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- Chapitre unique| L'histoire | Ce chapitre |
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| Publié : le 24/03/2011 à 17h39 - Mise à jour : le 24/03/2011 à 17h39 - Commentaire(s) : 1 - Lecture(s) : 659 - Chapitre(s) : 1 - Mots : 2195 - Complet : oui - AMR : Tous publics - Favorite de : 0 - Abonnés à l'histoire : 0 | Publié : le 24/03/2011 à 17h39 - Modifié : jamais - Commentaire(s) : 0 - Lecture(s) : 659 - Mots : 2195 |
Fin de vie
| Résumé : La fin d'une vie comme elle aurait du se produire... |
Allongé sur son lit, le vieillard respirait avec difficultés. Autour de lui s’étaient rassemblés ses proches, son fils adoptif au premier rang d’entre eux. Malgré sa fatigue et la proximité évidente de la mort, l’homme gardait dans ses yeux la marque de sa profonde intelligence.
A 96 ans, détenteur de nombreux et prestigieux offices, il avait été le conseiller privé de quatre empereurs, appelé par Vespasien sur les conseils de Titus. Il avait servit fidèlement les deux fils du vainqueur de l’année des quatre empereurs, jusqu’à ce que la violence toujours croissante de Domitien ne le pousse à demander l’autorisation de se retirer dans sa villa de Baies, ce que l’Empereur lui avait accordé.
Quelques années plus tard, Domitien avait été assassiné et il avait été appelé malgré son grand âge à conseiller son successeur Nerva.
Mais sa santé avait décliné et il avait été forcé de quitter Rome pour retrouver le climat plus agréable de la région napolitaine, cette région si belle et si terrible, cette région où il avait failli perdre la vie ce fameux jour d’août, il y avait déjà vingt ans de cela...
“Te souviens-tu, Gaius, de ce fameux vingt-cinq août ? De ce jour où j’ai bien cru mourir... Ce jour où le soleil lui-même a disparu derrière le voile de fumée de la forge de Vulcain ?”
“Oui mon oncle, je m’en souviens. Ce jour où la terre a tremblé, où la mer s’est retirée, où les oiseaux ont cessé de voler, où tant d’autres ont péris. Je me souviens de ce jour où, n’écoutant que ton courage et ton amitié, tu as ordonné à tes liburnes de prendre la mer pour aller sauver le plus grand nombre à Stabies, à Herculanum et à Pompéi.”
“Oui, le vent et la mer ne se comportaient pas comme à l’habitude. Jamais auparavant et jamais depuis n’ai-je vu l’air et l’eau se comporter ainsi... Et la poussière qui tombait, qui s’infiltrait dans les gorges, assoiffait puis asphyxiait les hommes comme les animaux... Et le tonnerre de la montagne crachant ses flots de cendres et de pierres, et les flammes qui par moment jaillissaient dans les nuages...”
“Jamais je n’ai remercié les dieux autant que ce jour. Je n’ose imaginer ce qui se serait produit si cette pierre brûlante n’avait mis le feu à ton navire, te forçant à faire demi-tour. Combien de tes marins sont morts durant cette opération de sauvetage ou dans les jours qui ont suivi ?”
Les yeux du vieillard se voilèrent et des larmes se mirent à couler le long de ses joues ridées : “Ils furent certainement trop nombreux. Et de voir les victimes qu’ils avaient évacuées au péril de leur vie mourir comme eux, preuve du caractère vain de leurs efforts... Ah, Rectina et Pedius Castus, mes amis...”
“Dis toi mon oncle que tu aura au moins pu aider les survivants durant les premiers jours, tandis que Titus préparait les secours à Rome... Combien doivent la vie à l’eau et à la nourriture dont tu ordonna la distribution, ouvrant les portes des entrepôts de la flotte ?”
Soudain un bruit se fit entendre à la porte de la villa. Quelques instants plus tard un serviteur entra dans la chambre et annonça : “L’Imperator Caesar Nerva Traianus, fils du divin Nerva, Optimus et Augustus”.
Immédiatement tous s’inclinèrent, le vieillard lui-même cherchant à se relever sur sa couche pour rendre hommage à son souverain, un homme de 45 ans, guerrier aguerri sur les frontières de l’Empire et administrateur expérimenté ayant principalement servi sous les ordres de Domitien. Il était aussi un ami personnel de Gaius, lequel exerçait la haute fonction de gardien du trésor du temple de Saturne, la dernière marche avant l’honneur du consulat.
“Ne te fatigue donc point, Gaius Plinius Secundus. Je suis venu ici en ami plus qu’en Empereur, afin aussi de rendre hommage à l’excellent serviteur de l’Etat que tu fus tout au long de ta carrière. J’ai reçu la semaine dernière le dernier livre de ton Histoire Naturelle révisée, et j’en ai déjà ordonné la copie pour en assurer la diffusion dans tout l’Empire. Ton œuvre est au moins aussi glorieuse que celle de Virgile et célèbre peut-être mieux encore la gloire de Rome que le poème de nos origines. Afin d’adoucir tes derniers moments j’ai décidé de t’annoncer une heureuse nouvelle : ton fils Gaius Plinius Caecilius Secundus ici présent sera consul l’an prochain.”
A ces mots le visage celui que tout le monde appelait Pline le Jeune laissa transparaître sa surprise : il savait qu’il deviendrait prochainement consul mais ne s’attendait pas à entendre l’Empereur annoncer ainsi publiquement cette décision qu’il n’attendait que pour dans deux ans.
Pline l’Ancien sourit gravement à l’Empereur et déclara :”Princeps c’était mon devoir que de servir l’Empire au mieux de mes compétences. J’ai eu la chance de pouvoir le faire sous la direction d’hommes sages comme Vespasien ou Titus et j’aurais aimé mettre mon savoir à votre service. Mais je meurs heureux de savoir qu’à défaut de vous servir directement je contribuerais à la grandeur de Rome sous votre règne par l’intermédiaire de mon fils adoptif, auquel j’ai transmis autant que possible mon savoir afin qu’il puisse contribuer à la puissance de notre nation.”
Sur ces dernières paroles, prononcées d’une voix rendue faible par le manque de souffle, l’homme le plus savant de son époque s’éteignit, entouré de ceux qui lui étaient cher, l’esprit apaisé et un sourire sur les lèvres.
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