à 14h02 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 76 - Mots : 1169 |
Ce texte peut s'assimiler à de la poésie en prose, il n'y a pas d'intrigue, ne soyez pas déçu ; ).
Bande son : The scientist - Coldplay
Merci à Fanofher ( dit Badiiiiiie * cris de fan hystériques * pour les intimes : D ) pour la correction de ce texte.
Re-merci à Fano' pour sa re-correction =p ( le 21 Juillet 2008 à 16 H 43 ).
Etant donné les commentaires reçu, mon impression personnel, et le fruit des quelques recherches que j'ai effectué, je classe ce texte en Poésie en prose. ( Le 25 Juillet à 14 H 11 ! )
Une Mer de terre, des Poissons de pierre, un Château magique, une jeune fille sur une île.
Couverture réalisée par Ennola, intitulée « Paysage - » |
On accédait au bosquet qui cachait le Château en passant par un bras de terre entre deux langues de Mer. La Mer avait l’allure d’un champ fraîchement labouré, mouvante, libre et épaisse. La seule différence avec le labour était qu’il n’y avait pas de pousses de colza ou d’orge prisonnières de l’étau terrestre. Il n’y avait pas non plus présence des rails, représentants du passage du laboureur. La Mer était infinie à l’horizon, seule étendue millénaire qui noyait tous les songes de ce monde.
Le paysage était ponctué par d’uniques îlots de pierres qui eux-mêmes bougeaient au grès des courants. Les îlots n’étaient en fait que les corps, vivants ou morts, des baleines de cette étrange Mer. On ne voyait, comme pour les icebergs, que la partie bombée du cétacé, qu’une infime partie de l’immense carcasse putride du dit poisson. Les îlots étaient recouverts d’une toison bleu azur. Mais ce n’était pas de l’herbe, pas des algues, c’était des êtres vivants. Des êtres vivants, longs comme le bras, ondulant dans le Vent de la brise marine au goût sucré. Des êtres bleu turquoise, pastel …
Ici le Vent n’était pas le rappel de cet incessant ressac qui caractérise les mers liquides et limpides. Ici le Vent était une brise douce et ondoyante. Un être qui enveloppait tout, qui caressait tout. Qui endormait les longues herbes des îles, qui berçait les poissons pierres dans leur sommeil de juste. Le Vent n’était pas un être redouté, c’était la douce chaleur sucrée de l’après-midi qui fait voleter les cheveux, chatouiller les enfants dans leur barques de lianes tressées.
Le bras de terre qui séparait la Mer en deux n’était pas vraiment en terre. Il était en fait une longue cicatrice de pierre que pouvaient traverser ces poissons passe-murailles. Un peu de terre s’était déposée au gré des Vents pendant des millénaires. La terre du Chemin n’était plus mouvante comme celle de la mer. Elle était comme gelée, comme cette glace qui sert de banquise sur Terre. Un duvet d’Herbe cette fois bien morte recouvrait le tout et permettait de traverser. Mais une herbe elle aussi d’un bleu profond et inaltérable.
On ne savait pas où était ce lieu, on ne savait même pas s’il existait ailleurs que dans l’imagination de cette jeune fille assise sur son îlot de pierres, devant ce champ labouré et odorant. On ne le savait pas et pourtant il existait tellement. Le Vent sucré et doux criait son existence, la Mer furieuse et mouvante hurlait sa présence, les Poissons de granit plaidaient leur vie. Aussi partons du postulat qu’un tel lieu existait. Tant pour aider la jeune fille, que pour ravir Poissons, Mer et Vent.
Les Poissons fendaient l’ondoiement terreux, transperçaient les vagues de labour, les amoncellements poussiéreux. Les poissons étaient multiples et pourtant il n’était pas rare de voir un fier banc de sardines traverser le chemin, traverser ce bras de pierre et réapparaître de l’autre côté en une seule et même baleine. Ils étaient gris pâle ou rosé, selon la pierre dont ils étaient faits. Il y avait de tout, des baleines de grès en passant par la dorade de marbre.
[*1] Le Chant était partout présent, ce n’était pas seulement la musique de la jeune fille sur l’île qui observait le vol des corbeaux, et qui imaginait ce monde de terre et d’Herbe bleue. Il s’agissait du souffle du Vent qui chatouillant l’Herbe, produisait ces trilles clairs et limpides. C’était ce champ des baleines, ce murmure assourdi du Vent. C’était le roulis étouffé d’une mer opaque. C’était le vol des oiseaux de lumière.
