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« Le souffle d'Ongar » - chapitre 1 : « Prologue » — L'Encrier
Vous êtes ici => Accueil > Liste des histoires > « Le souffle d'Ongar », par Abon44 - - - > Chapitre 1 : « Prologue » -
L'histoire Ce chapitre
Publié : le 29/08/2007 à 11h21 - Mise à jour : le 13/10/2007 à 14h51 - Commentaire(s) : 3 - Lecture(s) : 2656 - Chapitre(s) : 3 - Mots : 5383 - Complet : non - AMR : Tous publics - Favorite de : 1 - Abonnés à l'histoire : 0 Publié : le 29/08/2007 à 11h21 - Modifié : le 30/08/2007 à 16h00 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 1942 - Mots : 926

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Le souffle d'Ongar

Résumé : Alors que le Shah Rajamaël prépare une guerre sainte sans pitié pour apporter la lumière de Dash dans les Trois Royaumes, le son des tambours s'élève au-delà de la forêt brumeuse du Rohim. Une menace pour la paix des Hommes, bien plus grande que la folie du Shah, se prépare dans l'ombre.

Prologue

    C’est dans la fraîcheur éthérée du soir qu’il expira pour la dernière fois, le vieux conteur du village. Il avait toutes sortes d’histoires originales en mémoire, qu’elles soient vraies ou non. De sa seule voix profonde et captivante il faisait taire les enfants les plus bavards.
     Dans les derniers jours de sa vie, sur son lit de malade, il s’était mit à conter une légende connu des Trois Royaumes, un mythe présent dans toute les mémoires et cependant oublié. Björn n’avait jamais cru à toutes ces fables, il se contentait d’écouter et de penser que le vieux fou délirait. Ivar, car c’était son nom, racontait cette histoire en se présentant comme le descendant du roi Ulrich. Mais ce qui contrariait Björn, c’est que sa sœur, Jarnisa, accordait une attention particulière à ses dires et ne cessait de lui répéter que s’il était vraiment le dernier descendant d’Ulrich alors la paix des Hommes était menacée.
« Mais les Orques n’existent pas ! » s’était exclamé Björn le jour de l’enterrement de Ivar. « Ce n’est qu’un conte pour effrayer les enfants ! M’entends-tu, Jarnisa ?
- Je t’entends très bien ! Mais dis-moi, mon frère, dis-moi pourquoi lorsqu’on évoque la forêt brumeuse du Rohim, un frisson nous parcours le dos ? » Björn soupira, une sueur froide avait coulé le long de sa nuque au seul nom de cette forêt maudite. Sur ce point, elle n’avait pas tord. « Nous avons tous peur, reprit-elle, même nous, courageux castridiens, nous avons peur d’elle. Sans savoir pourquoi. »
     Björn n’avait rien répondu et il s’était isolé comme il le faisait si souvent. Il avait fini par comprendre ce qui intriguait sa sœur dans cette légende. Les castridiens n’étaient censés craindre que la mort dans le déshonneur et d’être refouler aux portes des jardins d’Ongar. Qu’avait donc cette forêt qui les effrayait tant ? Jarnisa avait finalement gagné, lui aussi voulait savoir. Alors il se remémora le dernier conte du vieux Ivar et chercha à déceler le vrai du mythe.
 
 
     C’était il y a cinq cent ans dirait un vieillard comme moi. C’était il y a mille ans dirait un jeune garçon. Quoi qu’il en soit, cette histoire fût. Dans un temps où les Trois Royaumes étaient liés, dans un temps où les hommes étaient frères. Tous unis contre un même ennemi, les terribles Orques. Des monstres, horribles mangeurs d’homme aux bras et aux jambes tors. Ils terrorisaient les villages isolés en attaquant dans un désordre et une confusion qui leur était propre.
      Les cavaliers des Trois Royaumes savaient les repousser, cela leur était facile en vérité, les orques se déplaçaient toujours en de petites tribus nomades. Tant qu’ils n’étaient pas plus nombreux que les hommes finalement ils n’étaient pas un si gros problème. Il suffisait de ruser et de faire éclater une dispute dans le groupe d’orques et ils finissaient par s’entretuer. Les preux cavaliers en riaient et racontaient avec verve la façon dont ils avaient lancé la bagarre et comment ils avaient tué les derniers orques à coup d’épée, de masse ou de flèche.
     Il en fût ainsi jusqu’au jour où, Ongar même ne sait comment ni pourquoi, les orques s’unirent. Et la mort s’abattit comme un couperet sur les Trois Royaumes. La ruse habituelle n’était plus d’aucune utilité. Des vagues de monstres assoiffés de sang déferlaient dans les cités et les Hommes furent submergés. Les cavaliers qui s’étaient autrefois vanté de leurs exploits tombaient les uns après les autres. Les trois souverains enchaînaient batailles sur batailles et chaque fois l’ennemi avançait comme une terrible tempête qu’on ne pouvait arrêter.
     Les orques les poussèrent aux confins du monde, très loin au nord dans les montagnes. C’est dans la dernière forteresse des Hommes qu’ils résistèrent le plus, trouvant leur force dans le désespoir. Les monstres vinrent se fracasser sur la muraille de Aulevent, la cité des Trois, mais cela ne suffisait pas à stopper le fléau. Le temps glorieux des hommes allait se terminer aux pieds des montagnes, au bord du monde.
     Ce n’était pas la fin que les trois souverains avaient imaginé ; et dans un ultime sursaut de démence diraient certains, de courage diraient d’autres, ils invoquèrent les esprits de la forêt brumeuse. Cette vaste forêt bordant les plaines perdues du Rohim et dont les êtres qui la peuple ne sont, dit-on, que des ombres. Oui, ils les appelèrent, ils savaient comment s’y prendre alors c’est ce qu’ils firent pendant qu’à l’extérieur les hommes se battaient pour leur survie. Ils établirent un pacte avec les puissances de la forêt ; elles repousseraient les orques et les retiendraient au delà de leur domaine, sur les terres sombres.
     Tout a un prix cependant, et ce fût le prix du sang qu’elles réclamèrent. Les trois souverains ayant chacun un fils, se donnèrent la mort. Et tant que coulerait leur sang, à travers leur descendance, le pacte durerait.
     C’est ainsi que Ulrich, roi de la vaillante Castride, Ahmet, shah de Hellalabah la magnifique, et Gioberti, roi du puissant Rohim, sauvèrent leurs peuples du néant.
     Je m’appelle Ivar Magnus, dernier descendant de Ulrich, je ne sais pas ce que sont devenu les autres. Reste-t-il des descendants de Ahmet ? Ou de Gioberti ? Je meurs sans savoir ce qu’il adviendra des Hommes et j’ai peur.


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