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> Chapitre 1 : « Libération » - 
| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 12/03/2010 à 23h40 - Mise à jour : le 29/01/2011 à 14h57 - Commentaire(s) : 12 - Lecture(s) : 1822 - Chapitre(s) : 3 - Mots : 3558 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 2 - Abonnés à l'histoire : 1 | Publié : le 12/03/2010 à 23h40 - Modifié : le 19/03/2010 à 22h14 - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 1207 - Mots : 1117 |
Et me revoilà ! Ça faisait un bail que je n'avais pas travaillé sur un projet d'histoire "simple" , et ça me manquait terriblement. Suite à une conversation plus ou moins délirante et abracadabrante avec ce cher Shas, j'eus l'Idée, celle qui me manquait depuis si longtemps. Et puis je me mis fébrilement au travail, sans vraiment savoir où aller, mais avec une ferme volonté d'y parvenir.
Voici donc mon premier "vrai" texte depuis bien longtemps. J'espère qu'il vous plaira. En tout cas, moi, je suis impatient d'en connaître la suite !
StocKo.
En Cavale
![]() Couverture réalisée par StocKo, intitulée « Tundra4 » |
| Résumé : L'odyssée d'un ancien criminel, réincarné en radiateur, et de son compagnon de fortune, un lycéen légèrement marginal, vers leur idéal de liberté...Et qu'est-ce que la liberté, sinon aller hors de soi ? |
Libération
De mon vivant, je ne croyais ni en la réincarnation ni en l’enfer. Je fus donc surpris, à ma mort, de me réincarner dans un terrible enfer.
Dans les années quatre-vingt, j’avais fait fortune en cambriolant quelques commerces et en vendant du LSD. Et des disques vinyles, ce que beaucoup trop de monde a tendance à oublier. Je menais une vie de débauche, une vie dissolue : libre comme l’air, sans aucun port d’attache. Ma profession m’obligeait à voyager beaucoup, et à voyager léger. Mais je ne m’en plaignais pas.
Comme toutes les bonnes choses, cette vie de rêve avait cependant une fin. Une fin brutale, d’ailleurs : je fus assassiné dans un restaurant.
La police ne m’avait jamais mis le grappin dessus, et pourtant, je fus puni pour tous mes crimes. Je fus en effet emprisonné d’une façon tout à fait novatrice : je fus réincarné en radiateur dès que mon cœur cessa de battre. Terrible châtiment divin ! Moi qui avais toujours connu la liberté, je me retrouvais subitement attaché à un mur.
Je compris très vite que j’étais dans un lycée : un couloir peint avec un mauvais goût affligeant, des sonneries stridentes toutes les heures, et des jeunes déambulant toute la journée devant moi.
Six mois sur douze, j’avais l’impression d’être invisible. Et puis, vers novembre, quand il commençait à faire un peu froid, je me retrouvais brusquement au centre de toutes les intentions. L’eau chaude qui me parcourait de bout en bout me torturait constamment. Comme si cela ne suffisait pas, il y avait toujours une pouffiasse qui jugeait bon de poser ses fesses sur moi.
Ah ça, j’en ai vu, des paires de culs ! Des mollassonnes, des biens fermes, des douces, des grosses, des quasiment inexistantes…Toutes, toutes, toutes, s’asseyaient sur mon visage. Ca ne me changeait pas trop : j’avais toujours été entouré de femmes. Néanmoins, du temps où j’étais humain, elles n’étaient pas nombreuses à se permettre d’aller si loin au premier rendez-vous.
Jusqu’au début du printemps, vers avril, j’étais brûlé au troisième degré de l’intérieur et j’étouffais sous des postérieurs innombrables. Puis plus rien, bye bye jusqu’à l’hiver suivant.
Voilà ce en quoi consista ma vie pendant grosso modo trente ans. Trente terribles années durant lesquelles je ne pus rien faire à part me fondre en divers repentirs et jérémiades pour essayer de briser les chaînes vicieuses de mon karma.