Les oiseaux de lumière, tâches de clarté dans le ciel cobalt. Ils étaient les astres de ce monde dont on ne savait pas ce qu’il était véritablement. Rêve d’une jeune fille sur un îlot de pierre ? Monde où Ciel rimait avec noir et Herbe avec bleu ? Astres luminescents et majestueux, c’étaient les aigles, les rossignols, les piverts. On ne distinguait rien de leur ramage, ils étaient si lumineux et célestes que tout leur corps n’était qu’une même masse de lumière. Leurs trilles faisaient aussi partie du Chant. C’étaient des envolées lyriques, des berceuses rappelant la douceur de la mer le soir près du feu.
Le Ciel était cobalt presque toute la journée, l’idée que ce soient les oiseaux qui illuminent cette nuit plaisait à la jeune fille sur l’île. Le reste du temps le Ciel était clair, des flèches de couleurs violette, or, orange l’illuminaient et se réverbéraient sur les Herbes azur. La jeune fille imaginait la scène lors de ces rares moments de clarté céleste. Elle ne savait pas pourquoi mais même en sachant que cette nuit crépusculaire tomberait, elle ne voulait pas la vivre. Aussi repoussait-elle ce moment.
La jeune fille était assise sur l’île de pierre. Ses mains aux veines saillantes et bleutées reflétaient le soleil. Sa peau était pâle, translucide si l’en était. Des longues jambes étaient posées sur les pierres. Des jambes habillées d’un pantalon de jean clair, de chaussettes noires à pois blanc, et des chaussures ornées de pommes complètent le bas de son anatomie. Un pull beige au col en V décousu couvrait son torse [*2]. Ses cheveux presque ondulés, presque lisses, volaient dans le vent. Elle pouvait presque entendre les trilles que le Vent sucré ferait en les agitant. Des yeux presque verts, presque bruns regardaient le paysage. Son visage presque beau, presque disgracieux attendait la caresse de ce Vent sucré, qui ne venait pas.
On accédait au Château par le Chemin. Le Château était dans la « forêt ». La forêt n’était pas grande, à peine cinquante mètres de long et vingt de large. Pourtant le château était grand, immense, gargantuesque. Il faisait près de cent mètres de larges et cinquante de long. Pourtant rien ne dépassait de cette « forêt » miniature.
Le Château était perdu dans un océan de verdure bleu. Les feuilles, les mousses, les fougères, tout était bleu. Un patchwork iridescent de ces milliers de bleus inconnus et connus. Le Château était niché dans cet écran azur. Masse imposante aux murs d’un blanc passé, presque d’un jaune pâle. Des fenêtres s’alignaient sagement sur les multiples étages de la bâtisse. La clairière était baignée d’une lueur vaguement glauque. C’était comme si une pellicule d’eau s’était déposée à la surface des branchages entrecroisés.
Le Château était silencieux, il n’était habité par personne. Jamais quiconque n’avait foulé les dalles de l’entrée, ni utilisé les couverts de vermeil du service à thé. Personne n’avait façonné les figures chantournées des chaises de la salle de balle, et pourtant tout était là. De la bergère recouverte de velours, à la cheminée sculptée, jusqu’à la robe d’intérieur en lin clair.
Le Château n’avait d’autre fonction que d’être le Château. Le Château magique caché dans le bosquet, au bout du Chemin, près de la Mer.
Et la jeune fille restait sur son îlot dont on ne savait pas s’il était dans cette Mer de terre ou au milieu d’un champ fraîchement labouré. C’était l’histoire de la Mer de terre, des Poissons de pierre, du Château magique, et de la jeune fille sur l’île.
[*1] : Chef Badiiiiie à dit que le phrase qui se trouvait là avant était étrange et cassait le rythme ( ça c'est la version littéraire, en fait c'était plutôt " C'est pas bô, j'aime pas " ), et après mures réflections ( deux secondes environ ) j'ai décidé en mon âme et conscience de l'ôter.
[*2] Encore une réflection profonde de Fano' m'a fait enlevé une phrase.
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