Il faut croire que mes incessantes prières furent un jour entendues. Depuis pas mal de temps j’observais les allées et venues d’un groupe d’ouvriers du bâtiment. Je commençais à entendre des marteaux et des perceuses à l’œuvre ; bientôt ce furent des brouettes et des brouettes de débris divers qui me passèrent sous le nez. Je saisis très vite que les travaux entrepris étaient de l’ordre de la démolition.
Par un beau matin, ils se ramenèrent sans crier gare dans mon couloir, avec une vieille radio et leurs énormes masses et…Boum !
Je perdis connaissance, au milieu de toute la poussière et de tout le bruit, ayant peur d’être moi aussi mis en pièces par les impitoyables maillets. A mon réveil, bien que déçu de voir que j’étais toujours un radiateur, j’eus le plaisir de constater que j’étais toujours en vie. Il me fallut néanmoins quelques secondes pour me rendre compte que la peinture sur les murs n’était pas tout à fait la même et que la lumière était anormalement vive.
Je ne rêvais pas : j’étais bel et bien dehors. Au soleil, à l’air libre, au sommet d’un imposant tas de débris. Ma peine avait pris fin : j’avais retrouvé la liberté.
Observer les nuages se déplacer subtilement pendant des heures finit par me lasser. Je n’étais plus lié à aucun mur et, à ce titre, je fus pris d’une soudaine envie de parcourir les étendues que j’avais sous les yeux. Mais, croyez-le ou non, il est bien plus difficile de se déplacer quand on est un radiateur. Disons que le fait de ne pas avoir de jambes complique sacrément les choses. Je fis de mon mieux pour traîner mon lourd corps métallique, mais aucune de mes tentatives ne fut fructueuse. Sentant la fatigue m’envahir, je décidai de renoncer momentanément à ma quête de mouvement pour piquer un somme. Bien mérité.
Je fus réveillé par un bruit intolérable, une espèce de mugissement informe et continu que produisait un troupeau de bœufs avachis devant ce qui semblait être l’entrée du lycée. J’avais visiblement dévalé le monticule d’immondices sur lequel j’avais été jeté la veille, et voilà que je jonchais le trottoir environnant.
Je profitais à loisir du spectacle désespérant, pathétique et extrêmement drôle que m’offraient les élèves au petit matin. Des yeux vides dénués de toute envie, des visages lisses dénués de toute expression, des corps avachis dénués de toute volonté. Elle avait bien changé, la jeunesse, depuis mes glorieuses années quatre-vingt !
Ils étaient mous, mais ils faisaient un boucan du diable. Maintenant que j’avais été réveillé par leur blabla aussi incessant qu’insipide, je décidai de retenter ma chance et d’essayer à nouveau de mouvoir ma vieille carcasse de ferraille. Péniblement, je me traînassais par terre, me démenant comme un fou et ne parvenant toutefois qu’à me déplacer de quelques centimètres.
La liberté n’allait pas me tomber toute cuite dans la bouche. Pour la reconquérir, il allait falloir que je me batte de toutes mes forces. Ca n’allait pas être facile, mais je ne pouvais pas me permettre d’y renoncer, pas si près du but, pas après avoir été enchaîné pendant si longtemps. Son appel, qui n’avait jamais été aussi impérieux, ne me laisserait aucun repos tant qu’il ne serait pas pleinement satisfait.
Il y avait tout de même un hic : même si je pouvais faire de belles phrases, je ne pouvais pas me déplacer d’un iota. Mon parcours s’annonçait long et semé d’embûches.
Tout commentaire est évidemment le bienvenue, je vais pas vous manger. J'espère tenir un rythme régulier de publication, mais maintenant vous commencez à me connaître et je n'ai plus besoin de préciser que ce rythme idéal risque bien de ne pas être tenu très longtemps !
A bientôt !
StocKo.
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